(A.P.Hawzah) – Le Dr Islam Özkan, professeur à l’Université de Marmara, en Turquie, s’exprimait lors de la quatrième conférence internationale « Bi‘tha de la Oumma de Mohammad », organisée par l’Assemblée mondiale Qademoun le mercredi 7 octobre 2026. Insistant sur la notion de « Bi‘tha de la Oumma », il a déclaré que la situation actuelle du monde musulman exigeait de dépasser le réveil de peuples dispersés pour s’engager consciemment dans une nouvelle étape : celle de la « Bi‘tha de la Oumma de Mohammad ». À ce stade, les peuples musulmans doivent aller au-delà de la simple solidarité pour parvenir à une coopération concrète sur les plans pratique, culturel, politique et opérationnel.
Évoquant les dernières paroles du « Guide martyr » au sujet de la « Bi‘tha des peuples », Islam Özkan a expliqué que la Bi‘tha, dans son sens originel et profond, ne se réduisait pas à un événement historique. Elle constitue un mouvement permanent visant à éveiller la conscience humaine et à renouveler sans cesse l’esprit de foi face à l’accumulation des ténèbres et à l’hégémonie des puissances arrogantes.
Islam Özkan a ajouté que le sang versé et les souffrances endurées par les peuples musulmans ne les avaient ni affaiblis ni poussés à la capitulation. Au contraire, ces épreuves étaient devenues le moteur d’un nouvel éveil des peuples, insufflant un esprit de résistance et de dignité à des générations que leurs ennemis croyaient plongées dans l’insouciance et brisées moralement.
Poursuivant son intervention, le professeur de l’Université de Marmara a évoqué ce qu’il a qualifié de « signes de cet éveil » dans différentes régions du monde musulman. Selon lui, cette dynamique se manifeste en Iran, à travers la fermeté et la persévérance du peuple dans la défense de ses principes ; au Liban, à travers la résistance islamique et le Hezbollah ; en Irak, à travers la présence des Forces de mobilisation populaire dans la défense des lieux saints, de la dignité et du territoire ; et au Yémen, à travers la résistance d’Ansar Allah et du peuple yéménite en soutien aux causes du monde musulman.
Islam Özkan a décrit la Palestine comme le joyau de la couronne de ces différents fronts. Il a affirmé que le peuple palestinien se tenait en première ligne de la résistance et qu’à travers le sang versé, la patience et la persévérance, il écrivait une épopée humaine et spirituelle qui dévoilait le véritable visage de l’injustice et de l’hégémonie.
Il a souligné que ces fronts ne devaient pas être considérés comme des îlots isolés les uns des autres. Ils témoignent, selon lui, d’une unité d’esprit et de destin et montrent que les barrières artificielles érigées pour diviser et disperser la Oumma islamique sont en train de s’effondrer.
Estimant que le monde musulman se trouvait à un moment particulièrement sensible et décisif de son histoire, Islam Özkan a déclaré que la responsabilité des musulmans allait aujourd’hui bien au-delà de la compassion et des déclarations de soutien. Il a appelé à passer du stade du réveil de peuples dispersés à celui de la « Bi‘tha de la Oumma de Mohammad ».
Il a poursuivi en expliquant que la « Bi‘tha de la Oumma de Mohammad » signifiait avant tout prendre conscience d’une vérité fondamentale : toute menace visant Jérusalem, Gaza, Sanaa, Bagdad, Istanbul, Beyrouth ou Téhéran constitue une menace contre l’identité, l’indépendance de décision et la souveraineté des musulmans.
Islam Özkan a appelé à dépasser la « simple solidarité émotionnelle » pour s’engager dans une coopération concrète sur les plans pratique, culturel, politique et opérationnel. Il a estimé que la Oumma islamique devait sortir du cercle des réactions ponctuelles et prendre l’initiative de bâtir un projet de civilisation islamique et humaine, fondé sur la justice et la lutte contre l’esprit de résignation et le sentiment de défaite.
Le professeur de l’Université de Marmara a également insisté sur le fait que cette démarche ne se limitait pas au domaine militaire. Il a souligné l’importance des champs intellectuel et médiatique, de la parole publique et des rencontres de dialogue, rappelant que les élites, les penseurs et les jeunes conscients des enjeux étaient investis d’une responsabilité majeure.
Il a jugé essentiel le rôle de ces acteurs dans la lutte contre la guerre psychologique et médiatique, le renforcement des liens entre les peuples musulmans et la réduction des divisions alimentées par l’ignorance et le fanatisme. Il a ajouté que les idées, les échanges et les aspirations devaient se traduire par des mécanismes durables permettant de soutenir la résistance, de contrer les récits hégémoniques et de faire émerger une conscience collective.
En conclusion, évoquant la mort de dirigeants et de figures de la résistance, Islam Özkan a déclaré que ces sacrifices et le sang versé constituaient des lumières guidant la poursuite du chemin. « Aussi longue et difficile que soit la nuit, les signes de l’aube apparaissent à l’horizon », a-t-il affirmé.
Réaffirmant que les peuples demeuraient vivants et invincibles, Islam Özkan a insisté sur la nécessité d’assumer cette responsabilité historique et d’avancer ensemble sur la voie de la « Bi‘tha de la Oumma ». Il a appelé la communauté musulmane à surmonter ses divisions et à unir ses forces afin de retrouver sa place dans le monde et de contribuer à l’avènement de la justice à l’échelle mondiale.




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