mardi 15 septembre 2026 - 07:47
Le Deuxième pas doit transformer l’expérience de la Révolution en une vision pour l’avenir

Hawzah/L’Ayatollah Abbas Kaabi, vice-président de l’Assemblée des professeurs du Séminaire islamique de Qom et membre de l’Assemblée des experts, a déclaré que la Déclaration du Deuxième pas de la Révolution islamique constitue un cadre stratégique pour transmettre l’expérience des premières décennies de la Révolution aux nouvelles générations et préparer l’avenir.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –Dans une analyse intitulée « Le Deuxième pas : de l’expérience vers l’avenir », l’Ayatollah Kaabi souligne que cette Déclaration ne se limite pas à dresser le bilan des quatre premières décennies de la Révolution islamique. Elle vise également à transformer l’expérience historique en connaissance, la connaissance en stratégie et la stratégie en action, dans la perspective de la construction de la nouvelle civilisation islamique.

Selon lui, le Deuxième pas marque ainsi le passage d’une priorité centrée sur la préservation des acquis du passé à une démarche tournée vers la construction de l’avenir.

L’autoconstruction, la construction de la société et la construction de la civilisation

L’Ayatollah Kaabi identifie trois axes fondamentaux dans la Déclaration du Deuxième pas : l’autoconstruction, la construction de la société et la construction de la civilisation.

Ces trois dimensions sont, selon lui, étroitement liées et constituent les différentes étapes d’un même processus : édification de l’être humain révolutionnaire, construction de la société islamique et construction de la nouvelle civilisation islamique.

Il souligne que la construction durable de la civilisation ne peut être réalisée sans l’édification de l’être humain et la construction de la société. De même, la transformation de la société ne peut se réduire à des réformes institutionnelles ; elle nécessite également une transformation de l’être humain et la formation des nouvelles générations.

Transformer l’expérience en savoir

L’Ayatollah Kaabi rappelle que les premières décennies de la Révolution islamique ont été marquées par une vaste expérience dans des domaines tels que la résistance, l’indépendance, la défense, le progrès scientifique, la gestion des crises ainsi que la confrontation aux sanctions et aux pressions extérieures.

Mais, souligne-t-il, l’expérience ne prend une véritable valeur stratégique que lorsqu’elle devient un savoir transmissible.

Il résume ainsi la dynamique du Deuxième pas : expérience, analyse, connaissance, stratégie, action et construction de la civilisation.

Dans cette perspective, la nouvelle génération ne doit pas seulement assumer la gestion du pays. Elle doit également comprendre, évaluer et approfondir l’expérience de la Révolution afin de contribuer à une nouvelle étape de transformation.

La jeunesse, acteur majeur de l’avenir

L’Ayatollah Kaabi considère la jeunesse comme l’un des principaux acteurs de l’avenir de la Révolution islamique. Le jeune ne doit pas être considéré comme un simple destinataire des politiques publiques, mais comme un acteur de la transformation de la société.

Il souligne que les jeunes doivent pouvoir participer à l’identification des problèmes, à l’élaboration des politiques publiques, à la production scientifique, à la prise de décision, à la gestion et à l’évaluation de l’action publique.

Il appelle ainsi à dépasser le simple discours sur la jeunesse et à lui confier de véritables responsabilités, à ouvrir davantage d’espaces aux talents et à assurer la formation d’une nouvelle génération de responsables et de penseurs.

La science au service du progrès et de la puissance nationale

Selon l’Ayatollah Kaabi, la science ne doit pas être considérée comme une fin en soi, mais comme un instrument essentiel pour résoudre les problèmes de la société et renforcer la puissance nationale.

La science doit, dans la perspective du Deuxième pas, être au service de la résolution des problèmes, de la création de richesse, du renforcement de la puissance nationale, de la promotion de la justice et de la construction de la civilisation.

Elle doit notamment contribuer à améliorer la productivité, développer les technologies, créer de la richesse, réduire la dépendance et favoriser la justice.

L’Ayatollah Kaabi insiste également sur la nécessité de renforcer les liens entre les universités, les séminaires religieux, l’industrie, l’économie, les institutions de gouvernance et la société, afin de rapprocher durablement le savoir des besoins réels du pays.

La justice et la lutte contre la corruption

La justice constitue également, selon lui, un axe central du Deuxième pas. Elle ne doit pas rester au niveau d’une recommandation morale, mais être intégrée aux structures, aux procédures, à la législation, aux mécanismes budgétaires, à la prise de décision, à la répartition des opportunités et aux systèmes de contrôle.

L’Ayatollah Kaabi souligne que lorsque les processus juridiques, administratifs ou économiques produisent de manière répétée des privilèges injustifiés, des discriminations ou de la corruption, la sanction des personnes responsables ne suffit pas.

Il estime qu’il faut également réformer les processus et les structures qui contribuent à produire ces dysfonctionnements.

La richesse nationale, un patrimoine pour les générations futures

Sur le plan économique, l’Ayatollah Kaabi estime que l’économie du Deuxième pas ne doit pas être évaluée uniquement à travers les indicateurs de croissance. Elle doit également contribuer à l’indépendance, à la justice, au bien-être public, à la puissance nationale et à la préservation des intérêts des générations futures.

Il met ainsi en avant une dynamique fondée sur la production, la productivité, l’économie fondée sur la connaissance, la création de valeur, la justice et la résilience économique.

Les ressources naturelles, l’énergie, les minerais, l’eau, le capital humain, le savoir, les infrastructures et les capacités territoriales doivent, selon lui, être considérés comme un patrimoine national et intergénérationnel.

Pour une gouvernance populaire de la richesse nationale

L’Ayatollah Kaabi estime que, si les richesses nationales constituent un patrimoine appartenant à la nation et destiné également aux générations futures, l’État ne doit pas se considérer comme leur propriétaire absolu, mais comme le dépositaire de l’intérêt public et le garant de sa préservation.

Il soulève à cet égard plusieurs questions : comment identifier et comptabiliser la richesse nationale ? Quels mécanismes doivent garantir sa préservation ? Quelle part doit être réservée aux générations futures ? Comment renforcer la participation du peuple à la gestion et au contrôle des ressources publiques ? Et comment empêcher que ces ressources ne deviennent une source de rentes privées ?

Selon lui, une gouvernance populaire de la richesse nationale pourrait constituer l’une des traductions concrètes du Deuxième pas dans le domaine économique, en permettant de passer d’une approche centrée sur les revenus à court terme à une approche fondée sur le patrimoine, la responsabilité publique, la participation populaire et l’équité intergénérationnelle.

Réformer les processus de gouvernance

L’Ayatollah Kaabi considère par ailleurs que l’une des principales capacités de la Déclaration du Deuxième pas réside dans la possibilité de traduire ses orientations générales en processus concrets de gouvernance.

Si la justice, le progrès, la science, l’indépendance, la lutte contre la corruption, la participation populaire et la construction de la civilisation constituent des objectifs majeurs, il faut également s’interroger sur la manière dont les processus de décision et de législation peuvent contribuer à leur réalisation.

Il propose ainsi une approche fondée sur une chaîne allant de l’identification des problèmes à la production du savoir, à l’élaboration des politiques publiques, à la législation, à la mise en œuvre, au contrôle, à l’évaluation, puis à l’apprentissage et à la correction.

Le Deuxième pas implique ainsi, selon lui, le passage d’une gouvernance réactive et quotidienne à une gouvernance processuelle, fondée sur le savoir, centrée sur les problèmes, orientée vers les résultats et capable d’apprendre et de se réformer.

La construction de la civilisation, horizon du Deuxième pas

Pour l’Ayatollah Kaabi, l’ensemble de ces dimensions doit finalement converger vers la construction de la nouvelle civilisation islamique.

Cette construction ne se limite pas au développement des infrastructures, à l’augmentation de la production ou au progrès technologique. Elle suppose la mise en place d’un modèle global de vie dans lequel la science, la morale, la justice, la spiritualité, l’économie, la politique, la culture, la famille, l’éducation et la gouvernance s’inscrivent dans une même cohérence.

Il résume ainsi la trajectoire du Deuxième pas :édification de l’être humain → construction de la société → gouvernance efficace → construction de l’État → production de puissance et de richesse nationale → justice → construction de la civilisation.

L’Ayatollah Kaabi considère enfin la Déclaration du Deuxième pas comme une charte destinée à transmettre l’expérience de la Révolution aux générations futures.

La nouvelle génération, souligne-t-il, ne doit donc pas être uniquement la gardienne des acquis du passé. Elle doit être porteuse de réflexion, de responsabilité et d’avenir.

Ainsi, le Deuxième pas peut être résumé par un mouvement allant de l’expérience au savoir, du savoir à la stratégie, de la stratégie à la gouvernance, de la gouvernance à la construction de la société et de la construction de la société à la construction de la civilisation.

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