(A. P Hawzah) Parmi les preuves de la Wilayat al-Faqih les plus importantes sont les traditions (les hadiths). Dans l’article précédente, nous avons évoqué la lettre de l’Imam du Temps (que la paix soit sur Lui). Dans celui-ci, nous aborderons une autre preuve scripturaire.
L’une des traditions invoquées par les juristes pour établir la Wilayat al-Faqih est celle rapportée par Umar ibn Hanzala.
Dans le livre Al-Kafi, l’une des sources les plus authentiques de le hadith chiite, volume 1, page 67, il est rapporté qu’Umar ibn Hanzala dit :
J’ai demandé à l’Imam Jafar as-Sadiq (que la paix soit sur Lui) : Lorsque deux chiites sont en désaccord au sujet d’une dette ou d’un héritage, est-il permis de porter leur litige devant le gouverneur que son autorité n’est de Dieu et il est un Sultan ou un juge (qui nommé par ce Sultan) ?
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur Lui) a répondit :
Quiconque s’adresse à eux (le sultan et le juge injuste) pour le jugement… ne fait que recourir au Tâghût (idole, puissance illégitime) et l’accepter comme l’arbitre. Ce que le sultan ou le juge (injuste) décide pour lui est illicite, même si le droit est avec lui, car ce qu’il a obtenu l’a été par le jugement du Tâghût – c’est-à-dire celui que Dieu a ordonné de renier (de ne pas suivre) – comme Dieu l’a dit dans le noble Coran, sourate An-Nisa (Les Femmes, 4), verset 60 :
یرِیدُونَ أَنْ یتَحَاکَمُوا إِلَی الطَّاغُوتِ وَقَدْ أُمِرُوا أَنْ یکْفُرُوا بِهِ
Ils veulent prendre pour juge le Ṭāğūt, alors que c’est en lui qu’on leur a commandé de ne pas croire.
Umar ibn Hanzala dit :
Quand je vis que l'Imam condamnait et interdisait aussi sévèrement aux chiites de s'adresser aux souverains tyrans (Tâghûts) et à ses juges, je demandai : Que doivent faire les chiites dans telles situations ?
L'Imam (que la paix soit sur Lui) répondit :
[Lorsque deux chiites sont en désaccord sur une affaire], qu'ils cherchent et examinent parmi eux-mêmes, les chiites, celui qui rapporte nos hadiths, qui a une connaissance approfondie de ce que nous avons rendu licite et illicite (halal et haram), et qui connaît nos enseignements (les enseignements des Ahl al-Bayt), qu'ils acceptent une telle personne comme arbitre entre eux. Car Je l’ai établi comme “juge” (hâkim) sur vous. Et lorsque [cette personne] rend un jugement et que celui-ci n’est pas accepté par eux, alors ils méprisent le jugement de Dieu et rejettent notre jugement. Quiconque rejette notre jugement a rejeté le jugement de Dieu, et cela équivaut à associer (shirk) à Dieu.
Dans cette noble tradition, il y a quelques points importants et fondamentaux :
- Dans les litiges, il ne faut pas recourir aux souverains tyrans (Taghuts), ni aux juges qu’ils ont nommés par les souverains tyrans, car le noble Coran et la Sunna l’ont interdit.
- L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur Lui) a dit : Dans telles situations, qu’ils s’adressent à ceux qui rapportent le hadith, qui connaissent nos prescriptions.
Il est clair que seule une personne possédant la qualification de juriste (Faqih) et de mujtahid a une connaissance complète et exhaustive des règles des Imams telles qu’elles sont dans leurs traditions. - Dans ce hadith, la question posée concernait un litige entre deux personnes. Mais à la fin de la tradition, l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur Lui) énonça une règle générale : فَإِنِّی قَدْ جَعَلْتُهُ عَلَیْکُمْ حَاکِماً – Je l’ai établi comme l'autorité (Hakim) sur vous.
Par cette déclaration, l’Imam présente le juriste comme un « Hakim » (gouverneur) au sein de la communauté chiite. Or, le Hakim désigne celui qui exerce l’autorité et le gouvernement sur les autres, qui est leur tuteur (wali) et qui gère leurs affaires. - L'Imam (que la paix soit sur Lui) a ajouté que si ce dirigeant (Hakim), désigné par l'Imam, rend un jugement, il faut impérativement s'y soumettre et l'accepter. Quiconque le rejette, en effet rejette le jugement de l'Imam, et rejeter le jugement de l'Imam équivaut à rejeter le jugement de Dieu. Par cette déclaration générale, l'Imam a fait du juriste (Faqih) une autorité (hodjat) pour le peuple dans toutes les prescriptions – qu'elles soient individuelles ou sociales, judiciaires ou non judiciaires.
Le célèbre juriste chiite Mohammad Hassan al-Najafi, connu sous le nom de Sahib al-Jawahir (mort en 1266 de l'Hégire / 1850 apr. J.-C.), dans son œuvres, Jawahir al-Kalam, volume 21, pages 396-397 écrit à ce sujet :
La nomination générale des Faqihs s'applique à toutes les affaires, c'est-à-dire tout ce qui est pour l'Imam est également pour le Faqih. En effet, le sens de la parole de l'Imam (فَإِنِّی قَدْ جَعَلْتُهُ عَلَیْکُمْ حَاکِماً– Je l'ai établi comme juge sur vous) c'est que le Faqih est le tuteur (wali) et a l'autorité de jugement dans tous les domaines d'autorité (wilayat), conformément à ce qui est énoncé dans la noble lettre de l'Imam du Temps (que la paix soit sur Lui) : فَإِنَّهُمْ حُجَّتِی عَلَیْکُمْ – ils sont gouverneur de moi sur vous. Cela signifie que dans tout ce où j'ia l'autorité (wilaya), les Faqihs ont également cette autorité sur vous, sauf dans ce qui en serait exclu par une preuve manifeste.




Votre commentaire