dimanche 25 octobre 2026 - 09:46
Lors de la prière du vendredi à Qom, l’Ayatollah Arafi appelle à la résistance et à l’unité nationale

Hawzah/Lors des sermons de la prière du vendredi prononcés le 23 octobre 2026 à la grande mosquée Musalla Qods de Qom, l’Ayatollah Alireza Arafi a appelé les Iraniens à préserver leur unité, à renforcer leur capacité de dissuasion et à se tenir prêts face à toute nouvelle agression. Il a affirmé que la guerre menée contre l’Iran et l’Axe de la Résistance n’avait pas atteint les objectifs que lui attribuaient les États-Unis et Israël.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) – Dans son premier sermon,l’Ayatollah Arafi a également présenté Fatima Zahra, fille du prophète Muhammad, comme un modèle spirituel, intellectuel, familial et social pour les femmes et les hommes, insistant sur son rôle dans la défense des valeurs islamiques et de la justice.

Dans son second sermon, l’Ayatollah Arafi a accusé le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir imposé une guerre à la République islamique d’Iran et à l’Axe de la Résistance, les qualifiant de « bouchers et bourreaux de notre époque ».

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a affirmé que l’Iran n’avait pas déclenché le conflit et que les hostilités avaient éclaté alors que des négociations étaient en cours. Selon lui, les engagements avaient été rompus et les valeurs bafouées dans le cadre d’une confrontation visant notamment à contraindre le peuple iranien et le monde musulman à la soumission.

Il a estimé que les objectifs annoncés par les adversaires de l’Iran, notamment celui de vaincre le pays en une semaine, n’avaient pas été atteints. Évoquant la mobilisation populaire et la résistance des forces armées, il a souligné que, plus de huit mois après le début de la confrontation qu’il décrit, les Iraniens continuaient de manifester leur détermination dans les rues, tandis que les combattants demeuraient mobilisés.

« Nous traversons un tournant historique », a-t-il déclaré, estimant que l’Iran n’avait d’autre choix que de résister aux pressions extérieures. Il a décrit les États-Unis comme une puissance vulnérable malgré l’ampleur de leurs moyens militaires et technologiques.

Dix conséquences stratégiques de la guerre selon l’Ayatollah Arafi

L’Ayatollah Arafi a ensuite présenté dix conséquences stratégiques qu’il attribue à la guerre et à ses répercussions sur les équilibres régionaux et internationaux.

1. Un recul de la confiance internationale envers les États-Unis

Selon lui, les États-Unis connaissent une dégradation importante de leur image et de leur crédibilité à l’échelle mondiale. Il a évoqué des analyses faisant état d’un niveau élevé d’hostilité envers Washington, avançant un chiffre supérieur à 60 % à l’échelle internationale, sans citer d’étude précise.

2. Les limites de la puissance militaire américaine

L’Ayatollah Arafi a affirmé que le conflit avait mis en évidence la vulnérabilité des capacités militaires et de renseignement américaines face à une guerre asymétrique, malgré l’importance de leurs moyens navals et technologiques.

3. L’émergence de nouveaux leviers stratégiques

Il a souligné l’importance du détroit d’Ormuz, des prix du pétrole, des marchés mondiaux et des principales voies d’approvisionnement économique. Selon lui, ces facteurs constituent des leviers stratégiques susceptibles d’affecter les intérêts américains et l’économie mondiale.

4. L’aggravation des divisions politiques aux États-Unis et en Israël

Tout en affirmant que les différentes composantes politiques de ces deux pays ne présentaient pas de différences fondamentales du point de vue iranien, il a estimé que la guerre avait accentué leurs rivalités internes et renforcé la polarisation politique.

5. L’élargissement des cibles potentielles en cas de nouvelle attaque

L’Ayatollah Arafi a averti que, selon lui, le nombre de cibles susceptibles d’être visées lors d’une éventuelle reprise des hostilités avait augmenté. Il a présenté cette évolution comme une conséquence de ce qu’il considère comme les actions « aventuristes » des adversaires de l’Iran.

6. La fin de la stratégie du « frapper et se retirer »

Il a rappelé la position du défunt Guide de la Révolution islamique selon laquelle l’époque où un adversaire pouvait lancer une attaque puis se retirer sans subir de conséquences était révolue. Il a affirmé que les forces armées iraniennes poursuivraient cette ligne sous le commandement de leur autorité suprême.

7. La fin de la patience stratégique de l’Iran

L’Ayatollah Arafi a déclaré que la patience stratégique de l’Iran et les considérations qui avaient jusqu’alors limité certaines de ses réactions avaient atteint leurs limites. Il a notamment estimé que les considérations liées au voisinage ne sauraient justifier la poursuite de concessions face aux pressions extérieures.

8. La fragilité structurelle d’Israël

Évoquant la situation du régime israélien, il a estimé que ses succès apparents sur certains fronts, notamment en Syrie et à Gaza, ne devaient pas masquer la fragilité de ses fondements politiques et stratégiques.

9. Les vulnérabilités économiques américaines

Il a souligné que la taille de l’économie américaine ne la mettait pas à l’abri des chocs. Selon lui, les répercussions économiques d’un conflit peuvent également affecter d’autres pays et accentuer les inquiétudes concernant la stabilité de l’économie mondiale.

10. Une mise en lumière de ce qu’il qualifie d’injustice américaine

Enfin, l’Ayatollah Arafi a dénoncé ce qu’il considère comme l’arrogance de la puissance américaine et les injustices commises envers les peuples. Il a estimé que les déclarations du président Donald Trump contribuaient à ternir l’image des États-Unis sur la scène internationale.

En conclusion de cette analyse, il a averti qu’une nouvelle confrontation risquerait, selon lui, de causer de lourdes pertes aux adversaires de l’Iran. Il a réaffirmé que le peuple iranien continuerait de défendre sa dignité, son indépendance et sa souveraineté.

Quatre priorités : fermeté, économie, unité et préparation

Face aux défis à venir, l’Ayatollah Arafi a défini quatre priorités essentielles.

La première consiste à ne montrer aucune faiblesse face aux adversaires. Il a appelé les responsables à faire preuve de fermeté et de détermination, soulignant que le pays se trouvait à un carrefour entre dignité et humiliation. Il a insisté sur la nécessité de connaître les capacités de l’adversaire sans céder à la peur ni sous-estimer les menaces.

La deuxième priorité est la préparation à tous les scénarios possibles, avec une attention particulière portée à l’économie et aux conditions de vie de la population. Il a salué les mesures déjà prises, tout en appelant à renforcer les dispositifs économiques et préventifs afin de dissuader toute nouvelle agression.

La troisième priorité concerne la préservation de l’unité nationale. Il a appelé à consolider une union qu’il a qualifiée de sacrée autour de l’Iran, de l’islam et de l’obéissance au Guide suprême, présentant la cohésion, la convergence et la solidarité comme des nécessités nationales.

Enfin, il a insisté sur le maintien de la préparation des forces armées et de la mobilisation populaire. Saluant la présence des citoyens dans les rues, il a appelé à poursuivre cette mobilisation lors des rassemblements publics, des prières du vendredi et des manifestations liées aux symboles religieux et nationaux.

Azerbaïdjan : appel au respect du hijab et des valeurs islamiques

Abordant la situation en Azerbaïdjan, l’Ayatollah Arafi a critiqué les mesures qu’il considère comme contraires aux prescriptions islamiques concernant le port du hijab.

Il a estimé qu’il était inacceptable que des mesures contraires aux principes religieux et aux valeurs partagées par les savants musulmans entraînent des pressions et des difficultés pour la population. Il a appelé les musulmans à préserver les valeurs divines, présentant le hijab comme un symbole de pudeur, de pureté et d’identité islamique.

Il a également exprimé l’espoir que les mesures visant le hijab soient abandonnées, soulignant que cette question occupait, selon lui, une place fondamentale dans la conception islamique de la vie individuelle et sociale.

Arabie saoudite et Bahreïn : appel à la libération des religieux et des jeunes détenus

L’Ayatollah Arafi a également dénoncé les longues peines d’emprisonnement infligées à des religieux et à des jeunes en Arabie saoudite et à Bahreïn.

Il a appelé les autorités de ces pays à mettre fin à ce qu’il a qualifié d’injustice et à prendre des mesures en faveur de la libération des détenus. Il a également exhorté les instances diplomatiques des pays musulmans, notamment l’Iran, à agir pour défendre les droits des religieux et des citoyens concernés.

Premier sermon : Fatima Zahra, une figure de référence pour les femmes et les hommes

Dans son premier sermon, l’Ayatollah Arafi a consacré une partie de son intervention à la place de Fatima Zahra, fille du prophète Muhammad, dans les traditions chiite et sunnite. Il a souligné l’existence de nombreux points communs entre les deux traditions concernant sa personnalité et ses mérites, malgré certaines divergences d’interprétation.

À cet égard, il a évoqué l’ouvrage Al-Sunna al-Nabawiyya fi Masadir al-Madhahib al-Islamiyya, réalisé par un groupe d’universitaires et de spécialistes avec le soutien du Conseil mondial pour le rapprochement des écoles islamiques. Selon lui, le septième volume de cette publication, consacré aux figures de la famille du Prophète et aux imams, rassemble plus de 800 récits issus de sources chiites et sunnites et consacre plus de 350 pages aux mérites et aux caractéristiques de Fatima Zahra. Il a ajouté que l’ouvrage recensait plus d’une centaine de qualités et de traits associés à sa personnalité.

Pour l’Ayatollah Arafi, ces références témoignent de la place éminente de Fatima Zahra et des nombreux éléments communs aux traditions chiite et sunnite à son sujet.

Une figure alliant savoir, spiritualité et engagement social

L’Ayatollah Arafi a présenté Fatima Zahra comme un modèle de femme musulmane savante, engagée et profondément spirituelle, dont l’exemple s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

Il a souligné que sa vie associait la connaissance, la dévotion, l’éducation, les responsabilités familiales, l’engagement social, la pudeur et la préservation des valeurs morales. Selon lui, cette convergence de qualités fait d’elle un modèle durable, distinct des conceptions purement matérialistes de la réussite et de la place des femmes dans la société.

Évoquant son rayonnement intellectuel et spirituel, il a rappelé que des compagnons du Prophète, notamment Abou Dharr et Salman, se réunissaient autour d’elle pour bénéficier de ses enseignements. Il a également affirmé que des femmes et des hommes de Médine venaient l’interroger et recevoir ses réponses.

Il a par ailleurs mis en avant son rôle auprès du Prophète Muhammad, son soutien à la famille du Prophète et à la cause de l’autorité spirituelle et politique qu’il désigne par le terme de wilaya. Il a rappelé que, selon les récits historiques, Fatima Zahra avait également participé aux efforts de soutien aux combattants et aux soins des blessés lors de certaines batailles.

Le hijab, la dignité et la place des femmes dans la société

L’Ayatollah Arafi a souligné que, dans sa conception, la pudeur et le hijab ne signifiaient ni le retrait des femmes de la vie intellectuelle et sociale ni leur exclusion des responsabilités. Il a défendu une troisième voie, qu’il associe à la vision de la femme promue par la Révolution islamique : une voie qui conjugue savoir, engagement, dignité, spiritualité et respect des principes religieux.

Il a critiqué les modèles qui, selon lui, réduisent les femmes à des objets de consommation ou à des instruments de séduction, estimant que leur valeur dépasse les critères purement physiques ou matériels. Il a appelé les femmes et les hommes à respecter les limites éthiques dans leurs relations sociales et à considérer le hijab comme un symbole de l’identité et de la civilisation islamiques.

Il a également rappelé le rôle de Fatima Zahra dans la défense de ses convictions à la suite du décès du Prophète. Évoquant son discours prononcé dans la mosquée de Médine, il l’a présentée comme une figure de courage et de leadership ayant défendu la mission prophétique et la continuité de ses enseignements dans une période de crise.

Selon l’Ayatollah Arafi, son engagement a contribué à préserver les valeurs religieuses et à s’opposer aux dérives qu’il percevait dans la société de son époque. Il a ainsi présenté Fatima Zahra comme un exemple de résistance morale, de responsabilité politique et de fidélité spirituelle.

Une place éminente dans la tradition eschatologique musulmane

En conclusion de son premier sermon, l’Ayatollah Arafi a évoqué plusieurs récits chiites et sunnites relatifs au rang spirituel de Fatima Zahra dans l’au-delà.

Il a notamment cité un récit selon lequel, au Jour de la Résurrection, une voix venant du Trône divin invitera l’assemblée à baisser les yeux afin que Fatima, fille de Muhammad, puisse traverser le pont menant au salut. Selon ce récit, elle passera accompagnée de dizaines de milliers de figures féminines du Paradis.

L’Ayatollah Arafi a présenté ces traditions comme une illustration de la place exceptionnelle accordée à Fatima Zahra dans la spiritualité musulmane et de la portée universelle de son héritage religieux, moral et social.

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