(A.P.Hawzah) -Dieu le Très-Haut déclare dans le Noble Coran :
«فَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّنِ افْتَرَیٰ عَلَی اللَّهِ کَذِبًا أَوْ کَذَّبَ بِآیَاتِهِ أُولَٰئِکَ یَنَالُهُمْ نَصِیبُهُمْ مِنَ الْکِتَابِ حَتَّیٰ إِذَا جَاءَتْهُمْ رُسُلُنَا یَتَوَفَّوْنَهُمْ قَالُوا أَیْنَ مَا کُنْتُمْ تَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ قَالُوا ضَلُّوا عَنَّا وَشَهِدُوا عَلَیٰ أَنْفُسِهِمْ أَنَّهُمْ کَانُوا کَافِرِینَ.»
« Qui est plus injuste que celui qui forge un mensonge contre Dieu ou qui dément Ses signes ? Ceux-là recevront la part qui leur a été assignée, jusqu’au moment où Nos envoyés viendront à eux pour reprendre leurs âmes. Ils diront alors :
“Où sont ceux que vous invoquiez en dehors de Dieu ?”
Ils répondront : “Ils se sont égarés loin de nous.”
Et ils témoigneront contre eux-mêmes qu’ils étaient des mécréants. »
(Sourate Al-A‘râf, verset 37)
Analyse
Dans le monde d’ici-bas, l’être humain se trouve confronté à de multiples formes d’attachement. Certaines d’entre elles finissent par se transformer en véritables divinités intérieures, accaparant son cœur et son esprit, orientant ses choix et traçant sa trajectoire de vie.
Or, pour atteindre la félicité ici-bas et dans l’au-delà, et pour demeurer sur la voie droite, l’homme doit se libérer de ces attachements mondains. À défaut, il ne pourra jamais prendre son envol vers le Dieu Unique : le poids de ces dépendances l’en empêche. S’élever exige la légèreté.
Une vérité demeure inévitable : si l’homme ne se libère pas volontairement aujourd’hui de ces faux dieux, viendra un jour où ils l’abandonneront d’eux-mêmes. Ce jour-là, la réalité apparaîtra sans voile.
L’agonie marque précisément cet instant où l’homme contemple, avec une lucidité absolue, des réalités que les vivants ne perçoivent pas.
Lorsque les anges viennent alors reprendre son âme, ils l’interrogent sur ces divinités auxquelles il s’était attaché tout au long de sa vie et qu’il refusait d’abandonner.
La réponse est celle contre laquelle il avait été maintes fois mis en garde :
«ضَلُّوا عَنَّا.»
« Ils se sont égarés loin de nous. »
Au moment décisif de l’agonie, toutes les appartenances et toutes les idoles construites par l’homme se révèlent n’avoir été qu’un mirage. Biens matériels, famille, pouvoir, savoir, notoriété — rien ne subsiste de ces attachements non divins qui avaient occupé l’esprit humain et l’avaient éloigné de la voie de l’adoration du Dieu Unique. Comme s’ils n’avaient jamais existé.
C’est alors qu’une conscience longtemps plongée dans l’insouciance s’éveille. Elle devient le premier juge du tribunal divin et témoigne contre elle-même.
D’où la nécessité de s’éveiller avant la mort, et de dépoussiérer la conscience du voile de la négligence.
Le Commandeur des croyants, l’Imam Ali (que la paix soit sur lui), met en garde :
«أَهْلُ الدُّنْیَا کَرَکْبٍ یُسَارُ بِهِمْ، وَ هُمْ نِیَامٌ.»
« Les gens de ce monde ressemblent à une caravane que l’on conduit vers sa destination, tandis qu’eux dorment. »
(Nahj al-Balâgha, sagesse 64)
Il déclare également :
«اَلنَّاسُ نِیَامٌ فَإِذَا مَاتُوا اِنْتَبَهُوا.»
« Les hommes sont endormis ; lorsqu’ils meurent, ils se réveillent. »
(‘Uyûn al-Hikam, vol. 1, p. 66)




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