mardi 11 août 2026 - 22:26
Imam al-Hassan (as), Héros de la patience
Imam al-Hassan (as), Héros de la patience

Hawzah / La période de l’Imam al-Hassan en acceptant la paix, non pas par esprit de compromis, mais afin de neutraliser le complot de Muʿâwiya et de préserver la ligne authentique de l’islam, réalisa le plus grand « assouplissement héroïque » de l’histoire face à l’ennemi.

(A.P.Hawzah) La période de l’Imam al-Hassan al-Mujtaba, (que la paix d’Allah soit sur Lui), fut l’une des périodes les plus difficiles et les plus douloureuses de l’histoire de l’islam, voire de l’histoire de l’humanité. Ce fut une situation qui apparut après le martyre de l’Imam Ali, (que la paix d’Allah soit sur Lui), à la suite de la négligence et des trahisons des habitants de Koufa, lesquelles conduisirent finalement au martyre de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) dans le comble de l’oppression et de l’isolement. Après lui, l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) assuma la responsabilité du califat des musulmans. Il se trouva confronté à des hommes qui fuyaient la vérité, car le gouvernement du droit et de la vérité voulait ramener la société, qui s’était éloignée des objectifs fondamentaux de l’islam et de la voie du noble Prophète (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée), vers la voie juste et correcte. En réalité, en acceptant la paix, l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) assuma le coût considérable de la renonciation au califat afin que Muʿâwiya ne puisse parvenir à ses objectifs funestes.

Lorsque Muʿâwiya apprit l’acceptation du pacte de paix, il fut stupéfait, car il ne s’attendait absolument pas à une telle chose. Il pensait que l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), n’accepterait pas la paix et poursuivrait la guerre ; il imaginait que l’Imam al-Hussein (que la paix d’Allah soit sur Lui) se tiendrait également à ses côtés, et qu’il pourrait tuer les deux dans la guerre, anéantissant ainsi entièrement les fondements de l’islam et d’Ahl al-Bayt (que la paix d’Allah soit sur Eux). En réalité, la paix conclue par l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) neutralisa le complot de Muʿâwiya et empêcha la réalisation de ses objectifs. C’est grâce à la paix que la ligne authentique de l’islam, incarnée dans l’Ahl al-Bayt (que la paix d’Allah soit sur Eux), ne disparut pas et fut préservée. C’est pourquoi l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), qui n’était nullement homme de compromis et que son ennemi connaissait comme tel, comprit, lorsqu’il se trouva face à la possibilité de la paix, qu’il n’avait d’autre choix.

Selon un récit historique, l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) serait tombé en martyre un jeudi, le vingt-septième jour du mois de Safar de l’an 50 de l’Hégire. Le défunt Allamah Majlissi attribue cette opinion au cheikh al-Kafʿami, auteur des ouvrages Miṣbâḥ et al-Balad al-Amîn. L’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) fut martyrisé à l’âge de 48 ans, après avoir été empoisonné par un poison préparé par Muʿâwiya ibn Abî Sufyân et administré à l’Imam par Jaʿda, l’épouse de l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui).

Concernant les caractéristiques de l’époque de l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) et sa personnalité en tant que dirigeant, il convient de dire que la période de son imamat possédait des caractéristiques particulières. D’une manière générale, sa vie peut être divisée en plusieurs grandes périodes : premièrement, de sa naissance jusqu’au décès du Noble Messager de Allah (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée); deuxièmement, la période de l’imamat de son noble père (que la paix d’Allah soit sur Lui), comprenant les vingt-cinq années de silence de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) et les cinq années de son califat ; troisièmement, la période de l’imamat de l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), depuis le martyre de son père (que la paix d’Allah soit sur Lui) jusqu’à son propre martyre. Cette dernière période peut elle-même être divisée en deux : la période durant laquelle il exerça le gouvernement et la période de dix années de retrait du pouvoir et de paix forcée.

Il convient de prêter attention à un point : parmi certains musulmans, l’Imam al-Hassan, (que la paix d’Allah soit sur Lui), a été décrit comme s’il avait été un homme porté vers la paix et le compromis, comme s’il n’avait pas été un homme de combat, ni un homme des jours difficiles et de la résistance. À de telles personnes, il faut dire : votre conception est certainement erronée. Même les sunnites ont abondamment parlé, en faisant son éloge, de ses qualités morales et de sa bravoure. De nombreux transmetteurs sunnites et chiites rapportent que le noble Prophète (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée) honorait l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), et déclara :

« Par l’intermédiaire d’al-Hassan, la paix sera établie au sein de ma communauté. »

En réalité, le retrait de l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) du califat empêcha qu’une division ne se produise parmi les musulmans et permit à la communauté musulmane de demeurer unie.

À titre d’exemple, concernant le fait que l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) ne fut fondamentalement pas un homme porté vers la paix et le compromis et qu’il combattait avec courage sur les champs de bataille, il faut rappeler que, sous le califat de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui), lors de la bataille du Chameau (Jamal), l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) fut chargé de mobiliser les habitants de Koufa pour faire face à cette sédition subversive. Lorsque la bataille éclata, l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) avait, autant que possible, cherché à empêcher qu’elle n’ait lieu. Mais lorsque les violateurs du pacte ne voulurent rien d’autre que la guerre et l’effusion de sang, ainsi que l’éviction de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui), et qu’ils refusèrent toute autre solution, l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) entra sur le champ de bataille. À vrai dire, dans l’épisode de la bataille du Chameau, le véritable vainqueur du combat fut l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui). Alors que l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) s’élançait sans crainte au cœur des rangs ennemis, Mâlik Ashtar craignit pour la vie de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui). Mais, puisqu’il ne pouvait lui-même empêcher la présence de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) sur le champ de bataille, il demanda à l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) de lui parler. L’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) fit de très grands efforts et, finalement, ce n’est qu’en conjurant son père par l’âme de sa mère qu’il parvint à l’empêcher de prendre part au combat. L’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) n’acceptait d’abord pas, puis il déclara :

« Par Allah ! Si tu n’avais pas évoqué ta mère, je ne me serais jamais arrêté et je n’aurais laissé aucun des ennemis en vie. Mais sache que tant que ce chameau est debout et que Aishah dirige ces gens, l’ennemi demeure ferme. »

L’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) envoya alors son fils Mohammad al-Hanafiyyah au combat et lui demanda de couper les pattes du chameau afin de mettre fin à la bataille. Al-Hanafiyyah fit de grands efforts pour accomplir cette tâche, mais n’y parvint pas. Il revint blessé et sans succès. Puis l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), de la part de son père (que la paix d’Allah soit sur Lui), prit l’étendard dans sa main et s’élança dans les rangs ennemis. Lorsqu’il atteignit le chameau, il le tua d’un coup, et les violateurs du pacte s’enfuirent les uns après les autres. L’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) revint triomphalement vers le camp. L’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) se tourna alors vers Mohammad al-Hanafiyyah et lui dit :

Tu as fait tout ce que tu pouvais et tu es allé courageusement au combat ; mais si tu as hérité le courage de ton père, sache que Hassan a hérité ce courage non seulement de son père, mais également de sa mère Sayyeda Fatima Zahra (que la paix d’Allah soit sur Elle).

La période de l’Imam al-Hassan al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui), fut l’une des périodes les plus difficiles et les plus douloureuses de l’histoire de l’islam, voire de l’histoire de l’humanité. Ce fut une situation apparue après le martyre de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui), à la suite des négligences et des trahisons des habitants de Koufa, qui conduisirent finalement au martyre de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) dans le comble de l’oppression et de l’isolement. Après lui, l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) assuma la responsabilité du califat des musulmans. Il se trouva confronté à des hommes qui fuyaient la vérité, car le gouvernement du droit et de la vérité voulait ramener la société de cette époque, qui s’était considérablement éloignée des objectifs fondamentaux de l’islam et de la voie du noble Prophète (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée), vers la voie juste. L’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) avait déployé d’immenses efforts en ce sens, mais il ne parvint finalement pas à ses fins et fut martyrisé. Voilà que Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) se trouvait désormais dans cette position, une position bien plus difficile encore que celle de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui). Si, à une époque, l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) voulait déclarer la guerre et marcher contre Muʿâwiya, environ 95 000 hommes étaient prêts à combattre ; mais lorsque l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) accéda au califat, il n’avait pas encore établi pleinement son autorité. Après avoir appris le martyre de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui) et l’accession de l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) au califat, Muʿâwiya entra dans une grande agitation, car il savait parfaitement qu’avec sa spiritualité et ses qualités, l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) pourrait très facilement soulever le peuple contre lui. Il savait lui-même que l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) parviendrait certainement à détruire la domination de Muʿâwiya en Sham (Syrie). C’est pour cette raison que Muʿâwiya fit marcher son armée de Sham vers Koufa. Or l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), comme tout gouvernement placé dans une telle situation, aurait nécessairement réagi à une telle offensive militaire.

L’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) demanda aux habitants de Koufa de se préparer à faire face à ces conspirateurs. Koufa était une ville militaire et les militaires recevaient une solde du gouvernement afin d’aller combattre l’ennemi ; pourtant, ils refusèrent de prêter serment d’allégeance à l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui).

Les habitants de Koufa concevaient les guerres menées par l’Ahl-al Bayt, l’Imam Ali et l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur eux), comme des guerres contre des musulmans ; des guerres dans lesquelles il n’y avait pas de butin, où les femmes et les enfants n’étaient pas faits prisonniers et qui ne leur apportaient que des dépenses, sans aucun bénéfice. En revanche, s’ils prêtaient serment d’allégeance à Muʿâwiya, celui-ci les conduirait au combat contre les mécréants. La guerre contre les Byzantins et les mécréants était une guerre qui comportait du butin, la capture de prisonniers et la conquête de nouveaux territoires. Tout cela constitua une motivation pour que les habitants de Koufa, à cette époque, préfèrent prêter serment d’allégeance à Muʿâwiya.

Certains chiites rejoignirent néanmoins l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui), et une armée fut constituée. Mais cette armée comprenait cinq ou six courants et groupes différents ; même certains khavarij se trouvaient dans les rangs de l’armée de l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui). Beaucoup ne reconnaissaient pas l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) comme le deuxième Imam, ni même comme le cinquième calife ; ils s’étaient levés pour combattre Muʿâwiya uniquement parce que les chefs de leurs tribus leur en avaient donné l’ordre. En réalité, ils n’avaient ni conviction ni foi en l’Imam. C’est pourquoi, lorsqu’ils se retrouvèrent face à Muʿâwiya et entendirent ses promesses, ils trahirent. Certains des hauts commandants de l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) écrivirent à l’ennemi et déclarèrent non seulement qu’ils étaient du côté de Muʿâwiya, mais également qu’il lui suffisait de le demander pour qu’ils lui livrent l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) vivant ou mort.

C’est pourquoi, lorsqu’il vit ces trahisons, l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) acquit la certitude qu’ils ne pourraient pas remporter la victoire dans cette guerre. Il connaissait parfaitement Muʿâwiya. Celui-ci était l’homme qui, à l’époque de son noble père (que la paix d’Allah soit sur Lui), lors de la bataille de Ṣiffein, avait ourdi un complot en faisant placer le Coran au bout des lances, provoquant la division et la multiplicité des factions au sein de l’armée de l’Imam Ali (que la paix d’Allah soit sur Lui). Or l’armée de l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), avant même de subir une telle manœuvre de la part de Muʿâwiya, était déjà parvenue à un tel degré de division. L’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui) décida donc d’épurer cette armée hétérogène. Il prononça des discours et, sur la base de ses paroles, écarta ceux qui étaient motivés par des intérêts matériels ou ceux qui étaient venus au combat sans motivation et dans l’indifférence.

Malheureusement, les soldats de l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) ne lui permirent pas d’achever son discours ; ils se révoltèrent, attaquèrent sa tente, la pillèrent et volèrent ses biens. Enfin, lorsque l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) monta à cheval pour se rendre à al-Madâʾin, capitale de la Perse, l’un de ces individus lui planta un poignard dans la jambe, jusqu’à atteindre l’os, le blessant grièvement. Les espions informèrent Muʿâwiya que l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) avait été blessé par ses propres soldats. C’est alors que Muʿâwiya lui fit parvenir un message :

« Avec une telle armée, veux-tu me combattre ?! »

Muʿâwiya lui fit même parvenir certaines des lettres écrites par les traîtres. Il proposa à l’Imam de renoncer au califat et lui promit d’accepter tout ce que l’Imam demanderait.

Lorsque l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) vit la situation dans cet état, il se tourna vers le peuple et lui dit :

« Ô gens ! Muʿâwiya nous appelle à quelque chose qui ne comporte aucun bien, ni pour ce monde ni pour l’au-delà. En vérité, si vous acceptez sa proposition, il vous privera même du pain qu’Allah vous a destiné. Si vous recherchez l’agrément d’Allah et une mort dans la dignité, n’acceptez pas sa proposition, car entre nous et Muʿâwiya, il ne doit y avoir d’autre chose que l’épée et la guerre. »

Mais le cri de « le monde, le monde » s’éleva des rangs des soldats de l’Imam al-Mujtaba (que la paix d’Allah soit sur Lui). Leur audace alla jusqu’à leur faire dire :

« Qu’est-ce que l’agrément d’Allah et la mort dans la dignité ? Nous voulons demeurer dans ce monde. »

Pas même une seule personne parmi eux ne prononça une parole en soutien ou en défense de l’Imam. L’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) savait parfaitement que Muʿâwiya était dans le faux et qu’il fallait lui faire face. Mais dans une telle situation, avant même que la guerre contre Muʿâwiya ne commence, l’armée était déjà anéantie et, dès le premier affrontement sérieux, la situation serait entièrement tombée entre les mains de Muʿâwiya. Ce même Muʿâwiya qui, dans son premier discours après la paix, déclara ouvertement que son objectif dans cette guerre n’était que de gouverner les gens et de s’emparer de leurs ressources.

Il convient de prêter attention à un point : l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) accepta le coût élevé de la renonciation au califat afin, en réalité, d’empêcher Muʿâwiya d’atteindre ses objectifs funestes. En effet, lorsque Muʿâwiya apprit l’acceptation du pacte de paix, il fut stupéfait ; il ne s’attendait absolument pas à une telle chose et pensait que l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) n’accepterait pas la paix et poursuivrait la guerre. Il voulait tuer les deux Imams, al-Hassan et al-Hussein (que la paix d’Allah soit sur Eux), dans la guerre, afin que les fondements de l’islam et d’Ahl al-Bayt (que la paix d’Allah soit sur Eux) soient totalement détruits. En réalité, la paix conclue par l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) neutralisa le complot de Muʿâwiya et l’empêcha d’atteindre ses objectifs. La ligne authentique de l’islam, qui se manifestait dans l’Ahl al-Bayt (que la paix d’Allah soit sur Eux), ne disparut pas et fut préservée.

Junâdat ibn Abi Umayya rapporte :

Dans les derniers instants de la vie de l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui), je me rendis chez Lui. Devant lui se trouvait un bassin dans lequel avait été versé du sang, et les morceaux de son foie sortaient sous l’effet du poison que Muʿâwiya ibn Abi Sufyan avait fait administrer à l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) par l’intermédiaire de son épouse. Je Lui dis : Ô mon Mawla ! Pourquoi ne vous faites-vous pas soigner ? Il répondit : Ô Aba Abdallah ! Par quoi pourrais-je soigner la mort ? Je dis : Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons. Puis l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui) me dit : Par Allah ! C’est un pacte que le Messager de Allah (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée), a conclu avec moi : l’imamat appartiendra à douze guides et Imams issus de la descendance de Ali et de Fâtima, et nous serons tous tués, soit par le poison, soit par l’épée, et aucun de nous ne mourra d’une mort naturelle. Junâda rapporte : Je retirai ensuite le bassin de devant l’Imam (que la paix d’Allah soit sur Lui), et l’Imam s’adossa. Je lui dis : Ô fils du Messager de Allah ! Donnez-moi une exhortation. Il me répondit :

Prépare-toi pour le voyage vers l’au-delà et constitue ses provisions avant que ton terme n’arrive. Sache que tu recherches ce monde tandis que la mort te recherche. Ne laisse pas entrer dans le jour où tu te trouves les soucis et les peines du jour qui n’est pas encore venu. Sache que, dans tout bien que tu amasses au-delà de ce qui suffit à ta subsistance, tu deviendras le trésorier d’autrui et tu amasseras des biens pour eux. Sache que, dans le licite de ce monde, il y a un compte à rendre ; dans son illicite, un châtiment ; et dans les biens dont le caractère illicite est douteux, un blâme et une réprimande. Considère donc ce monde comme une charogne et n’en prends que ce qui te suffit pour ne plus avoir besoin d’autrui. S’il est licite, tu auras fait preuve d’ascétisme à son égard et tu n’auras consommé de cette charogne que ce qui dépassait pas ton besoin. Et s’il est illicite, tu auras pris d’une charogne, alors que la consommation de la charogne en cas de nécessité est permise dans la mesure du strict nécessaire. Et s’il est sujet au blâme et à la réprimande parce qu’il est douteux, supporter un peu de blâme est chose aisée. Œuvre pour ton monde comme si tu devais vivre éternellement, et œuvre pour ton au-delà comme si tu devais mourir demain. Et lorsque tu veux acquérir noblesse sans avoir beaucoup d’enfants, de famille ou de tribu, et obtenir grandeur sans posséder un vaste pouvoir, ne t’humilie pas par la désobéissance à Allah, mais acquiers la dignité par ton obéissance à Lui. Lorsque le besoin et la nécessité te contraignent à prendre un compagnon, choisis quelqu’un dont la compagnie t’embellisse, dont les actes et le comportement envers toi devant les autres soient une source d’honneur et un ornement pour toi ; quelqu’un qui, lorsque tu le sers, préserve ton honneur ; lorsque tu lui demandes de l’aide, t’aide ; lorsque tu parles, te confirme et t’approuve ; lorsque tu attaques un ennemi, te renforce et te soutient ; et lorsque tu lui demandes un jour de l’aide, t’aide. Si un défaut apparaît dans ton affaire, qu’il le corrige plutôt que de l’aggraver. S’il voit de ta part une bonne action, qu’il ne l’oublie pas. Si tu lui tends la main pour lui demander une aide financière, qu’il ne te prive pas de sa générosité ; et si tu n’exprimes pas ta demande verbalement, qu’il prenne lui-même les devants en donnant. Réciproquement, lorsqu’il est dans la difficulté, que tu sois toi-même affligé et que tu t’efforces de l’aider. Lie-toi d’amitié avec celui dont tu ne subiras ni difficulté ni malheur, et par l’intermédiaire duquel aucune déviation ne t’atteindra. Et si un différend survient entre vous dans le partage des biens et des moyens matériels, qu’il te préfère à lui-même.

Junâda rapporte : Après ces paroles, la respiration de l’Imam devint difficile et son noble visage pâlit. À ce moment-là, l’Imam al-Hussein, (que la paix d’Allah soit sur Lui), et Aswad ibn Abî al-Aswad, l’un des Compagnons du Messager de Allah (que la paix et le salut d’Allah soit sur Lui et Sa famille immaculée) arrivèrent. L’Imam al-Hussein (que la paix d’Allah soit sur Lui) prit l’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui) dans ses bras, embrassa sa tête et l’espace entre ses deux yeux, puis s’assit auprès de lui. Ils s’entretinrent quelque temps à voix basse. Abû al-Aswad récita le verset : Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons, (إِنَّا لِلَّهِ وَ إِنَّا إِلَیهِ راجِعُونَ) et dit :

L’Imam al-Hassan (que la paix d’Allah soit sur Lui), annonce à son frère la nouvelle de sa mort.

Tags

Votre commentaire

You are replying to: .
captcha