Indonésie (A.P.Hawzah) – Le vice-président du Conseil des oulémas d’Indonésie (MUI) dans la province de Java central, le professeur Dr Hajj Abu Hafsin, s’exprimant lors du séminaire national intitulé « L’approche interconfessionnelle de l’islam », organisé samedi 5 septembre 2026 dans la salle Astina de l’hôtel Grasia, à Semarang, a insisté sur la nécessité de construire une unité fondée sur le dialogue. Il a notamment déclaré que le dialogue constituait une voie permettant de construire l’unité au sein même des divergences.
La rencontre a également réuni le professeur Sumanto Al-Qurtuby, de l’Université chrétienne Satya Wacana (UKSW) de Salatiga, le professeur Zahir Yahya, président général du Conseil central des Ahl al-Bayt d’Indonésie, le professeur Rozyihan, de l’Association de la presse indonésienne (PWI) de la branche Muhammadiyah de Java central, ainsi que le pasteur Ariyanta Nugroho, de l’Église JAGI. Les échanges ont été animés par le secrétaire général de l’Association indonésienne pour le dialogue et la coexistence interreligieuse, K.H. Drs. Taslim Syahlan.
Dans son intervention, Abu Hafsin a évoqué la tendance de certaines personnes à considérer leur propre interprétation religieuse comme absolue. « Lorsqu’une interprétation est considérée comme l’unique vérité, tandis que toute autre vision est immédiatement qualifiée d’erreur, l’espace du dialogue et de la compréhension mutuelle se rétrécit progressivement », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que toutes les questions religieuses ne relevaient pas d’un domaine à caractère absolu. Certaines sont le fruit d’une lecture et d’une interprétation humaines. Dès lors, les divergences dans la compréhension de telles questions constituent une réalité qui doit être reconnue et correctement située.
Le chercheur en sciences religieuses a ensuite souligné qu’un autre problème apparaissait lorsque la coexistence était comprise uniquement comme une réalité pouvant être instaurée par la loi ou par des réglementations officielles. « Il est vrai que la loi peut encadrer les comportements humains dans l’espace public, mais des relations véritablement fondées sur la coexistence ne naissent pas spontanément de la seule obligation de respecter une réglementation », a-t-il expliqué.
Selon lui, la construction de relations interconfessionnelles exige donc également une évolution dans la manière d’appréhender les divergences. Abu Hafsin a rappelé que les relations entre les différents groupes ne devaient pas être constamment envisagées à travers le seul prisme de la politique et des intérêts.
« Si notre paradigme reste celui de la politique et des intérêts, le dialogue aura beaucoup de mal à voir le jour », a-t-il ajouté.
Soulignant la présence du chiisme dans la pensée et les courants religieux en Indonésie, Abu Hafsin a affirmé que l’ouverture à l’égard d’un groupe qui a, jusqu’à présent, été à plusieurs reprises placé en marge du courant dominant devait faire partie des efforts visant à construire des relations plus ouvertes.
Il a déclaré : « Si j’étais le président du Conseil des oulémas d’Indonésie de Java central, je m’engagerais à accepter les chiites comme membres du Conseil des oulémas d’Indonésie de Java central. »
Cette position met en lumière les grandes orientations défendues par Abu Hafsin dans la construction des relations interconfessionnelles. L’unité ne suppose ni l’effacement des divergences ni l’imposition d’une interprétation que toutes les parties seraient contraintes d’accepter. Ce qui est nécessaire, c’est la volonté de reconnaître les différences, d’ouvrir des espaces de rencontre et de créer les conditions d’un dialogue permettant à chaque partie de mieux comprendre l’autre.
C’est dans cette perspective que le dialogue n’apparaît pas seulement comme un complément à la réflexion sur l’unité : il constitue la voie permettant à cette unité de se construire et de se développer sans exiger la disparition des divergences.
Il convient de rappeler que ce séminaire a réuni des personnalités musulmanes, des universitaires et des responsables religieux issus d’horizons divers afin de débattre des relations interconfessionnelles et de l’importance de construire l’unité au cœur des divergences.




Votre commentaire