lundi 27 juillet 2026 - 17:15
Marche d'Arbaïn a démontré l’échec des projets américains

Hawzah/L'Ayatollah Sayyed Yassine Al-Moussawi, imam de la prière du vendredi à Bagdad et éminent enseignant du séminaire religieux de Nadjaf, a souligné que la marche d'Arbaïn ne constitue pas uniquement un événement religieux ou un simple acte de dévotion, mais représente un immense rite divin aux dimensions religieuses, politiques, sociales et civilisationnelles.

Bagdad, IRAK (A.P.Hawzah)– L'Ayatollah Sayyed Yassine Al-Moussawi a déclaré que la marche d'Arbaïn incarne la continuité authentique du soulèvement de l'Imam Al-Hussein (as) ainsi que du message de l'islam dans sa lutte contre l'oppression et la tyrannie.

Il a rappelé que les traditions rapportées des Ahl al-Bayt (as) recommandent explicitement d'effectuer à pied le pèlerinage vers le sanctuaire de l'Imam Al-Hussein (as). Il a ajouté que la visite d'Arbaïn, célébrée le 20 du mois de Safar, est expressément mentionnée dans les hadiths des Imams Ja'far As-Sâdiq et Ali Al-Hâdi (as), où elle est présentée comme l'un des signes distinctifs du croyant. Il a cité le célèbre hadith selon lequel : « Les signes du croyant sont au nombre de cinq : accomplir cinquante et une unités de prière (rak'ât), se prosterner sur la terre, accomplir la ziyâra d'Arbaïn, porter une bague à la main droite et réciter à voix haute "Bismillâh ar-Rahmân ar-Rahîm". »

L'imam de la prière du vendredi de Bagdad a poursuivi en affirmant que cette ziyâra possède de profondes racines historiques remontant au retour de la famille du Prophète (PSL) à Karbala, ainsi qu'à la visite de Jâbir ibn Abdallah Al-Ansari sur la tombe de l'Imam Al-Hussein (as). Toutefois, sa véritable philosophie dépasse largement le cadre d'un simple événement historique, puisqu'elle incarne l'école du sacrifice, du martyre et de la résistance face à l'injustice.

Il a précisé que, tout au long de l'histoire, le sanctuaire de l'Imam Al-Hussein (as) a constitué un foyer des soulèvements contre les régimes tyranniques. De nombreux mouvements des descendants de l'Imam Ali et des chiites des Ahl al-Bayt ont commencé par un renouvellement d'allégeance auprès de son mausolée. Selon lui, le soulèvement d'Achoura a préparé le terrain à la révolte de Zayd ibn Ali, laquelle a finalement contribué à l'effondrement du califat omeyyade.

Évoquant la dimension politique de ce rite, l'Ayatollah Al-Moussawi a indiqué que cette réalité est apparue avec une particulière évidence en Irak lors de l'Intifada de 1977. À cette époque, le régime baasiste dirigé par Ahmad Hassan Al-Bakr, avec Saddam Hussein comme vice-président, avait interdit la ziyâra d'Arbaïn. Malgré cette interdiction, les habitants de Nadjaf et des milliers de pèlerins se sont soulevés contre cette décision. Le régime baasiste a répondu par une répression sanglante, des massacres et des arrestations massives de pèlerins.

Il a poursuivi en affirmant qu'après la chute du régime baasiste en 2003, la marche d'Arbaïn a également révélé sa dimension nationale. Alors que le débat sur la rédaction de la Constitution irakienne battait son plein et que l'administration américaine d'occupation insistait pour qu'elle soit rédigée par un comité désigné par ses soins, la Haute Autorité religieuse, sous la direction de Son Éminence le Grand Ayatollah Sayyed Ali Al-Sistani (que Dieu prolonge sa protection), a exigé que la Constitution soit rédigée par le peuple irakien puis soumise à un référendum populaire.

L'imam de Bagdad a ajouté que Paul Bremer, administrateur civil américain en Irak à cette époque, reconnaît lui-même dans ses mémoires que l'immense mobilisation populaire en direction de Karbala lui a fait comprendre qu'ignorer la volonté de la Marja'iyya et du peuple irakien risquait de provoquer une explosion sociale de grande ampleur. Selon lui, cette réalité a contraint les États-Unis à renoncer à leur position initiale et à accepter le principe du référendum constitutionnel.

Il a souligné que de nombreux Irakiens ne mesurent peut-être pas encore pleinement l'impact mondial de la marche d'Arbaïn, alors que le reste du monde y voit une déclaration concrète de fidélité à l'Imam Al-Hussein (as), un symbole du refus de l'occupation, de la dictature et de l'oppression, ainsi qu'une manifestation de l'unité et de la cohésion de la communauté islamique.

Poursuivant son intervention, l'ayatollah Al-Moussawi a évoqué les funérailles rassemblant des millions de personnes en hommage à l'Imam martyr Sayyed Ali Hosseini Khamenei (que Dieu sanctifie son âme pure), estimant qu'elles témoignent de la profondeur de la conscience populaire et de l'attachement des peuples aux idéaux de la communauté islamique. Il a affirmé qu'aujourd'hui, les peuples sont davantage prêts à défendre leur religion et leurs lieux saints, comme ils l'ont démontré dans la défense de l'Irak contre l'organisation terroriste Daech, aussi bien avant qu'après la fatwa du djihad kifâ'i.

Il a ajouté que la société irakienne actuelle diffère profondément de celle de l'époque des Imams Hassan et Hussein (as), en raison de son esprit de résistance et de sa disponibilité au sacrifice. À cet égard, il a rappelé le célèbre slogan scandé par les pèlerins lors de l'Intifada de 1977 : « Même si l'on nous coupe les mains et les pieds, nous ramperons jusqu'à toi, ô Hussein. » Selon lui, les analyses superficielles de la marche d'Arbaïn sont incapables d'en expliquer les dimensions doctrinales, sociales et politiques.

Évoquant l'augmentation constante du nombre de pèlerins étrangers, il a déclaré que la République islamique d'Iran représente, après l'Irak, le plus important contingent de pèlerins d'Arbaïn, avec plusieurs millions de participants chaque année. Selon lui, cette mobilisation suscite l'inquiétude des États-Unis, qui cherchent à empêcher ou à limiter cette participation massive.

Il est également revenu sur l'attaque perpétrée contre des pèlerins d'Arbaïn dans la région de Shalamcheh, précisant que ce poste-frontière est exclusivement destiné au passage des pèlerins et qu'aucune installation militaire ne s'y trouve. Dès lors, le ciblage des pèlerins constitue, selon lui, une agression délibérée contre les rites husseinites.

L'ayatollah Al-Moussawi a affirmé que les États-Unis considèrent les rites chiites comme une source d'éveil populaire, de revendication de justice et de résistance à l'oppression. Toutefois, a-t-il insisté, le projet de l'Imam Al-Hussein (as) n'est pas un projet politique lié à un courant particulier, mais un projet divin qui s'inscrit dans la continuité de la mission de l'Imam Al-Hussein et de l'Imam Al-Mahdi (que Dieu hâte sa réapparition). C'est pourquoi, selon lui, toutes les tentatives visant à l'arrêter ou à le restreindre ont inévitablement échoué.

Dans une autre partie de son intervention, il a critiqué les déclarations de certains responsables irakiens évoquant une coopération des États-Unis avec l'Irak dans la lutte contre Daech. Selon lui, ces propos traduisent une mauvaise compréhension des réalités politiques. Il a affirmé que les forces américaines soutenaient Daech, tandis que ceux qui sont réellement venus au secours de l'Irak sur le terrain étaient les commandants et conseillers de la République islamique d'Iran, notamment le martyr Hamid Taqavi, ainsi qu'un groupe de commandants des Gardiens de la Révolution islamique tombés en martyrs en défendant l'Irak et son peuple.

En conclusion, l'imam de la prière du vendredi de Bagdad a déclaré que, de la même manière que le régime de Saddam Hussein avait échoué à faire disparaître les rites husseinites, toutes les tentatives des États-Unis visant à contenir ou à instrumentaliser politiquement la marche d'Arbaïn connaîtront également l'échec. Il a conclu en affirmant que les peuples d'Irak, d'Iran, du Liban, du Yémen, des pays du Golfe et du Levant forment une seule et même communauté face à un ennemi commun, et que l'avenir de cette communauté sera celui de la victoire et du triomphe.

Marche d'Arbaïn a démontré l’échec des projets américains

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