dimanche 9 août 2026 - 01:22
La récente guerre a révélé l’effondrement de l’ordre moral et juridique international

Hawzah/ L’Ayatollah Alireza Arafi, imam de la prière du vendredi de Qom et directeur des séminaires islamiques d’Iran, a déclaré, lors de son sermon prononcé à l’occasion de la prière du vendredi de cette semaine, le 7 août (16 Mordad), à la mosquée de Qods de Qom, que la récente guerre et la grande confrontation civilisationnelle autour de la résistance avaient livré au monde plusieurs enseignements majeurs, notamment l’effondrement de l’ordre moral et juridique international, la perte de crédibilité des engagements et des négociations, ainsi que la nécessité de renforcer la puissance nationale et la cohésion de la société iranienne.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –L’Ayatollah Arafi a présenté l’effondrement du système moral dans le monde contemporain comme le premier enseignement de la récente confrontation.

Il a estimé que les puissances qui dominent les ressources et les moyens à l’échelle mondiale s’étaient éloignées des principes et des normes éthiques fondamentales, ajoutant que l’humanité n’avait, au cours de son histoire, jamais été confrontée à un tel degré de dégradation morale.

Selon lui, de nombreuses populations en Europe et aux États-Unis ont exprimé leur rejet des violences et des injustices commises dans la région. Toutefois, a-t-il souligné, ces protestations populaires n’ont pas réussi à modifier la politique des puissances dominantes.

« Le système moral du monde s’est effondré et le monde est à l’aube d’une nouvelle transformation », a-t-il déclaré.

L’effondrement du système juridique et international

Le deuxième enseignement évoqué par l’imam de la prière du vendredi de Qom est l’effondrement du système juridique et de l’ordre international.

Il a notamment critiqué le rôle d’institutions internationales telles que le Conseil de sécurité des Nations unies, estimant que celles-ci étaient restées silencieuses face aux injustices ou n’avaient pas été en mesure d’empêcher les agressions et les violations du droit international.

L’Ayatollah Arafi a rappelé que les institutions internationales établies après la Seconde Guerre mondiale avaient été conçues dans le but d’instaurer davantage de justice et de stabilité dans le monde.

Selon lui, les événements récents ont toutefois démontré les profondes limites de ces mécanismes.

« Les puissances arrogantes ont transformé le monde en une jungle où règne la loi du plus fort », a-t-il affirmé.

La véritable nature des États-Unis et du régime sioniste mise au jour

Le troisième enseignement, selon l’Ayatollah Arafi, est la mise au jour de la véritable nature des États-Unis et du régime sioniste.

Il a déclaré que, par le passé, il fallait expliquer à l’opinion publique mondiale la nature des politiques américaines et israéliennes, alors que les événements récents auraient rendu cette réalité manifeste aux yeux d’un nombre croissant de personnes, y compris dans les pays traditionnellement alliés aux États-Unis.

Il a dénoncé les attaques contre les enfants et les civils, la destruction des infrastructures, les massacres et les violences commises dans différentes parties de la région, qu’il a présentés comme des manifestations de cette réalité.

La perte de crédibilité des négociations

L’Ayatollah Arafi a identifié comme quatrième enseignement la perte de crédibilité des négociations et des engagements pris par les puissances adverses.

Il a rappelé que, dans le passé, même les grandes puissances ennemies dialoguaient entre elles sur la base d’un minimum de règles et d’engagements.

Cependant, a-t-il affirmé, les événements récents ont montré que certains engagements et accords pouvaient être abandonnés dès lors qu’ils ne servaient plus les intérêts de leurs signataires.

Il en a conclu qu’il ne fallait pas accorder une confiance aveugle aux déclarations et aux promesses des puissances hostiles.

Une sécurité fondée sur une protection étrangère ne peut être durable

Le cinquième enseignement concerne, selon l’Ayatollah Arafi, l’inefficacité d’une sécurité fondée sur une protection étrangère.

Il a estimé que les gouvernements de la région avaient compris que la recherche d’une protection extérieure, notamment auprès des États-Unis, ne pouvait garantir une sécurité durable.

S’adressant aux pays de la région, il a déclaré : « Tant que vous vous tiendrez aux côtés des ennemis de l’islam et de l’Iran, le rugissement de nos missiles constituera une menace pour vous. »

Les États-Unis, un « palais de verre »

Comme sixième enseignement, l’Ayatollah Arafi a décrit les États-Unis comme une puissance reposant sur des bases fragiles malgré son apparente puissance.

« L’humanité doit savoir que les États-Unis se trouvent dans un palais de verre », a-t-il déclaré, expliquant que Washington avait construit de somptueux édifices sur des « sables mouvants ».

Selon lui, la récente confrontation aurait montré les limites de la puissance américaine face à l’Iran, au Front de la résistance et au peuple iranien.

« Le peuple iranien ne reculera jamais »

L’Ayatollah Arafi a ensuite souligné que le peuple iranien ne renoncerait pas à ses idéaux et ne reculerait pas face aux pressions.

S’adressant à Benjamin Netanyahu, Donald Trump et à leurs alliés, il a déclaré que le peuple iranien, déterminé à défendre les idéaux de l’islam, de la Révolution islamique, du Guide de la Révolution et des forces armées, resterait mobilisé.

Il a également affirmé que les responsables des crimes commis contre les dirigeants et les combattants de la résistance seraient confrontés aux conséquences de leurs actes.

Le monde a compris la valeur de la résistance

Le huitième enseignement présenté par l’Ayatollah Arafi est que le monde a désormais compris davantage la valeur d’une résistance intelligente et organisée.

Il a affirmé que les adversaires de l’Iran espéraient obtenir sa capitulation, mais que cette attente avait été déçue.

« L’ennemi doit se soumettre au droit », a-t-il déclaré, ajoutant que la vengeance pour le sang du dirigeant martyr de la Révolution ainsi que celui des martyrs iraniens et de la résistance attendait les responsables de ces crimes.

Il a souligné que le peuple iranien poursuivrait cette voie et que la poursuite de la résistance, dans les circonstances actuelles, exigeait conscience, discernement, courage et présence active sur le terrain.

Il a également cité parmi les conditions nécessaires au renforcement de cette voie le progrès scientifique et technologique, l’unité idéologique et sociale autour des grands idéaux nationaux, ainsi que la cohésion et l’unité sacrée autour de la direction de l’Ayatollah Sayyed Mojtaba Khamenei.

La puissance militaire, une nécessité vitale

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a ensuite insisté sur la nécessité de renforcer la puissance militaire, sécuritaire et défensive du pays.

« La puissance militaire est une nécessité vitale aujourd’hui », a-t-il déclaré, ajoutant que le renforcement des capacités de défense relevait de la responsabilité des forces armées, des universités et du gouvernement.

Il a estimé que ceux qui, par le passé, avaient sous-estimé l’importance de la puissance militaire avaient commis une erreur.

L’Ayatollah Arafi a également appelé à une gestion fondée sur l’engagement, l’efficacité et la mobilisation des capacités nationales, tout en soulignant la nécessité d’une participation active de la population.

La nécessité d’un renforcement culturel

L’Ayatollah Arafi a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les politiques et les valeurs culturelles, notamment en ce qui concerne le hijab et les valeurs religieuses.

Il a souligné que cette question devait faire l’objet d’une attention particulière dans l’ensemble du pays, et notamment à Qom.

Selon lui, « la pureté et la préservation des valeurs morales de la société » constituent également des conditions nécessaires à la poursuite de la résistance.

Il a enfin remercié toutes les personnes ayant contribué à l’organisation d’un Arbaïn grandiose, porteur d’un message civilisationnel et capable de faire face aux ennemis, en Iran et en Irak.

Il a estimé que le phénomène d’Arbaïn constituait un événement majeur qui méritait davantage d’études, d’attention et d’investissements.

Dignité et patience : deux piliers de la résistance

Dans la première partie de son sermon, l’Ayatollah Arafi a expliqué que la résistance et le djihad reposaient sur deux éléments fondamentaux : la dignité et la patience.

Le premier élément, a-t-il expliqué, est la dignité et la fierté face à l’ennemi. Le sentiment de dignité au niveau individuel et collectif constitue, selon lui, une condition indispensable à la résistance et à la défense contre les puissances étrangères.

Le deuxième élément est la patience face aux difficultés rencontrées sur le chemin de la défense du pays et des grands idéaux religieux.

Selon l’Ayatollah Arafi, la résistance dépend ainsi de ces deux dimensions psychologiques et intérieures : une dignité collective et une capacité à persévérer face aux épreuves.

La patience, un principe rationnel

L’imam de la prière du vendredi de Qom a souligné que la patience face aux obstacles et aux difficultés était également un principe rationnel.

Il a déclaré qu’une nation dotée de dignité, de patience et de persévérance pouvait devenir difficile à vaincre et résister efficacement aux pressions de ses adversaires.

La patience, une condition de l’épanouissement

L’Ayatollah Arafi a ajouté que la patience et la persévérance constituaient une condition essentielle pour atteindre de grands objectifs et réaliser de grands idéaux.

Il a rappelé que le concept de patience occupait une place importante dans le Coran et les hadiths, le terme « sabr » étant mentionné à de nombreuses reprises dans le Coran.

La patience, fondement des obligations religieuses

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a expliqué que la patience constituait un fondement de nombreux aspects de la pratique religieuse.

Il a notamment distingué la patience face à l’épreuve, la patience dans l’accomplissement des actes d’obéissance et la patience nécessaire pour s’abstenir du péché.

Deux formes de patience

L’Ayatollah Arafi a distingué deux formes de patience.

La première concerne les événements indépendants de la volonté humaine, auxquels l’individu doit faire face avec constance.

La seconde est une patience volontaire, choisie pour accomplir les devoirs religieux et sociaux et pour s’abstenir des péchés.

Selon lui, cette deuxième forme de patience est une patience active : l’être humain choisit de faire face aux difficultés et d’accepter les épreuves afin d’atteindre la réussite et le progrès.

De la patience individuelle à la résistance sociale

L’Ayatollah Arafi a également expliqué que la patience individuelle concernait l’accomplissement des obligations personnelles, comme la prière, tandis que la patience sociale devenait une culture collective lorsque l’ensemble de la société apprenait à faire face aux dangers sans perdre sa détermination.

Dans le langage contemporain, a-t-il expliqué, la patience active et sociale peut être définie comme une forme de résistance.

« La résistance est une patience vaste, active, sociale et organisée, ainsi qu’une disposition à affronter de grands dangers pour de grands idéaux, notamment la liberté des peuples et de la communauté musulmane », a-t-il déclaré.

La résistance, une patience intelligente et organisée

L’Ayatollah Arafi a souligné que les deux dirigeants de la Révolution islamique avaient introduit de nombreux concepts dans le vocabulaire politique et intellectuel de l’Iran et du monde musulman, parmi lesquels celui de la résistance.

Il a défini la résistance comme une patience intelligente, sociale et active visant à réaliser de grands idéaux, ajoutant que le peuple iranien avait choisi cette voie afin de poursuivre ses grands objectifs et de contribuer à l’émergence d’une nouvelle civilisation islamique.

Il a ensuite cité le verset 146 de la sourate Al-Imran :« Que de prophètes ont combattu, accompagnés de nombreux hommes pieux ! Ils ne faiblirent pas pour les maux qui les atteignirent dans le sentier de Dieu ; ils ne faiblirent point et ne se soumirent point. »

Selon lui, ce verset illustre une forme de patience fondée sur l’idéal, la détermination et la fermeté.

Enfin, l’Ayatollah Arafi a expliqué que la patience était avant tout une disposition intérieure et psychologique, caractérisée par la constance, la fermeté du cœur et la solidité intérieure face aux difficultés.

Citant le verset 120 de la sourate Al-Imran, il a conclu :« Si vous êtes patients et pieux, leurs ruses ne vous causeront aucun mal. »

Pour l’Ayatollah Arafi, cette patience consciente, active et collective constitue ainsi l’un des fondements essentiels de la résistance et de la capacité d’une nation à préserver sa dignité, son indépendance et ses grands idéaux.

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