(A.P.Hawzah) À l’occasion de l’anniversaire du mariage du Noble Prophète de l’Islam (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle), au 10 Rabi al-Awwal, l’examen des sources historiques montre qu’il existe des divergences concernant l’age de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle) au moment de son mariage ainsi que concernant son éventuel passé matrimonial, et que certaines affirmations largement répandues peuvent être sérieusement mises en discussion à la lumière des données historiques.
Dans la suite, nous examinerons en détail les points suivants :
Le mariage du Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) avec Dame Khadija (que la paix soit sur elle), le 10 Rabi al-Awwal
Qui est Khadija ?
Quelle était la différence d’age entre le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et Khadija (que la paix soit sur elle) au moment de leur mariage ?
Khadija (que la paix soit sur elle) avait-elle été mariée avant son union avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) ?
Le mariage du Noble Prophète de l’Islam (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) avec Khadija (que la paix soit sur elle), ainsi que les différentes étapes de leur vie, notamment la question de leurs enfants, constituent un sujet historique extrêmement vaste. Des affirmations devenues célèbres, telles que celle selon laquelle Dame Khadija (que la paix soit sur elle) aurait eu quarante ans au moment de son mariage avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), ou qu’elle aurait été mariée auparavant, ne bénéficient nullement de confirmations historiques solides et incontestables. Il s’agit simplement d’opinions historiques qui, pour diverses raisons non scientifiques, se sont transformées en thèses couramment admises et qui, lorsqu’elles sont confrontées à une recherche historique rigoureuse, ne résistent pas à l’examen.
L’Allameh Ja‘far Murtada est l’un des chercheurs qui, au cours des dernières décennies, a présenté dans son œuvre remarquable al-Sahih min Sirat al-Nabi al-A‘zam de nombreux indices et arguments en faveur d’une très faible différence d’age entre le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et Khadija (que la paix soit sur elle), ainsi qu’en faveur de l’absence de mariage antérieur de cette noble Dame avant son union avec le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée). Ces indices et ces recherches ont été approuvés par de nombreux savants et autorités religieuses chiites, parmi lesquels l’Ayatollah Makarim Shirazi.
Compte tenu de la place centrale du Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) dans l’histoire de l’Islam, il est évident que les différentes périodes de sa vie bénie, ainsi que les détails de ses comportements, de ses actes et de ses interactions, ont toujours fait l’objet de l’étude des spécialistes et des historiens. L’un de ces épisodes importants et particulièrement remarquables est précisément son mariage avec Khadija bint Khuwaylid, dont le 10 Rabi‘ al-Awwal marque l’anniversaire de cette sainte union.
Qui est Khadija (que la paix soit sur elle) ?
Khadija (que la paix soit sur elle) était issue d’un père nommé Khuwaylid ibn Asad, de la tribu des Quraysh, et d’une mère nommée Fatima bint Za’ida. Concernant son année de naissance et son age au moment de son mariage, nous présenterons plus loin différentes discussions.
Les sources historiques ne fournissent pas beaucoup d’informations sur la personnalité de Khadija (que la paix soit sur elle) durant la période antérieure à l’Islam. Elles s’accordent cependant presque unanimement sur un point : elle était une femme jouissant d’une excellente réputation, d’une haute noblesse et d’un noble lignage, et elle était fortunée. Grace à cette richesse, elle exerçait le commerce et mettait son capital à profit par le biais de contrats de mudaraba ainsi qu’en employant des personnes pour effectuer des opérations commerciales.
Comme l’ont rapporté les sources, c’est Khadija (que la paix soit sur elle) elle-même qui proposa au Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) le mariage. Cette proposition intervint après qu’elle eut constaté son honnêteté, sa véracité, sa probité, sa bonne moralité et la noblesse de son caractère. Cela se produisit à une époque où elle lui avait confié la gestion de ses biens et où, après le retour du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) de son voyage commercial en Syrie, son serviteur Maysara lui rapporta les qualités et les mérites de cet illustre personnage (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée).
De nombreux récits attestent également de la place exceptionnelle qu’occupait Khadija (que la paix soit sur elle) auprès du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), y compris plusieurs années après son décès. Il est rapporté que Dame Khadija fut pour lui la meilleure et la plus véridique des conseillères, des ministres et des sources de réconfort. (1) Plusieurs années après le décès de Khadija, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) continuait de se souvenir d’elle et exprimait son caractère incomparable en ces termes :
Jamais Dieu ne m’a donné en remplacement une épouse meilleure qu’elle. Elle m’a déclaré véridique lorsque personne ne me déclarait véridique ; elle m’a soutenu lorsque personne ne me soutenait ; et elle a mis sa fortune à ma disposition lorsque tous les autres m’en privaient. (2)
Quelle était la différence d’age entre le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et Khadija (que la paix soit sur elle) au moment de leur mariage ?
L’une des questions les plus controversées dans la biographie du mariage du Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle) concerne l’age des deux époux au moment de leur union.
Concernant l’age du Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), plusieurs avis ont été rapportés. Certains indiquent qu’il avait vingt-trois ans (3), d’autres vingt-cinq ans (4), certains vingt-huit ans (5), tandis que d’autres situent son age au moment du mariage à trente ans. (6)
Les divergences sont encore plus nombreuses concernant l’age de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle). Les chiffres avancés pour son age vont de vingt-cinq à quarante-six ans. Il est important de relever que la majorité des historiens ont retenu l’age de vingt-huit ans. (7) Pourtant, dans un processus pour le moins suspect et inhabituel, l’opinion faisant état d’un age de quarante ans s’est imposée comme une thèse largement répandue.
Al-Bayhaqi, célèbre traditionniste sunnite du IVe siècle de l’hégire, rapporte à propos de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle) deux affirmations dont la mise en parallèle permet de comprendre qu’elle aurait eu vingt-cinq ans au moment de son mariage avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée). Il écrit à un endroit que Dame Khadija décéda à l’age de cinquante ans (8) et affirme ailleurs que le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) l’épousa quinze ans avant le début de sa mission prophétique (bi‘tha). (9)
Étant donné que la plupart des sources historiques situent son décès à la dixième année de la mission prophétique, la comparaison entre ces différentes données conduit à la conclusion suivante : selon al-Bayhaqi, Dame Khadija aurait eu vingt-cinq ans lorsqu’elle devint l’épouse du Prophète de l’Islam (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée). En plus d’al-Bayhaqi, Ibn Kathir considère lui aussi cet avis comme étant le plus fort (10), tandis que le Qadi Abrqûh l’a présenté comme l’opinion la plus répandue. (11)
Toutefois, la plupart des chercheurs et des historiens considèrent que Khadija (que la paix soit sur elle) avait vingt-huit ans au moment de son mariage avec le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée).
L’auteur de Shadharat al-Dhahab écrit :
Beaucoup préfèrent considérer que son age était de vingt-huit ans. (12)
Ibn ‘Asakir et le défunt Arbili rapportent également, d’après Ibn ‘Abbas :
Khadija avait vingt-huit ans au moment de son mariage avec lui. (13)
Le défunt Arbili rapporte également, dans une autre narration, l’age de vingt-huit ans pour le mariage de Khadija, en citant Ibn Hammad. (14)
Nous avons indiqué que la possibilité que Dame Khadija (que la paix soit sur elle) ait eu quarante ans au moment de son mariage avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) est une opinion rapportée par certains historiens et qu’en fonction de cette hypothèse, compte tenu de son décès durant la dixième année de la mission prophétique, son age au moment de sa disparition est estimé à soixante-cinq ans. Or, des traditionnistes et des historiens tels qu’Ibn ‘Abd al-Barr et Ibn al-Athir considèrent cette opinion comme très faible.
Ce que l’on peut finalement retenir de l’ensemble de ces discussions, c’est qu’il n’est pas possible d’accepter aussi aisément la thèse selon laquelle Dame Khadija aurait eu quarante ans au moment de son mariage — thèse devenue, par la force de l’habitude, l’opinion la plus célèbre sur cette question. Il semble au contraire que la différence d’age entre elle et le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) ait été très faible.
Khadija (que la paix soit sur elle) avait-elle été mariée avant son union avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) ?
Une autre question très controversée, toujours évoquée lorsqu’est abordé le mariage du Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) avec Khadija (que la paix soit sur elle), est de savoir si cette noble Dame avait déjà été mariée avant son union avec lui.
L’affirmation devenue célèbre selon laquelle Khadija (que la paix soit sur elle) aurait été mariée deux fois avant son mariage avec le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et aurait eu des enfants de ses anciens maris (15) est fortement sujette à caution, et de sérieuses ambiguïtés existent à ce sujet.
Premièrement : Ibn Shahrashûb rapporte qu’Ahmad al-Baladhuri, Abû al-Qasim al-Kûfi, Sayyid al-Murtada dans al-Shafi et Shaykh al-Tûsi dans Talkhis al-Shafi ont mentionné que le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) épousa Khadija (que la paix soit sur elle) alors qu’elle était vierge. Ibn Shahrashûb rapporte même que cette opinion avait également été affirmée dans les ouvrages al-Anwar et al-Bida‘. (16) Peut-on vraiment écarter avec autant de facilité les opinions de tels savants et affirmer que Khadija (que la paix soit sur elle) avait auparavant épousé quelqu’un d’autre ?
Deuxièmement : selon le contenu des sources qui attribuent à Khadija (que la paix soit sur elle) des maris antérieurs, elle aurait d’abord épousé ‘Atiq ibn ‘A’idh ibn ‘Abd Allah ibn ‘Umar ibn Makhzûm, dont elle aurait eu une fille. Après la mort de ‘Atiq, elle aurait épousé Abû Halat, Nabash ibn Zurara, de la tribu des Banû ‘Amr ibn Tamim, alliés des Banû ‘Abd al-Dar. (17)
Or, en tenant compte de ce point, nous rapportons qu’Abû al-Qasim al-Kûfi affirme :
Il ressort du consensus général (des sunnites) et particulier (des chiites), ainsi que des traditions des gens de science et des rapporteurs, qu’aucun des nobles et grands personnages des Quraysh ne resta sans demander Khadija en mariage, et que Khadija refusa leurs demandes. Puis, lorsqu’elle épousa le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), les femmes des Quraysh se mirent en colère contre elle et la délaissèrent. Elles dirent à Khadija (que la paix soit sur elle) :
Les nobles et les grands personnages de la tribu t’ont demandée en mariage ; pourtant tu n’as pas accepté et tu les as refusés, et voilà que tu épouses Mohammad, l’orphelin d’Abû Talib, un homme pauvre et démuni !
La question qui se pose alors est la suivante : comment comprendre que Khadija, qui aurait refusé tous les prétendants fortunés et nobles qui lui étaient proposés, ait accepté d’épouser deux hommes appartenant à des lignées comme Tamim (Nabash ibn Zurara) et Makhzûm (‘Atiq ibn ‘A’idh), alors qu’elle avait refusé les notables des Quraysh et leur avait préféré ces hommes ?! (18)
Et si l’on répondait — en admettant que l’age de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle) au moment de son mariage ait été de vingt-cinq ou vingt-huit ans — : comment est-il possible qu’une jeune femme atteigne cet age sans que son père ne l’ait contrainte à se marier ?
On répondra, premièrement, que son père était décédé avant la guerre d’al-Fijar ; il n’y avait donc plus de possibilité de contrainte de la part de son père. Quant à son oncle, qui prit en charge sa tutelle après son père, il est certain qu’il ne possédait pas sur elle l’autorité paternelle.
D’autre part, pour une femme noble et vertueuse qui, à l’époque de la période antéislamique, était connue, en raison de son honneur et de sa chasteté incomparables, sous les surnoms de al-Tahira et Sayyidat Quraysh (19), il n’est nullement déshonorant d’attendre, dans une époque telle que celle de la Jahiliyya, de trouver l’homme parfait, vertueux et idéal qu’elle recherchait.
Les ambiguïtés historiques concernant les maris antérieurs et les enfants attribués à Dame Khadija (que la paix soit sur elle)
Un autre point important concernant la prétendue existence de mariages antérieurs de Khadija (que la paix soit sur elle) avec d’autres hommes est le fait qu’il lui est attribué, dans certains récits, des enfants issus de ces précédents maris, parmi lesquels figure notamment un enfant nommé « Hind ». Concernant l’existence même de « Hind » — ainsi que son sexe, puisqu’il existe également une divergence sur le fait qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille ! — aucun consensus n’existe entre les chercheurs et les historiens.
Il existe une divergence concernant le nom du père de Hind : son père était-il Abû Halat, c’est-à-dire Nabash ibn Zurara ? Ou, au contraire, s’appelait-il Zurara ibn Nabash ? Le nom même de ce père était-il Hind ou, selon une autre opinion, Malik ? Abû Halat a-t-il réellement épousé Khadija après ‘Atiq, ou faut-il aussi examiner l’hypothèse d’un mariage antérieur à ‘Atiq ? Était-il un Compagnon du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) ou non ? Peut-on affirmer avec certitude que cet enfant était celui d’Abû Halat, ou faut-il aussi envisager la possibilité qu’il soit né de ‘Atiq ? Si « Hind » était l’enfant de ‘Atiq, était-ce une fille ? Et s’il était l’enfant d’Abû Halat, était-ce un garçon ? Enfin, est-il mort lors de la bataille de Jamal, ou bien après la propagation de la peste à Bassora ? (20)
Ceux qui affirment que Dame Khadija (que la paix soit sur elle) avait certainement été mariée et qu’elle avait eu un enfant nommé « Hind », comment peuvent-ils passer outre de telles ambiguïtés considérables ?
Par voie de conséquence, si l’on nie le mariage de Khadija (que la paix soit sur elle) avec un autre homme que le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), des réserves doivent également être formulées au sujet de certains enfants qui lui sont attribués dans les sources historiques, comme des filles nommées Zaynab et Ruqayyat.
Par exemple, il convient de ne pas perdre de vue qu’un historien tel qu’Ibn al-Athir affirme que Zaynab était la fille de la sœur de Khadija (que la paix soit sur elle), une femme appelée « Halat ». (21)
Il faut également prendre en considération certains récits indiquant que Halat avait épousé un homme appartenant aux Banû Makhzûm et qu’elle eut de lui une fille qu’elle prénomma elle aussi « Halat ». Puis, à la suite du décès ou du divorce de son époux, Halat — la mère — épousa un homme de Tamim nommé Abû Hind, dont elle eut également un enfant nommé « Hind ». Cet homme de Tamim avait lui-même une autre épouse, de laquelle naquirent « Zaynab » et « Ruqayyat ». Après quelque temps, cet époux tamimite et la mère de Zaynab et de Ruqayyat moururent. « Hind », la fille de cet homme, rejoignit alors la tribu et le clan de son défunt père. (22)
Quant à Halat — la mère —, ainsi que sa fille — dont le nom était également Halat — et les filles de son coépouse, c’est-à-dire « Zaynab » et « Ruqayyat », elles se retrouvèrent seules. Khadija (que la paix soit sur elle) les prit alors auprès d’elle. Halat — la mère — mourut après le mariage du Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) avec Khadija, et ces enfants restèrent auprès de Khadija. (23) Ils étaient donc les enfants de la sœur de Khadija (que la paix soit sur elle).
Les recherches historiques réfutent la thèse sur l’age et les mariages antérieurs de la Dame Khadija (que la paix soit sur elle)
Le sujet du mariage du Noble Prophète de l’Islam (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) avec Khadija (que la paix soit sur elle), ainsi que les différentes étapes de leur vie, notamment la question de leurs enfants, constitue un domaine extrêmement vaste qui, pour des raisons de concision, ne peut être traité de manière exhaustive dans le présent article.
Cependant, ce qui semble ressortir de la synthèse de l’ensemble de ces éléments est que des affirmations telles que celle selon laquelle Dame Khadija (que la paix soit sur elle) aurait eu quarante ans au moment de son mariage avec le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée), ou encore celle selon laquelle elle aurait été mariée avant son union avec lui, ne disposent nullement de confirmations historiques fortes et incontestables. Il s’agit simplement d’opinions historiques qui, pour des raisons non scientifiques, se sont transformées en affirmations couramment admises et qui ne résistent pas à l’épreuve d’une recherche historique rigoureuse.
L’Allameh Ja‘far Murtada est l’un des chercheurs qui, dans son œuvre remarquable al-Sahih min Sirat al-Nabi al-A‘zam, a présenté de nombreux arguments et indices en faveur d’une très faible différence d’age entre le Noble Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) et Khadija (que la paix soit sur elle), ainsi qu’en faveur du fait que cette noble Dame n’avait pas été mariée avant son union avec le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée). (24)
Ces éléments et ces recherches ont été approuvés par de nombreux savants et autorités religieuses, parmi lesquels l’Ayatollah Makarim Shirazi. Celui-ci déclare également :
Selon les recherches des savants avertis, Dame Khadija (que la paix soit sur elle) avait vingt-cinq ou vingt-huit ans au moment de son mariage avec le Prophète et était vierge ; le récit affirmant qu’elle avait quarante ans est une tradition non fiable. Quant aux deux hommes qui sont mentionnés comme ses précédents maris, ils étaient en réalité les maris de sa sœur, dont le nom était Halat, et les enfants dont les noms sont mentionnés étaient les enfants de sa sœur. (25)
Notes
(1) Al-Bidaya wa-l-Nihaya, Ibn Kathir, Abu al-Fada Ismail bin Omar al-Damashqi, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1407 H., t. 2, p. 61 ; Usd al-Ghaba, t. 1, p. 26.
(2) Al-Isti‘ab, t. 4, p. 1824.
(3) Jumal min Ansab al-Ashraf, Baladzhari, Ahmad ibn Yahya ibn Jaber, recherché par Zakkar, Zarkali, Riyad, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1417 AH, première édition, vol. 1, p. 98 ; Tarikh al-Ya‘qûbi, al-Ya‘qûbi, Ahmad ibn Ishaq, Dar Sadir, Beyrouth, s. d., t. 2, p. 20.
(4) Jumal min Ansab al-Ashraf, Baladzhari, Ahmad ibn Yahya ibn Jaber, recherché par Zakkar, Zarkali, Riyad, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1417 AH, première édition, vol. 1, p. 98.
(5) Jumal min Ansab al-Ashraf, Baladzhari, Ahmad ibn Yahya ibn Jaber, recherché par Zakkar, Zarkali, Riyad, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1417 AH, première édition, vol. 1, p. 98.
(6) Tarikh al-Ya‘qûbi, al-Ya‘qûbi, Ahmad ibn Ishaq, Dar Sadir, Beyrouth, s. d., t. 2, p. 20.
(7) Ibn ‘Abbas a rapporté cette opinion. Voir : Jumal min Ansab al-Ashraf, Baladzhari, Ahmad ibn Yahya ibn Jaber, recherché par Zakkar, Zarkali, Riyad, Dar al-Fikr, Beyrouth, 1417 AH, première édition, vol. 1, p. 98 ; Siyar A‘lam al-Nubala’, al-Dhahabi, Shams al-Din Abû ‘Abd Allah Mohammad ibn Ahmad ibn ‘Uthman ibn Qaymaz, éd. par un groupe de chercheurs sous la direction de Shu‘ayb al-Arna’ût, Mu’assasat al-Risala, s. l., 1985, 3e éd., t. 2, p. 111 ; Mukhtasar Tarikh Dimashq, Ibn ‘Asakir, Mohammad ibn Mukarram ibn Ali, éd. par al-Nahhas, Rûhiyya, ‘Abd al-Hamid Murad, Riyad, Mati‘, Mohammad, Dar al-Fikr li-l-Tiba‘a wa-l-Tawzi‘ wa-l-Nashr, Damas, 1984, t. 2, p. 275.
(8) Dala’il al-Nobowwat, al-Bayhaqi, Ahmad ibn al-Hussain ibn Ali ibn Mûsa, éd. par Qal‘aji, ‘Abd al-Mu‘ti, Dar al-Kutub al-‘Ilmiyya, Dar al-Rayyan li-l-Turath, s. l., 1988, 1re éd., t. 2, p. 71.
(9) Voir, à titre d’exemple : ‘Uyûn al-Athar fi Funûn al-Maghazi wa-l-Shama’il wa-l-Siyar, t. 1, p. 151 ; Al-Tabaqat al-Kubra, t. 8, p. 14 ; Al-Isti‘ab fi Ma‘rifat al-Ashab, Ibn Abdul Bar, Abu Umar Yusuf bin Abdullah, recherche : Al-Bajawi, Ali Mohammad, Dar Al-Jail, Beyrouth, 1412 AH, première édition, t. 4, p. 1817.
(10) Al-Sirat al-Nabawiyyat, Ibn Kathir, Isma‘il ibn ‘Umar, éd. par ‘Abd al-Wahid, Mustafa, Dar al-Ma‘rifa, Beyrouth, s. d., t. 1, p. 265.
(11) Sirat Rassoul Allah, Qadi Abrqûh, Ishaq ibn Mohammad Hamadani, éd. par Mahdavi, Asghar, Nashr Khwarazmi, Téhéran, 1377 H. sh., 3e éd., t. 3, p. 246.
(12) Shadharat al-Dhahab fi Akhbar man Dhahab, Ibn ‘Imad, ‘Abd al-Hayy ibn Ahmad, éd. Arna’ût, Shu‘ayb, Dar Ibn Kathir, Beyrouth, t. 1, p. 134.
(13) Siyar A‘lam al-Nubala’, al-Dhahabi, Shams al-Din Abû ‘Abd Allah Mohammad ibn Ahmad ibn ‘Uthman ibn Qaymaz, éd. par un groupe de chercheurs sous la direction de Shu‘ayb al-Arna’ût, Mu’assasat al-Risala, s. l., 1985, 3e éd., t. 2, p. 111 ; Kashf al-Ghumma fi Ma‘rifat al-A’imma, al-Arbili, Abû al-Hassan Ali ibn Isa ibn Abi al-Fat'h, Dar al-Adhwa’, Beyrouth, t. 2, p. 135.
(14) Kashf al-Ghumma fi Ma‘rifat al-A’imma, al-Arbili, Abû al-Hassan Ali ibn Isa ibn Abi al-Fat'h, Dar al-Adhwa’, Beyrouth, t. 2, p. 133.
(15) Al-Sirat al-Nabawiyyat, Ibn Kathir, Isma‘il ibn ‘Umar, éd. par ‘Abd al-Wahid, Mustafa, Dar al-Ma‘rifa, Beyrouth, s. d., t. 1, p. 263.
(16) Al-Manaqib, Ibn Shahrashûb, Mohammad ibn Ali, Mu’assasat Intisharat ‘Allama, t. 1, p. 159.
(17) Tarikh Madinat Dimashq, t. 3, p. 190 ; Al-Tabaqat al-Kubra, t. 8, p. 1415.
(18) Al-Istighathat, al-Kûfi, Abû al-Qasim Ali ibn Ahmad, Nashr Ihqaq al-Haqq, Pakistan, p. 115.
(19) Nihayat al-Arab fi Funûn al-Adab, al-Nuwayri, Shihab al-Din, Dar al-Kutub wa-l-Watha’iq al-Qawmiyya, Le Caire, 1423 H, t. 18, p. 170.
(20) Al-Sahih min Sirat al-Nabi al-A‘zam, Amili, Ja‘far Murtada, Dar al-Hadi – Dar al-Sirat, Beyrouth, 1415 H., 4e éd., t. 2, p. 121-122.
(21) Al-Kamil fi al-Tarikh, Ibn al-Athir, ‘Izz al-Din, Dar Sadir, Beyrouth, 1965, t. 2, p. 134.
(22) Al-Istighathat, al-Kûfi, Abû al-Qasim Ali ibn Ahmad, Nashr Ihqaq al-Haqq, Pakistan, p. 112.
(23) Al-Kamil fi al-Tarikh, Ibn al-Athir, ‘Izz al-Din, Dar Sadir, Beyrouth, 1965, t. 2, p. 114.
(24) Voir : Al-Sahih min Sirat al-Nabi al-A‘zam, Amili, Ja‘far Murtada, Dar al-Hadi – Dar al-Sirat, Beyrouth, 1415 H., 4e éd., t. 2, p. 105-135, première partie, chapitre 3 : « Khadija dans la maison du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sa famille immaculée) ».
(25) Message de l’Ayatollah al-‘Uzma Makarim Shirazi à l’occasion du quatrième colloque « Banû-ye Fadilat, Hami-ye Risalat », consacré à Dame Khadija al-Kubra, que la paix de Dieu soit sur elle, 15/3/1396.




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