(A.P.Hawzah) L’Imam Sadjad (que la paix soit sur Lui), dans la dix-huitième invocation de la Sahîfa Sadjâdiya, nous rappelle un critère fondamental. Il déclare :
غَیْرُ کَثِیرٍ مَا عَاقِبَتُهُ الْفَنَاءُ وَ غَیْرُ قَلِیلٍ مَا عَاقِبَتُهُ الْبَقَاءُ.
Ce qui n'est pas éternelle n'est pas beaucoup, et ce qui est éternel n'est pas peu.
Explication
L’aspiration à la survie et à l’éternité fait partie de la nature même de l’homme. Celui qui connaît véritablement son essence refuse instinctivement la disparition et le néant. C’est pourquoi il consacre ses efforts à la recherche de ce qui demeure et de ce qui ne périt pas.
Deux appels, une même promesse
Allah le Très-Haut, Créateur de l’homme et parfaitement connaisseur de sa nature profonde, évoque à maintes reprises dans le Coran — Livre de la guidance — la réalité de la permanence et de l’éternité.
Par exemple, dans la sourate An-Nahl (16), versets 95 et 96, Il dit :
إِنَّمَا عِنْدَ اللَّهِ هُوَ خَیْرٌ لَکُمْ إِنْ کُنْتُمْ تَعْلَمُونَ. مَا عِنْدَکُمْ یَنْفَدُ وَمَا عِنْدَ اللَّهِ بَاقٍ.
Ce qui se trouve auprès d’Allah est meilleur pour vous, si seulement vous saviez. Ce qui est auprès de vous est voué à disparaître, tandis que ce qui est auprès d’Allah demeure.
Même l’un des noms du Jour de la Résurrection, mentionné dans la sourate Qaf (50), verset 34, est directement lié à cette aspiration profonde de l’être humain :
ادْخُلُوهَا بِسَلَامٍ ذَٰلِکَ یَوْمُ الْخُلُودِ.
Entrez-y en paix ; voici le Jour de l’éternité.
Il est remarquable de constater que Satan (qu’Allah le maudisse), conscient lui aussi de cette disposition naturelle de l’homme, emprunte précisément cette voie pour le séduire. Il exploite son désir d’éternité, sa quête de permanence et son refus instinctif de la disparition.
Allah rapporte dans la sourate Tâ-Hâ (20), verset 120 :
فَوَسْوَسَ اِلَیْهِ الشَّیْطانُ وَقالَ یا آدَمُ هَلْ اَدُلُّکَ عَلی شَجَرَةِ الْخُلْدِ وَمُلْک لا یَبْلی.
Satan lui souffla alors cette suggestion et dit : Ô Adam ! Veux-tu que je te montre l’arbre de l’éternité et un royaume qui ne s’éteint jamais ?
Ainsi, que ce soit dans le camp du bien ou dans celui du mal, l’objet central de l’attention demeure le même : le désir de subsister et la volonté d’échapper à la disparition et à l’anéantissement.
Comment parvenir à l’éternité au Paradis ?
Pour atteindre cet objectif, il n’existe d’autre voie que de se parer des attributs divins et de se détacher de tout ce qui détourne d’Allah. Sans cela, conformément à la loi établie par Dieu, l’homme sera inévitablement exposé à la disparition, malgré son aspiration profonde à la permanence.
Allah le Très-Haut déclare dans la sourate Al-Qasas (28), verset 88 :
کُلُّ شَیْءٍ هَالِکٌ إِلَّا وَجْهَهُ.
Toute chose est vouée à périr, à l’exception de Sa Face.
Pour échapper au néant et à la destruction, il faut donc s’attacher à cet Être pur et éternel, et demeurer lié à Lui. Car l’éloignement de cette Réalité divine n’est rien d’autre que la perdition et la ruine.
À la lumière de ces enseignements, et en méditant sur la parole de l’Imam Sadjad (que la paix soit sur Lui) citée au début de cette réflexion, notre critère dans nos paroles et nos actions ne doit pas être leur quantité ou leur ampleur, mais leur capacité à demeurer et à porter un fruit éternel.




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