Qom, Iran (A.P.Hawzah) –La cérémonie, consacrée aux orientations scientifiques et pédagogiques de l’Institut pour la nouvelle année académique, a été marquée par les interventions de l’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires islamiques d'Iran, de l’Ayatollah Mahmoud Rajabi, président de l’Institut, et de Hojjat al-Islam Mohammad Reza Asadi, vice-président chargé de l’enseignement.
La cérémonie a également été l’occasion de distinguer les candidats ayant obtenu les meilleurs résultats aux examens d’admission des trois cycles de formation de l’Institut.

L’Ayatollah Arafi : renforcer le rôle des sciences islamiques dans les sciences humaines
Dans son intervention, l’Ayatollah Alireza Arafi a rendu hommage à l’Ayatollah Mohammad-Taqi Mesbah Yazdi, figure intellectuelle de l’école théologique de Qom et fondateur de l’Institut, en soulignant son rôle dans le développement de la réflexion religieuse et des sciences humaines islamiques.
Il a également exposé plusieurs missions qu’il considère comme prioritaires pour les institutions théologiques, notamment la production et l’élaboration de modèles permettant de répondre aux besoins de la société contemporaine.
Selon l’Ayatollah Arafi, les différents domaines de la vie sociale, notamment la gouvernance, la justice, l’économie, la famille et les nouvelles formes d’activité professionnelle, nécessitent des cadres théoriques cohérents. Il a souligné que, dans la perspective de la République islamique, ces cadres doivent pouvoir être élaborés à partir des sources de l’islam et des principes de la jurisprudence islamique.
Ne pas limiter la jurisprudence aux questions individuelles
Le directeur des séminaires islamiques d'Iran a insisté sur la nécessité d’élargir le champ de la recherche en jurisprudence islamique au-delà des questions individuelles et cultuelles.
Il a rappelé, à cet égard, l’importance de la réflexion développée par l’imam Khomeiny (RA) sur la wilayat al-faqih et a estimé que cette approche avait ouvert un nouveau champ de recherche aux spécialistes des sciences religieuses.
« L’identité des écoles théologiques se définit également dans le domaine des sciences humaines et des systèmes sociaux », a-t-il déclaré, en appelant les chercheurs à poursuivre les travaux visant à répondre aux défis théoriques et sociaux contemporains.
Développer une réflexion critique sur les sciences humaines modernes
L’Ayatollah Arafi a également abordé la place des sciences humaines dans l’organisation des sociétés modernes. Il a estimé que le développement des sciences humaines occidentales avait profondément influencé les différents domaines de la vie contemporaine.
Tout en reconnaissant les réalisations issues de ce développement scientifique, il a appelé les chercheurs des institutions théologiques à examiner leurs fondements philosophiques et à travailler à l’élaboration de nouvelles approches à partir du Coran, de la tradition islamique et de la jurisprudence chiite.
Il a cité, parmi les figures ayant contribué à cette réflexion en Iran, l’imam Khomeiny, l’ayatollah Mohammad Hossein Tabatabaï, le martyr Mohammad Baqir al-Sadr et l’ayatollah Mohammad-Taqi Mesbah Yazdi.
Selon lui, les efforts entrepris au cours des dernières décennies dans le domaine des sciences humaines islamiques ont permis d’obtenir des résultats importants, mais le processus demeure encore inachevé.
Une réflexion sur les évolutions régionales
Dans une autre partie de son intervention, l’Ayatollah Arafi a évoqué les récents affrontements dans la région et les confrontations impliquant l’Iran et ses adversaires.
Il a estimé que ces événements avaient contribué, selon sa lecture, à modifier certaines perceptions concernant les rapports de force internationaux et a appelé à poursuivre le travail intellectuel et théorique sur les fondements philosophiques, religieux et culturels des sociétés contemporaines.
Il a enfin insisté sur la nécessité de structurer davantage la production théorique dans les sciences islamiques afin de répondre aux besoins réels de la société.

L’Ayatollah Rajabi : former des théoriciens dans le domaine des sciences humaines islamiques
L’Ayatollah Mahmoud Rajabi, président de l’Institut Imam Khomeiny (RA), a pour sa part présenté la formation de spécialistes et de théoriciens des sciences humaines islamiques comme l’une des principales missions de l’établissement.
Il a souligné que les chercheurs engagés dans ce domaine devaient développer à la fois une solide formation dans les sciences religieuses et une connaissance approfondie des problématiques contemporaines des sciences humaines.
Selon lui, l’ampleur des questions auxquelles la société est confrontée exige des chercheurs capables de mener des travaux spécialisés et de proposer des réponses théoriques aux nouveaux enjeux sociaux.
L’Ayatollah Rajabi a également souligné la responsabilité particulière de l’Institut en raison de son héritage scientifique et intellectuel, notamment celui de l’Ayatollah Mesbah Yazdi.
Préserver l’identité des études théologiques
Le président de l’Institut a placé la préservation et le renforcement de l’identité théologique parmi les principales priorités de l’établissement.
Il a notamment évoqué le développement de la recherche approfondie, de l’esprit critique, de la réflexion rationnelle, de la capacité à poser des questions scientifiques et de l’innovation dans les études religieuses.
Il a également insisté sur la nécessité d’associer la formation en jurisprudence islamique à la spiritualité et à la formation morale, en soulignant l’importance, dans la tradition chiite, de la référence aux enseignements des Ahl al-Bayt (AS), la famille du prophète Muhammad (SWA).
L’Ayatollah Rajabi a par ailleurs appelé les étudiants à organiser leur temps de manière rigoureuse et à évaluer régulièrement leurs progrès académiques.
Il a présenté la discipline personnelle et institutionnelle ainsi que la sincérité dans l’intention et dans l’action comme des éléments essentiels à la réussite du parcours scientifique et spirituel des étudiants.





Votre commentaire