samedi 7 novembre 2026 - 12:00
L’Ayatollah Arafi appelle à moderniser les méthodes de prédication religieuse face aux évolutions mondiales

Hawzah/ L’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires islamiques d’Iran, a appelé à renforcer la présence des religieux auprès de la population et à adapter les méthodes de prédication aux réalités sociales ainsi qu’aux évolutions du monde contemporain. Il s’exprimait lors du rassemblement « Sougouareh-ye Yas-e Nabavi », organisé à l’intention des prédicateurs envoyés par l’Organisation iranienne des waqfs et des affaires caritatives, au sanctuaire de l’Imamzadeh Shah Seyyed Ali (AS), à Qom.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –Évoquant les conditions particulières que connaît actuellement le pays dans le domaine de la prédication religieuse, l’Ayatollah Arafi a qualifié la période actuelle d’occasion exceptionnelle pour les religieux d’aller à la rencontre de la population et de renforcer leurs liens directs avec elle. Il a appelé les prédicateurs à tirer pleinement parti de cette occasion pour approfondir les convictions religieuses et consolider la culture islamique.

Adapter la prédication aux réalités sociales et aux préoccupations de la population

Se référant à certains passages du message intitulé « Un séminaire islamique à l’avant-garde et exemplaire », publié par le Guide martyr de la Révolution, l’Ayatollah Arafi a souligné la nécessité de bien connaître les réalités intellectuelles et culturelles de la société et d’adapter les contenus de la prédication aux préoccupations et aux interrogations de la population, notamment des jeunes.

Il a rappelé que les séminaires islamiques étaient des institutions ouvertes sur la société. Leur mission ne saurait se limiter à répondre aux doutes et aux objections doctrinales : ils doivent également adopter une démarche active et prendre position face aux courants de pensée et aux tendances culturelles qu’ils considèrent comme déviants, en mobilisant leurs capacités d’analyse, de réflexion et d’argumentation.

Les cinq conditions d’une prédication réussie

L’Ayatollah Arafi a ensuite présenté cinq éléments fondamentaux qu’il estime indispensables à l’efficacité de la prédication religieuse.

1. La profondeur scientifique et la rigueur du contenu

Il a placé la profondeur scientifique et la solidité du contenu au premier rang de ces exigences. Selon lui, simplifier les explications et rendre le discours plus accessible afin d’en faciliter la compréhension est nécessaire, mais cette démarche ne doit en aucun cas affaiblir sa rigueur scientifique ni ses fondements intellectuels.

Les contenus proposés par les prédicateurs doivent ainsi s’appuyer sur des sources fiables et respecter les méthodes reconnues dans les domaines de la jurisprudence islamique, des fondements du droit islamique, de la théologie, des sciences du hadith et de l’exégèse coranique.

Évoquant la personnalité scientifique et l’engagement religieux du martyr Ayatollah Mortaza Motahhari, il a présenté ses ouvrages comme un exemple remarquable d’alliance entre profondeur de la pensée et clarté de l’expression. Il a également insisté sur l’importance de continuer à étudier les travaux de cet éminent penseur.

2. L’organisation et la cohérence du discours

Le directeur des séminaires islamiques a également souligné l’importance de structurer le contenu de la prédication. Il a expliqué que tout prédicateur devait, avant de prendre la parole, disposer d’un plan d’ensemble lui permettant de guider son auditoire et de définir clairement les objectifs intellectuels et spirituels qu’il entend poursuivre auprès des adolescents et des jeunes.

Un sermon ne doit donc pas se réduire à une succession d’idées disparates. Il doit suivre une démarche cohérente et structurée, en adéquation avec les besoins du public.

3. La qualité et l’attrait de l’expression

L’Ayatollah Arafi a ensuite insisté sur la nécessité de rendre le discours vivant et captivant. Le recours aux récits, à l’histoire, à la poésie, à la littérature, aux analyses de l’actualité et aux sujets qui retiennent l’attention de la société peut contribuer à susciter davantage l’intérêt du public.

Il a toutefois rappelé que la recherche d’un discours attrayant devait toujours aller de pair avec la profondeur scientifique et la cohérence du contenu.

4. Mettre les enseignements religieux en lien avec les enjeux contemporains

Il a également mis l’accent sur la nécessité de relier les enseignements religieux aux questions qui se posent dans la société contemporaine.

Citant l’ouvrage « Les services réciproques de l’islam et de l’Iran » du martyr Ayatollah Motahhari, il a expliqué que le savoir-faire du prédicateur consistait précisément à présenter les enseignements fondamentaux de la religion à travers les interrogations et les sujets qui préoccupent la société d’aujourd’hui.

Pour y parvenir, les prédicateurs doivent connaître les enjeux sociaux, culturels et intellectuels de leur époque et approfondir leur connaissance du Coran et des traditions rapportées du Prophète et des Ahl al-Bayt. Ils pourront ainsi apporter des réponses documentées et adaptées aux besoins de la société.

5. Adopter une démarche active et novatrice

Enfin, l’Ayatollah Arafi a présenté l’esprit d’initiative et l’innovation comme des qualités essentielles à une prédication efficace.

Il a estimé que les prédicateurs ne devaient ni céder à la passivité ni faire preuve de faiblesse face aux offensives intellectuelles et culturelles. Ils doivent au contraire s’appuyer sur une foi solide, une connaissance approfondie et une véritable maîtrise des sujets abordés, afin non seulement de répondre aux interrogations, mais aussi d’expliquer et de critiquer les fondements intellectuels et culturels des courants auxquels ils sont confrontés.

La confrontation des visions du monde entre la République islamique et l’Occident

Abordant les divergences entre la République islamique et l’Occident, l’Ayatollah Arafi a souligné que celles-ci ne se limitaient pas à certaines questions ou manifestations de la vie quotidienne, mais concernaient avant tout les fondements de la pensée et de la connaissance.

Selon lui, l’Occident a développé, au fil de plusieurs siècles, un système de pensée fondé sur une conception matérialiste du monde et excluant la référence à Dieu. Il a estimé que la mission de la prédication consistait à faire connaître à la société et au monde la vision islamique et les enseignements des Ahl al-Bayt, en tant que modèle global et alternatif.

Réorganiser le système de prédication à l’heure des transformations mondiales

Évoquant les nouvelles possibilités apparues sur la scène internationale à la suite des récents bouleversements, ainsi que l’intérêt croissant de certains peuples pour la République islamique et les enseignements de l’islam, l’Ayatollah Arafi a appelé à réorganiser le système de prédication afin de l’adapter à cette nouvelle situation.

Il a estimé que l’ampleur des interrogations et de l’intérêt suscités à l’échelle internationale ne pouvait être prise en charge par les méthodes traditionnelles et limitées du passé. Il a donc souligné la nécessité de mettre les capacités du numérique et de l’intelligence artificielle au service de la diffusion des enseignements religieux.

Le membre du Conseil supérieur des séminaires islamiques a ajouté qu’il était désormais nécessaire de repenser l’organisation de la prédication en tenant compte de l’ampleur mondiale des transformations et des nouveaux besoins. Il a également insisté sur l’exploitation des technologies émergentes pour transmettre les connaissances religieuses et sur la nécessité d’assurer une coordination plus cohérente des activités de prédication afin d’en accroître l’efficacité.

Saluer les efforts des prédicateurs et des institutions religieuses

En conclusion, l’Ayatollah Arafi a salué les efforts des prédicateurs et des institutions engagées dans la diffusion des enseignements religieux.

Il a exprimé l’espoir que la présence de jeunes religieux motivés et engagés, ainsi que celle des acteurs du travail culturel en Iran et à l’étranger, contribue davantage à faire connaître les enseignements de l’islam, la pensée des Ahl al-Bayt et le discours de la Révolution islamique, en Iran comme dans le reste du monde.

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