dimanche 20 septembre 2026 - 12:00
Manœuvres de Ben Salmane révèlent l’impasse de Riyad face à la victoire du Yémen

Hawzah/Muhammad Mansour, vice-ministre yéménite de l’Information, a affirmé que les contacts de Muhammed ben Salmane, prince héritier saoudien, avec le président américain révélaient l’importance et l’ampleur de la victoire du Yémen.

Yémen (A.P.Hawzah)– Muhammad Mansour, vice-ministre yéménite de l’Information, a déclaré dans un entretien accordé à la chaîne Al-Masirah que les contacts de Muhammed ben Salmane, prince héritier saoudien, avec Donald Trump, président des États-Unis, et le Premier ministre pakistanais, ainsi que ses démarches attendues au Caire, parallèlement à l’accueil du commandant des forces américaines du CENTCOM, mettaient en évidence l’importance et la profondeur de la victoire du Yémen.

Mansour a expliqué que cette victoire constituait un succès stratégique sur les plans militaire, politique, populaire et médiatique. Il a ajouté que les images diffusées par les médias de guerre témoignaient de l’ampleur du défi auquel le Yémen avait fait face et qu’il avait réussi à surmonter, ainsi que des pertes infligées au projet saoudo-émirati, qui se chiffreraient à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Il a souligné que les médias occidentaux, britanniques et français s’étaient rapidement penchés sur la manière dont le Yémen était parvenu à faire échouer le plus vaste projet d’agression saoudien fondé sur la puissance militaire. Selon lui, la profonde inquiétude observée dans les milieux politiques et médiatiques israéliens, malgré la proximité des élections, témoigne de l’ampleur du choc provoqué par les événements survenus sur la côte ouest.

« Ce qui s’est passé constitue une gifle militaire, politique et populaire retentissante infligée au projet saoudo-émirati, israélien et américain, sous toutes ses appellations et par l’intermédiaire de toutes ses parties », a-t-il déclaré.

Mansour a estimé que l’Arabie saoudite avait essuyé plusieurs revers politiques, au premier rang desquels figurait, selon lui, l’opposition de Donald Trump, président des États-Unis. Il a également estimé que le Pakistan était probablement opposé à toute implication dans cette confrontation et que l’armée pakistanaise n’y interviendrait pas.

Il a ajouté que les positions du Pakistan et de la Turquie n’avaient pas été conformes aux attentes de Riyad, tandis que l’Arabie saoudite attendait les résultats de la visite de Ben Salmane au Caire. Il a parallèlement estimé que l’armée égyptienne ne s’impliquerait pas dans cette bataille.

Il a précisé que la prochaine visite au Caire, qui n’avait pas été planifiée à l’avance, s’inscrivait dans le cadre des efforts de Ben Salmane pour tirer parti de la situation économique de l’Égypte. Il a toutefois souligné que la position de l’armée égyptienne serait déterminante à cet égard.

Mansour s’est interrogé : « Si les États-Unis ont refusé de s’impliquer, qui pourrait entrer dans la confrontation aux côtés de l’Arabie saoudite face au Yémen ? » Il a souligné que Riyad « cherche, court à bout de souffle, offre des pots-de-vin et tente par tous les moyens », tandis que Sanaa surveille jour et nuit l’ensemble des mouvements saoudiens.

Dans ce contexte, Mansour a expliqué que le régime israélien comprenait que l’Arabie saoudite se trouvait dans une impasse et savait également qu’une implication dans la guerre contre le Yémen, compte tenu de la confrontation en cours dans le cadre de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », aurait de graves conséquences pour la partie israélienne.

Il a déclaré que les Israéliens souhaitaient récompenser l’Arabie saoudite en la poussant vers la normalisation de ses relations avec Israël et vers une sortie de la coalition. Ils demanderaient au roi et au prince héritier saoudiens de signer un accord similaire à ceux conclus par les Émirats arabes unis et Bahreïn avec le régime israélien.

Le vice-ministre yéménite de l’Information a ajouté que l’Arabie saoudite pourrait préférer préserver ses relations secrètes avec « l’ennemi israélien », qui, selon lui, durent depuis soixante-dix ans. Il a affirmé que « le criminel » Benyamin Netanyahou cherchait, de son côté, à achever le processus de normalisation avant les élections, qu’il considérerait comme susceptible de renforcer ses chances de rester à la tête du gouvernement israélien de droite.

Mansour a souligné que les mouvements saoudiens et israéliens témoignaient de l’ampleur de la confusion provoquée par la victoire du Yémen. Il a ajouté que Sanaa suivait jour et nuit tous les développements et mouvements liés à l’agression.

Réagissant aux frappes saoudiennes contre le secteur de Dhubab, dans la province de Taëz, ainsi qu’aux informations faisant état de victimes civiles, il a déclaré que ces frappes constituaient une tentative de l’Arabie saoudite de montrer que son aviation était toujours opérationnelle. Selon lui, ces attaques sont intervenues après que les bases aériennes du roi Khaled, à Khamis Mushait, et du roi Fahd, à Taëf, eurent été prises pour cible.

Il a ajouté que l’Arabie saoudite avait mené, en l’espace de peu de temps, des frappes contre Saada et Taëz, dans une tentative de démontrer sa capacité à riposter, comme si elle voulait montrer qu’elle était encore capable d’infliger des frappes ici et là, après que le brigadier général Yahya Saree eut annoncé que les attaques yéménites constituaient une opération d’envergure et de haute précision.

Mansour a conclu en affirmant que ces manœuvres témoignaient de l’incapacité et de l’échec de l’Arabie saoudite et non de sa puissance réelle. Il a insisté sur le fait que les frappes ayant visé les bases aériennes saoudiennes avaient été d’une ampleur considérable et que les attaques aériennes « brutales et psychologiques » ne pouvaient dissimuler l’ampleur des pertes subies par Riyad.

Manœuvres de Ben Salmane révèlent l’impasse de Riyad face à la victoire du Yémen

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