dimanche 25 octobre 2026 - 17:00
Le grand Ayatollah Ja’far Sobhani souligne l’héritage politique et spirituel de l’Imam Zayn al-Abidin après Karbala

Hawzah/ Le grand ayatollah Ja’far Sobhani a souligné l’impact politique et religieux de la tragédie de Karbala sur la société musulmane, ainsi que le rôle de l’Imam Zayn al-Abidin dans la transmission des enseignements de l’islam et la préservation des valeurs des Ahl al-Bayt, la famille du Prophète Muhammad.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –Lors de son premier cours d’éthique de la nouvelle année universitaire, organisé à la mosquée de l’Institut Imam Sadeq à Qom, le dignitaire religieux a présenté la Prière des nobles vertus (Du‘a Makârem al-Akhlâq), attribuée à l’Imam Zayn al-Abidin, comme une référence majeure pour approfondir la foi, renforcer les qualités morales et progresser vers une connaissance plus profonde de Dieu.

Karbala et ses conséquences sur la légitimité morale du pouvoir omeyyade

Évoquant le contexte historique de la vie de l’Imam Zayn al-Abidin, quatrième Imam du chiisme duodécimain, l’ayatollah Sobhani a expliqué que le martyre de l’Imam Hussein et de ses compagnons à Karbala avait profondément affecté l’image du pouvoir omeyyade auprès d’une partie de la société musulmane.

Selon son analyse, les violences commises contre la famille du Prophète, notamment le massacre de ses membres et la captivité des femmes après la bataille de Karbala en 680, avaient suscité des interrogations sur la conduite du pouvoir et son éloignement des principes humains et religieux.

L’ayatollah Sobhani a estimé que ces événements avaient contribué à renforcer la reconnaissance sociale des Ahl al-Bayt, dont l’autorité religieuse occupait une place centrale dans la tradition chiite.

Il a notamment évoqué un épisode survenu à La Mecque, au cours duquel la foule aurait laissé passer l’Imam Zayn al-Abidin pour lui permettre d’accéder à la Pierre noire, alors que Hicham ibn Abd al-Malik, futur calife omeyyade, attendait lui aussi de pouvoir s’en approcher. Le poète Farazdaq aurait alors composé des vers célèbres pour souligner le prestige de l’Imam.

Les invocations, un moyen de préserver et de transmettre les enseignements religieux

L’ayatollah Sobhani a souligné que l’action de l’Imam Zayn al-Abidin ne se limitait pas à la transmission de prières et d’enseignements spirituels. Elle comprenait également une dimension sociale, à travers l’aide apportée aux personnes démunies, le soutien aux nécessiteux et les réponses aux questions de la population.

Il a présenté la Prière des nobles vertus, qui constitue la vingtième invocation du Sahifa al-Sajjadiyya, comme un enseignement destiné à former des croyants dotés d’une connaissance profonde de Dieu et attachés aux valeurs morales.

Dans cette perspective, les invocations de l’Imam représentaient également un moyen de transmettre les enseignements islamiques dans un contexte politique marqué par les conséquences de Karbala et par les changements de pouvoir au sein de la dynastie omeyyade.

La prière sur le Prophète et sa famille au cœur de la tradition islamique

Abordant les premières lignes de la Prière des nobles vertus, l’ayatollah Sobhani a insisté sur la place centrale de la prière sur le Prophète Muhammad et sa famille.

Il a notamment rappelé le verset 56 de la sourate Al-Ahzab, selon lequel Dieu et Ses anges prient sur le Prophète, tandis que les croyants sont appelés à faire de même.

Se référant aux traditions rapportées dans le Sahih al-Bukhari, il a également rappelé la formule de prière qui mentionne explicitement Muhammad et sa famille, telle qu’elle est rapportée dans les enseignements prophétiques.

Le dignitaire religieux a exprimé des réserves concernant certaines formulations employées dans des ouvrages religieux, estimant qu’il était important de préserver la formule qu’il considère comme conforme à la tradition prophétique. Il a indiqué avoir échangé sur cette question avec le cheikh Ali al-Qaradaghi, érudit musulman sunnite établi au Qatar.

Foi, bonnes œuvres et degrés de la certitude spirituelle

Poursuivant son commentaire, l’ayatollah Sobhani a expliqué que la foi ne se limite pas à la reconnaissance de Dieu, à la croyance en la mission prophétique et à l’acceptation de la résurrection. Elle doit également se traduire par les actes, la conduite morale et le respect des enseignements religieux.

Il a cité cette invocation de l’Imam Zayn al-Abidin : « Fais parvenir ma foi à son degré le plus parfait et accorde-moi la meilleure des certitudes. »

Il a ensuite présenté les trois degrés traditionnellement distingués dans la pensée islamique : ‘ilm al-yaqin, la certitude fondée sur la connaissance ; ‘ayn al-yaqin, la certitude associée à la vision ; et haqq al-yaqin, la certitude résultant d’une expérience directe de la réalité.

Selon lui, l’élévation spirituelle nécessite un effort continu, notamment la purification de l’âme, la prière nocturne, la maîtrise des désirs et la persévérance dans la pratique religieuse.

La piété comme fondement de la responsabilité morale

En référence au Nahj al-Balagha, recueil de sermons et de paroles attribués à l’Imam Ali ibn Abi Talib, l’ayatollah Sobhani a rappelé une description des personnes pieuses selon laquelle elles vivent avec une conscience profonde des réalités du Paradis et de l’Enfer.

Il a également cité cette formule : « La grandeur du Créateur s’est affirmée dans leur âme, si bien que tout ce qui est en dehors de Lui leur paraît insignifiant. »

Il a expliqué que cette conception de la piété invite le croyant à ne pas faire de la richesse, du pouvoir ou des intérêts matériels la mesure de ses choix, mais à privilégier la responsabilité morale, l’intégrité et la proximité avec Dieu.

En conclusion, l’ayatollah Sobhani a appelé les croyants à s’inspirer de la Prière des nobles vertus pour approfondir leur foi, renforcer leur certitude spirituelle et traduire les valeurs de l’islam dans leur comportement individuel et leur engagement envers la société.

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