Bahreïn (A.P.Hawzah) – Cheikh Adel Shaala, religieux chiite bahreïnien, a dénoncé les politiques des autorités du pays et mis en garde contre les ingérences dans les affaires religieuses, le manque d’indépendance du système judiciaire et la poursuite des violations des droits des détenus.
Évoquant l’intervention des autorités dans les prescriptions divines, Cheikh Adel Shaala a souligné la nécessité d’adopter une position religieusement fondée et sans ambiguïté face aux décisions touchant aux questions religieuses, à l’écart des calculs politiques et des intérêts personnels.
Précisant que ces questions concernent notamment l’accomplissement de la prière, les biens de mainmorte (waqfs), les successions, le versement des droits et la gestion des biens, l’appel à Dieu, ainsi que l’éducation et la formation religieuses, il a appelé les oulémas et les croyants à examiner attentivement la réalité de la situation et à clarifier leur position face à ce qui se déroule.
Il a averti que considérer ces questions comme des problèmes qui ne concernent que les autres ne saurait exonérer quiconque de sa responsabilité religieuse.
Poursuivant ses critiques sur l’absence d’indépendance judiciaire, le religieux chiite bahreïnien a affirmé que les poursuites et les procès visant des oulémas suscitent de sérieuses inquiétudes quant aux garanties d’un procès équitable. Il a appelé à la mise en place d’un pouvoir judiciaire indépendant, dont les décisions ne seraient pas soumises aux ingérences politiques et qui offrirait les garanties nécessaires à la protection des droits des personnes accusées.
Cheikh Adel Shaala s’est ensuite penché sur la situation dans les prisons. Citant une parole attribuée à l’Émir des croyants, l’imam Ali (que la paix soit sur lui) : « La prison est l’une des deux tombes » (al-sijn ahad al-qabrayn), il a déclaré que les informations provenant de l’intérieur des établissements pénitentiaires faisaient état de souffrances et de mauvais traitements infligés aux détenus. Il a ajouté que cette souffrance s’étendait également à leurs mères et à leurs familles.
Dénonçant le recours des autorités à la force et leur appui sur des soutiens régionaux et internationaux, alors même que les revendications en faveur de la justice et de la protection des droits se poursuivent, il a mis en garde contre les conséquences de l’injustice. À l’appui de son avertissement, il a cité ce verset coranique :
« Ceux qui ont commis des injustices sauront bientôt vers quel destin ils seront ramenés. » (Coran, sourate Ach-Chouara, 26:227).
En conclusion, il a appelé les oulémas et les croyants qui ne perçoivent aucun danger pour les affaires religieuses à reconsidérer leurs positions et à évaluer la situation de manière objective et impartiale. Il a insisté sur le fait qu’une position conforme aux exigences religieuses devait être adoptée à l’abri des passions personnelles et des intérêts politiques.





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