Liban (A.P.Hawzah) – Hodjatoleslam wa-l-Moslemin Cheikh Ali Al-Khatib, vice-président du Conseil supérieur islamique chiite du Liban, a évoqué l’appel du président libanais à l’organisation d’un dialogue national inclusif afin de dégager une vision nationale pour l’avenir, ainsi que la nécessité d’abandonner la politique consistant à ne miser que sur la négociation directe, laquelle n’a produit aucun résultat au terme de sept cycles de discussions.
Il a passé en revue les développements au Liban et dans la région, déclarant : « Toute la région continue de bouillir sur un brasier ardent, du Liban au détroit d’Ormuz et au Yémen, jusqu’à la Syrie et la Palestine, sur fond d’escalade des tensions politiques et militaires et alors que les inquiétudes grandissent quant à un élargissement du théâtre des guerres. Il s’agit du résultat des projets américains et sionistes qui ont transformé la région en un volcan de crises. Ce qui se déroule actuellement sur le front yéménite constitue peut-être l’exemple le plus concret de cette réalité. »
Le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite a ajouté : « Ce qui apparaît clairement jusqu’à présent, c’est que les perspectives de règlement restent hors de portée en raison de l’obstination des États-Unis et du régime sioniste. Le langage du dialogue est en effet suspendu dans l’attente des résultats des élections américaines et israéliennes, prévues dans moins de deux mois. Beaucoup misent sur cette échéance, car les négociations en période électorale se transforment en un dialogue de sourds, au point de donner l’impression que la situation est dans une impasse. Selon les observateurs et les experts, la situation devrait devenir plus lisible après les élections : soit la scène régionale explosera à grande échelle, soit des accords seront conclus et ouvriront, d’une manière ou d’une autre, la voie à des solutions équilibrées. »
Cheikh Al-Khatib a poursuivi : « Alors que le président américain mise sur ces élections et promet des solutions pour l’après-élection, certains, y compris au sein de son équipe, s’inquiètent de la poursuite des tensions jusqu’à la fin de son mandat. Cela montre que le gouvernement américain continue de faire avancer ses projets et ses aventures visant à mettre toute la région à genoux, tandis que le projet expansionniste sioniste, exprimé ouvertement et sans retenue par les dirigeants ennemis, n’est plus un secret pour personne. »
Il a ajouté : « Dans ce contexte, le Liban ne constitue pas une île isolée des événements qui secouent la région, quoi que certains puissent tenter de faire en rattachant, à certains moments, la situation à des arrangements purement internes, sans aucune garantie permettant de rassurer la population quant à son avenir. Ils réclament le désarmement de la Résistance afin d’ouvrir la voie aux solutions, alors même que les dirigeants ennemis insistent sur leur refus de se retirer de la zone occupée dans le Sud. Cela est contraire à la logique naturelle des choses. La Résistance est née de l’occupation, et non l’inverse. Lorsque l’occupation aura pris fin, il sera possible de discuter du devenir de la Résistance dans le cadre d’une stratégie nationale de défense, telle que l’ont appelée de leurs vœux les autorités libanaises, au premier rang desquelles le président de la République. »
Cheikh Ali Al-Khatib a déclaré avec insistance : « Le désarmement sous occupation n’est ni possible ni naturel. C’est précisément ce que nous avons fait savoir à tous ceux qui nous consultent à ce sujet. Il s’agit d’une position à laquelle nous sommes tous attachés, d’une seule voix et de manière unie. À ceux qui se préoccupent comme à ceux qui ne se préoccupent pas de la position nationale chiite, nous disons que la position chiite, dans toutes ses composantes et sur l’ensemble des questions actuelles, est unie et cohérente. Les quelques rares dérapages sur lesquels certains tentent toujours de s’appuyer pour remettre cette réalité en cause n’auront aucun impact sur cette unité. »
Il a également déclaré : « Nous avons dit au président que nous soutenons son appel à abandonner la politique consistant à ne miser que sur la négociation directe, laquelle n’a abouti à aucun résultat au terme de sept cycles, et nous le répétons. Dans le même temps, Israël utilise notre sang, la destruction de nos maisons et de nos institutions comme des cartes électorales, tout en chassant nos proches de leurs terres, de leurs villes et de leurs localités. L’explosion d’une puissance sismique survenue la nuit dernière à Ali al-Taher constitue le meilleur exemple de la sauvagerie sioniste et de ses intentions agressives. »
Il a ajouté : « Nous avons exposé cette réalité avec la plus grande franchise, la semaine dernière, à nos frères en Irak et en République islamique d’Iran, aux plus hauts niveaux politique et religieux. Nous leur avons dit que lorsque nous vous parlons avec une telle franchise, c’est en réalité à nous-mêmes que nous parlons. Plus de quarante mille familles déplacées ont un besoin urgent de prise en charge et d’hébergement, jusqu’à ce qu’elles puissent retourner dans leurs régions et leurs localités. Nous sommes tous responsables de leur prise en charge. Nous avons reçu des réponses positives et nous espérons que ces engagements se concrétiseront dans un avenir proche. »
En conclusion, Cheikh Al-Khatib a déclaré : « Nous le répétons et le réaffirmons une nouvelle fois devant tous : nous sommes parmi ceux qui sont les plus attachés à un État qui protège son peuple et préserve sa souveraineté. Nous sommes parmi les plus fervents défenseurs du déploiement de l’armée nationale libanaise sur l’ensemble du territoire libanais et de l’instauration d’une sécurité qui puisse rassurer notre population dans ses régions.
« Quiconque pense que nous cherchons à établir un État dans l’État ou que nous nourrissons le projet d’une quelconque entreprise séparatiste se fait des illusions. Nous n’avons jamais été ainsi par le passé et nous ne le serons pas davantage à l’avenir. Nous voulons simplement un partenariat national juste, qui garantisse dignité et équité à notre population. Si l’État avait été présent par le passé sur ses frontières méridionales, nous ne serions pas arrivés à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, et nous aurions épargné à notre peuple et à notre jeunesse ces sangs purs et innocents versés uniquement pour la défense de l’ensemble de la patrie. »





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