Gaza (A.P.Hawzah) – Après la destruction de sa bibliothèque dans le nord de la bande de Gaza, Mohammed Saad, un citoyen palestinien, est parvenu à extraire près de 12 000 livres des décombres. Il en a transporté une partie à Deir al-Balah, où il a installé une bibliothèque sous une tente. Une initiative destinée à réintroduire les livres et la lecture dans la vie des enfants privés d’accès aux ressources éducatives.
Âgé de 54 ans, Saad consacrait depuis plus de 35 ans ses efforts à la collecte de livres. Il avait ainsi constitué une collection comptant des dizaines de milliers de titres. Mais, le 7 décembre 2023, sa bibliothèque a été détruite à la suite d’une attaque contre le bâtiment. De retour sur les lieux, il a entrepris de fouiller les décombres et a réussi à en extraire près de 12 000 ouvrages.
Après avoir transféré une partie de ces livres à Deir al-Balah, il y a fondé une bibliothèque baptisée « Athar ». Les ouvrages récupérés y sont nettoyés et restaurés dans la mesure du possible. Certains sont ensuite proposés aux enfants à des prix très abordables.
Omar Hamad, un jeune Palestinien de 30 ans, s’est lui aussi engagé dans la récupération des livres ayant survécu à la destruction des bibliothèques. Avec son équipe, il a réussi à sauver environ 3 000 ouvrages. Certains ont été extraits des décombres, tandis que d’autres ont été donnés ou achetés auprès de familles.
Parmi les ouvrages récupérés figure un exemplaire de La Nakba palestinienne, publié en 1956 et retrouvé dans les décombres de la bibliothèque de l’Université islamique de Gaza, elle aussi détruite.
Jamil Miqdad, un relieur palestinien de 71 ans qui compte plus de 45 ans d’expérience dans la reliure et la restauration de livres, contribue à la remise en état des ouvrages endommagés. Selon l’importance des dégâts, la restauration d’un livre peut prendre de deux jours à une semaine. Cette tâche est d’autant plus difficile que la forte hausse du prix des matériaux nécessaires complique les opérations de restauration.
Hamad a également créé une bibliothèque baptisée « Al-Finiq », où les ouvrages sont prêtés aux lecteurs intéressés au lieu d’être vendus. La collection comprend des livres de littérature, de sciences, d’histoire, de médecine et de droit, ainsi que des ouvrages destinés aux enfants.
L’un des livres sauvés a finalement été remis à Aya al-Shawa, une écolière palestinienne de 10 ans. Elle continue de lire alors que de nombreuses écoles de Gaza ont été détruites ou endommagées et qu’un grand nombre d’enfants n’ont plus accès à un enseignement régulier en présentiel.
Les efforts de ces Palestiniens ne se limitent pas à extraire des livres des décombres. En les nettoyant, en les restaurant et en facilitant leur accès aux lecteurs, ils s’emploient à remettre ces ouvrages en circulation et à préserver la flamme de l’éducation et de la culture, malgré les conditions de vie particulièrement difficiles dans la bande de Gaza.





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