dimanche 23 août 2026 - 19:00
Avertissement de l’Union européenne à Bahreïn

Hawzah/L’Union européenne a alerté, dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, sur la poursuite de la dégradation de la situation juridique et politique à Bahreïn.

Bahreïn (A.P.Hawzah) – L’Union européenne a souligné, dans son rapport annuel sur les droits de l’homme publié sur son site Internet, la poursuite de la dégradation de la situation juridique et politique à Bahreïn. Le rapport fait notamment état de la persistance de la répression des libertés, des restrictions imposées à la création d’associations et à la participation politique, de l’absence d’un espace démocratique ainsi que du manque d’alignement des politiques nationales sur les normes internationales.

L’Union européenne a exprimé sa profonde inquiétude face aux restrictions imposées à la liberté d’expression, à la liberté d’association et de réunion à Bahreïn, ainsi qu’aux mauvais traitements infligés aux personnes détenues, à la persistance de cas de torture et aux conditions carcérales inadéquates. Treize éminents défenseurs des droits humains et figures de la contestation sont ainsi toujours incarcérés et purgent de longues peines de prison depuis leur arrestation en 2011, pour leur participation à des manifestations réclamant la démocratie. Parmi eux figurent deux citoyens de l’Union européenne. Le rapport relève également la prononciation de condamnations à mort.

Le rapport indique que Bahreïn est gouverné selon un système monarchique et que les partis politiques y demeurent interdits. La participation politique s’exerce dans un cadre juridique et politique limité. À cela s’ajoutent le ciblage des opposants politiques par les autorités et la persistance, sans changement notable, des pratiques liées aux droits humains. Le rapport souligne également l’absence d’une véritable indépendance fonctionnelle et administrative des institutions nationales des droits humains à Bahreïn.

Le rapport cite l’Institution nationale des droits de l’homme, le Secrétariat chargé du traitement des plaintes relevant du ministère de l’Intérieur, le Comité chargé des droits des prisonniers et des personnes détenues, l’Unité spéciale d’enquête ainsi que le Bureau de l’Inspecteur général rattaché à l’appareil de sécurité nationale. Cette situation affecte leur fonctionnement dans le traitement des dossiers relatifs aux droits humains et dans les enquêtes portant sur les plaintes liées aux violations, l’amélioration des conditions de vie des détenus ainsi que la surveillance des prisons et des centres de détention.

Le rapport fait également référence à l’adoption, à Bahreïn, de la « Loi sur la presse et les médias électroniques », qui a remplacé les précédentes législations relatives à la presse. Cette loi a supprimé les peines privatives de liberté pour les infractions liées à la publication et les a remplacées par des amendes financières. Elle a toutefois élargi les pouvoirs administratifs permettant de suspendre des médias ou de restreindre certains contenus pour des motifs liés à la sécurité nationale, à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Selon le rapport, ces dispositions pourraient être utilisées pour restreindre la liberté d’expression dans l’espace numérique et renforcer le contrôle de l’État sur les médias.

Le rapport ajoute que, selon le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières pour 2025, Bahreïn occupe la 157e place sur 180 pays, alors qu’il figurait à la 173e place dans le classement de 2024.

L’Union européenne a souligné qu’elle-même ainsi que ses États membres avaient suivi, tout au long de l’année 2025, la situation des droits humains à Bahreïn, dans le prolongement du huitième dialogue bilatéral sur les droits de l’homme, tenu en décembre 2024. Les domaines faisant l’objet d’un suivi étroit comprennent les pratiques en matière de droits humains, la justice, la responsabilité et l’État de droit, avec une attention particulière portée à la protection et à l’autonomisation des individus. L’Union européenne a également appelé les autorités bahreïnies à soutenir la liberté d’expression, à s’opposer à toute législation qui interdit cette liberté et à condamner les actes d’intimidation.

Le rapport appelle à une amélioration de la situation des droits humains à Bahreïn, à l’abolition de la peine de mort, à la garantie de la liberté d’expression et de la liberté d’association, à un traitement équitable des prisonniers et des personnes détenues ainsi qu’à l’amélioration des conditions carcérales. Il examine également les cas de citoyens ayant une double nationalité, notamment des ressortissants de l’Union européenne emprisonnés à Bahreïn ou condamnés en vertu de la législation bahreïnienne.

Le rapport souligne enfin que les priorités en matière de communication continuent de mettre l’accent sur l’autonomisation des femmes afin qu’elles puissent exercer pleinement leurs droits, la garantie de la liberté de religion et de conviction ainsi que le renforcement du dialogue politique sur les questions sensibles liées à la coexistence et aux libertés religieuses. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre d’un projet financé par l’instrument de partenariat de l’Union européenne pour la coopération internationale (FPI), intitulé « Renforcer le dialogue politique, la coopération et la communication entre l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe ».

Avertissement de l’Union européenne à Bahreïn

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