jeudi 5 novembre 2026 - 12:24
Celui qui se laisse gagner par la convoitise s’avilit lui-même
Celui qui se laisse gagner par la convoitise s’avilit lui-même

Hawzah / La cupidité, le fait d’exposer inutilement ses difficultés et le manque de retenue dans ses paroles peuvent tous porter atteinte à la dignité humaine. À travers cette parole, l’Imam Ali (paix sur lui) nous invite à préserver notre dignité en cultivant le contentement, la discrétion et la maîtrise de soi.

(A. P. Hawzah) On a rapporté de l’Imam Ali (que la paix soit sur lui) dans le Nahj al-Balaghat, la sagesse 2 qu'il a dit :

أَزْرَى بِنَفْسِهِ مَنِ اسْتَشْعَرَ الطَّمَعَ، وَرَضِيَ بِالذُّلِّ مَنْ كَشَفَ عَنْ ضُرِّهِ، وَهَانَتْ عَلَيْهِ نَفْسُهُ مَنْ أَمَّرَ عَلَيْهَا لِسَانَهُ.

Celui qui se laisse gagner par la convoitise s’avilit lui-même ; celui qui dévoile sa détresse accepte l’humiliation ; et celui qui laisse sa langue commander sa personne se déconsidère lui-même. Nahj al-Balâgha, sagesse n° 2.

Dans ce hadith lumineuse, l’Imam (que la paix soit sur lui) attire notre attention, en des termes brefs et denses, sur les conséquences néfastes de trois vices moraux.

Il commence par ce passage :

أَزْرَى بِنَفْسِهِ مَنِ اسْتَشْعَرَ الطَّمَعَ

Celui qui se laisse gagner par la convoitise s’avilit lui-même.

Les personnes avides, pour parvenir à leurs fins, sont prêtes à accepter toutes les humiliations, à tendre la main à n'importe qui et à sacrifier leur propre dignité pour satisfaire leurs désirs cupides.

Dans les paroles du Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sur sa famille immaculée) nous lisons :

بِئْسَ الْعَبْدُ عَبْدٌ لَهُ طَمَعٌ يَقُودُهُ إِلَى طَبَعٍ

Quel piètre serviteur que celui dont la convoitise le conduit à l'avilissement ! Biha al-Anwar, vol. 47, p. 135

Le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui et sur sa famille immaculée) a également mis en garde contre le danger de ce défaut moral, particulièrement chez les savants. Il a dit :

إِنَّ الصَّفَا الزَّلَالَ الَّذِي لَا تَثْبُتُ عَلَيْهِ أَقْدَامُ الْعُلَمَاءِ: الطَّمَعُ

La convoitise est une pierre lisse et glissante sur laquelle les pas des savants ne sauraient trouver d'appui. Kanz al-Ommal, p. 7579

Il est étonnant de constater à quel point, lorsque la convoitise devient excessive, elle peut conduire l'être humain à accomplir des actes parfaitement insensés.

On raconte ainsi qu'un Arabe connu pour son avidité, du nom d'Ach‘ab, avait l'habitude, lorsqu'il marchait, de saisir le bas de son vêtement et de le déployer vers le ciel, en disant :

J'ai entendu dire que certains oiseaux pondent des œufs en plein vol. Peut-être l'un de ces œufs tombera-t-il dans mon vêtement !

On raconte également qu'un jour, alors qu'un groupe d'enfants le harcelait dans les rues et les marchés, il leur dit, pour s'en débarrasser :

J'ai entendu dire que, dans telle maison, on distribue des friandises !

Les enfants se précipitèrent vers cette maison. Mais, à leur grande surprise, ils virent Ach‘ab lui-même courir derrière eux pour s'y rendre. Ils lui demandèrent :

Pourquoi cours-tu donc, toi aussi ?

Il répondit :

Peut-être que ce que j'ai dit est vrai !

Que ces anecdotes soient authentiques ou non, elles illustrent les comportements honteux auxquels la convoitise peut pousser l'être humain.

À l'opposé de la convoitise se trouve le contentement de ce que l'on possède, qui est une source de dignité pour l'être humain. Comme l'a déclaré le Commandeur des croyants, l'Imam Ali (que la paix soit sur lui) :

قَدْ عَزَّ مَنْ قَنِعَ

Celui qui sait se contenter de ce qu'il possède acquiert la dignité. Ghurar al-Hikam, vol. 1, p .492

Dans le deuxième passage de cette sagesse, le Commandeur des croyants, l'Imam Ali (que la paix soit sur lui), déclare :

وَرَضِيَ بِالذُّلِّ مَنْ كَشَفَ عَنْ ضُرِّهِ

Celui qui dévoile ses difficultés accepte l'humiliation.

Lorsqu'une personne expose ses souffrances à un médecin afin de recevoir un traitement, ou qu'elle expose devant un juge l'injustice dont elle a été victime afin d'obtenir réparation, ou encore lorsqu'elle parle de ses difficultés à un ami pour lui demander une aide financière, elle ne commet aucun acte répréhensible. Dans chacun de ces cas, elle cherche simplement à trouver une solution à son problème.

En revanche, étaler ses difficultés devant des personnes qui n'ont aucun moyen de les résoudre n'a d'autre effet que d'exposer l'individu à l'humiliation et à la perte de sa dignité.

Dans de telles circonstances, il convient de faire preuve de retenue et de ne pas céder à l'envie de se plaindre.

Dans le troisième passage de cette sagesse, l'Imam (que la paix soit sur lui) affirme :

وَهَانَتْ عَلَيْهِ نَفْسُهُ مَنْ أَمَّرَ عَلَيْهَا لِسَانَهُ

Celui qui laisse sa langue commander sa personne voit sa propre valeur diminuer.

Laisser sa langue prendre le commandement signifie la soustraire au contrôle de la raison et de la réflexion, au point de dire tout ce qui vient à l'esprit, sans discernement ni retenue.

Il est évident que les paroles qui ne procèdent ni de la réflexion, ni de la raison, ni de la piété peuvent, dans bien des circonstances, engendrer des conséquences dangereuses que l'être humain sera incapable de réparer. Elles peuvent notamment blesser des personnes respectables, provoquer des désaccords au sein de la société et susciter de la rancœur et de l'hostilité à l'égard de celui qui parle, voire d'autres personnes.

En accord avec cette recommandation, l'Imam Ali (que la paix soit sur lui) déclare dans une autre parole :

مَنْ كَثُرَ كَلَامُهُ كَثُرَ خَطَؤُهُ

Celui qui parle beaucoup commet beaucoup d'erreurs. Nahj al-Balâgha, sagesse n° 349.

Lorsque les erreurs de langage se multiplient, il est naturel que la personne perde progressivement de sa considération et que ses paroles perdent leur valeur aux yeux des autres.

Donc l'homme raisonnable doit placer sa langue sous l'autorité de sa raison, et non soumettre sa raison aux impulsions de sa langue. Car la première attitude conduit au bonheur, tandis que la seconde est une source d'avilissement.

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