Bahreïn (A.P.Hawzah) – Les récentes déclarations de l’ambassadeur de Bahreïn à Washington au sujet de la coopération militaire avec les États-Unis ont suscité des critiques quant aux conséquences de ce partenariat pour la population du royaume.
L’ambassadeur de Bahreïn à Washington a évoqué l’étroite coopération militaire et politique entre Manama et Washington lors des attaques contre l’Iran. Mais loin de constituer un motif de satisfaction pour le pouvoir d’Al-Khalifa, ces déclarations soulèvent de sérieuses interrogations sur le prix que cette coopération pourrait faire payer à la population bahreïnienne, tant en matière de sécurité que d’avenir.
Le 4 octobre 2026, Abdallah ben Rachid Al-Khalifa, ambassadeur de Bahreïn à Washington, s’est exprimé dans le quotidien Al-Ayyam sur le degré de coopération de son pays avec les États-Unis lors des attaques contre la République islamique d’Iran. Il a déclaré : « Notre partenariat avec les États-Unis, fondé sur une étroite coordination avec Washington, a fait ses preuves face aux attaques iraniennes. »
Loin de traduire la fierté d’un succès militaire, ces propos soulèvent des questions sur les choix du pouvoir bahreïni et les conséquences de son alignement sur la politique militaire américaine. Le choix de Manama de poursuivre dans cette voie, alors même qu’une telle coopération risque d’exposer le pays aux répercussions des conflits régionaux, suscite de vives critiques.
Dans ce contexte, l’opposition d’une partie de la société bahreïnienne à la transformation de son pays en théâtre d’affrontements militaires revêt une importance particulière. De nombreux citoyens refusent que la sécurité de leur pays soit tributaire des décisions et des calculs militaires de puissances étrangères. Les déclarations de satisfaction des responsables bahreïniens quant au niveau de leur coopération avec Washington ne font que renforcer cette préoccupation.
Partenariat militaire avec les États-Unis : un rempart pour la sécurité ou un risque accru ?
Les responsables de Manama continuent de considérer les États-Unis comme un garant de leur sécurité. Les détracteurs de cette politique estiment toutefois que la présence de bases et de forces militaires américaines sur le territoire bahreïni, ainsi que la participation du royaume aux dispositifs de sécurité de Washington, risquent de l’exposer aux conséquences des confrontations militaires.
Dans cette perspective, la question ne porte pas uniquement sur l’ampleur de la coopération militaire avec les États-Unis ou sur la capacité à repousser des attaques. L’enjeu fondamental est de savoir si ce partenariat contribue réellement à réduire les risques pour la population bahreïnienne ou s’il expose davantage le pays à des conflits dont les citoyens ne maîtrisent ni les décisions ni le déroulement.
Ce que les responsables bahreïniens présentent comme un « partenariat stratégique » pourrait avoir une tout autre signification aux yeux de leurs détracteurs : celle d’un territoire devenu une pièce des calculs militaires américains dans la région, au point que la sécurité intérieure du pays se trouve liée à l’évolution de conflits dont la population n’a aucune prise sur l’issue.
La sécurité nationale ne se mesure pas au nombre d’accords militaires
La sécurité nationale ne peut être évaluée à la seule lumière du nombre d’accords militaires conclus, du degré de coordination avec Washington ou de la capacité à intercepter des missiles. Le véritable critère consiste à déterminer dans quelle mesure un gouvernement est capable de préserver son pays de conflits susceptibles d’imposer de lourdes conséquences à sa population.
Dès lors, présenter la capacité à faire face aux attaques comme une réussite de la coopération militaire avec les États-Unis ne suffit pas à répondre aux principales interrogations. Il faut avant tout déterminer quels facteurs ont exposé le pays à de tels dangers.
Si les conséquences du récent conflit servent non pas à remettre en question les choix sécuritaires du royaume, mais à justifier un approfondissement de la coopération militaire avec les États-Unis, les interrogations sur l’efficacité de cette politique resteront entières.
Une question à laquelle les responsables bahreïniens doivent répondre
Les déclarations de l’ambassadeur de Bahreïn ne sauraient être considérées comme une simple confirmation du succès de la coopération militaire avec Washington. Elles témoignent de l’implication du pays dans une confrontation dont les répercussions pourraient affecter la sécurité et les conditions de vie de ses citoyens.
La question centrale est la suivante : pourquoi Bahreïn doit-il être exposé à une telle épreuve ? La responsabilité d’un gouvernement ne se limite pas à assurer la défense militaire après une attaque. Elle consiste également à prévenir les risques auxquels le pays pourrait être exposé et à protéger la population des conséquences des décisions politiques et sécuritaires.
Le maintien de cette orientation après les attaques fait craindre que la préservation du cadre de coopération avec les États-Unis ne soit devenue prioritaire par rapport à un réexamen de son coût pour la société bahreïnienne. Cette préoccupation montre que le débat sur la sécurité nationale dépasse largement les seules capacités militaires et les accords de défense.




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