Yémen (A.P.Hawzah) – Abdelaziz Saleh ben Habtour, une personnalité politique yéménite, a consacré un article publié dans le quotidien yéménite 26 Septembre à la situation du peuple iranien et aux différentes dimensions de la résistance de l’Iran face aux attaques américaines et israéliennes.
L’Iran, un peuple debout sous le feu de la guerre
Une offensive de grande ampleur a été lancée. Des infrastructures ont été prises pour cible, des pertes humaines ont été enregistrées et les pressions militaires et économiques se sont intensifiées. L’objectif était de mettre l’Iran à genoux et de modifier ses équilibres politiques. Pourtant, les événements qui ont suivi ne se sont pas limités au champ de bataille. L’Iran est resté au cœur des développements régionaux, tandis que la guerre a pris une dimension dépassant les frontières du pays.
Les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026 visaient des objectifs allant bien au-delà de l’affaiblissement de ses capacités militaires. La transformation de la structure politique, religieuse et administrative du pays, ainsi que l’arrêt de son programme nucléaire, figuraient parmi les objectifs avancés pour justifier cette opération. Toutefois, la poursuite des activités des institutions iraniennes et la réorganisation des structures politiques, sécuritaires et militaires ont montré que, malgré les lourdes pressions liées à la guerre, le fonctionnement de l’État iranien s’était poursuivi.
Des infrastructures sous le feu, une population au cœur de la crise
Parallèlement à l’affrontement militaire, les pertes humaines et les destructions d’infrastructures civiles ont révélé le visage tragique de la guerre. Des écoles, des universités, des mosquées, des hôpitaux, des ponts et des ports figurent parmi les sites dont les dégâts ont été signalés dans les comptes rendus relatifs aux attaques. Les conséquences de ces destructions ne se limitent pas aux bâtiments : elles affectent également la vie quotidienne de la population.
Pour autant, dans ce récit, l’Iran n’apparaît pas uniquement comme un pays meurtri par la guerre. Il est aussi présenté comme une société dans laquelle, au cœur de la crise, la présence de la population et ses liens avec les institutions nationales sont devenus des facteurs importants de l’évolution de la situation. La mobilisation populaire et le soutien apporté aux dirigeants et aux institutions du pays sont ainsi considérés comme des signes de cohésion sociale dans des circonstances particulièrement difficiles.
Une puissance qui répond sur le terrain
L’affrontement militaire a également mis en lumière une autre dimension des capacités iraniennes. Les frappes de missiles et de drones menées par l’Iran contre des positions américaines dans la région ont constitué une partie de sa réponse militaire aux attaques. Cette riposte a placé les équilibres sécuritaires régionaux au centre de l’attention.
Dans de telles circonstances, la puissance d’un pays ne peut être évaluée uniquement à l’aune des dommages qu’il a subis. Sa capacité à poursuivre le fonctionnement de ses institutions, à préserver sa cohésion intérieure et à répondre aux menaces contribue également à définir son potentiel. Au milieu de cette confrontation, l’Iran est resté l’un des principaux acteurs des équilibres régionaux.
Le détroit d’Ormuz, un passage stratégique que le monde ne peut ignorer
L’importance de l’Iran ne se limite pas à ses frontières géographiques. Le détroit d’Ormuz, l’un des principaux passages stratégiques pour le transport mondial de l’énergie, établit un lien direct entre les évolutions régionales et l’économie internationale.
Le pétrole, le gaz, les produits pétrochimiques et les matières premières nécessaires à l’agriculture figurent parmi les marchandises dont l’acheminement dépend des routes maritimes de cette région. Toute perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz peut affecter les marchés mondiaux, faire augmenter les coûts du transport et de l’énergie et imposer de nouvelles pressions économiques à différents pays.
Les répercussions de la guerre dépassent ainsi largement les champs de bataille. Des marchés de l’énergie au commerce mondial, en passant par le coût de la vie des populations dans des pays proches ou lointains, de nombreux secteurs peuvent être affectés par les développements survenus dans cette voie maritime stratégique. Cette réalité montre que la place de l’Iran dans les équilibres régionaux est également liée à sa position géographique, à la sécurité énergétique et à l’économie mondiale.
Le discours d’une victoire facile confronté au coût élevé de la guerre
Les déclarations de Donald Trump concernant les résultats de la guerre ont également fait l’objet de critiques. Selon l’analyse présentée, malgré l’ampleur des attaques et les dégâts occasionnés, les objectifs stratégiques des États-Unis et d’Israël n’auraient pas été atteints comme prévu.
Par ailleurs, la présence de bases militaires américaines dans plusieurs pays de la région est présentée comme un facteur susceptible d’exposer la sécurité de ces États aux conséquences de la confrontation. Être intégré à la dynamique d’un conflit militaire ne signifie pas nécessairement être à l’abri de ses répercussions, en particulier lorsque la crise dépasse les frontières d’un pays et affecte la sécurité régionale.
L’Iran, bien au-delà d’un simple champ de bataille
Les enseignements de ces événements vont bien au-delà du nombre d’attaques et des pertes militaires. Ils portent sur la capacité d’un pays à préserver sa cohésion, à poursuivre le fonctionnement de ses institutions et à résister aux pressions extérieures. Cette question est étroitement liée à l’indépendance politique et à la volonté d’un peuple de déterminer lui-même son destin.
Dans cette confrontation, l’Iran s’est non seulement retrouvé au centre des développements militaires et politiques de la région, mais sa position stratégique et l’importance du détroit d’Ormuz ont également étendu les conséquences de la guerre au domaine de l’économie mondiale. Dans ce contexte, évaluer la puissance et la place de l’Iran sans tenir compte du rôle de sa population, de ses capacités de défense et de son influence régionale ne permettrait pas de rendre pleinement compte de la réalité de cet affrontement.




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