mercredi 23 septembre 2026 - 09:36
Bahreïn : « Soulèvement populaire » contre les restrictions visant les chiites

Hawzah/Les appels à un vaste mouvement de protestation à Bahreïn contre les restrictions visant les rites et les convictions des chiites se multiplient.

Bahreïn (A.P.Hawzah) – Les appels lancés sur les réseaux sociaux en faveur d’un vaste mouvement de protestation à Bahreïn, sous le slogan « Soulèvement du peuple », se multiplient. Ils dénoncent les persécutions visant les chiites ainsi que les mesures prises par les autorités au pouvoir pour restreindre leurs rites et leurs convictions religieuses dans le pays.

Le comité à l’origine de cet appel a publié une première déclaration, expliquant que la préparation de ce mouvement répondait à un sentiment de responsabilité face aux souffrances endurées par la population, mais aussi face aux restrictions des libertés, aux ingérences dans les affaires religieuses et au ciblage des oulémas et des personnalités intellectuelles qui les accompagnent.

Le comité a réaffirmé le rejet populaire de l’injustice, de la marginalisation et du ciblage systématique des chiites, ainsi que l’attachement au droit du peuple à la dignité, à la justice et à la liberté. Il a précisé que ce mouvement ne constituait pas un appel au chaos ou à la violence, mais l’expression d’une voix populaire consciente, déterminée à revendiquer ses droits par des moyens pacifiques et responsables. Il affirme également que la dignité, la liberté et le droit de chacun à pratiquer ses rites religieux sont des droits qui ne sauraient faire l’objet de marchandage.

Le comité a appelé les autorités bahreïnies à mettre fin aux restrictions visant les rites et pratiques religieuses, aux persécutions systématiques contre la communauté chiite, ainsi qu’aux politiques de discrimination, de marginalisation et de ciblage. Il a également demandé que soient pleinement garantis l’égalité des droits et des devoirs, le respect des oulémas et des religieux, ainsi que leur protection contre tout ciblage lié à leurs positions ou à leurs opinions.

Le comité a par ailleurs insisté sur la nécessité de libérer les personnes détenues pour des affaires liées à l’expression de leurs opinions, dans le respect des garanties de la justice et de la loi. Il a également appelé à garantir la liberté d’expression et de réunion pacifique, à instaurer la justice et l’égalité entre tous les citoyens, à mettre fin à toute forme de discrimination ou de marginalisation et à ouvrir la voie à un dialogue sérieux et responsable afin de s’attaquer aux causes des tensions et de construire un avenir plus juste et plus stable.

La déclaration souligne que ce mouvement n’est dirigé ni contre un autre peuple ni contre une autre communauté et qu’il ne constitue en aucun cas un appel à la haine. Il vise, au contraire, à défendre la dignité, les droits et la justice et à refuser que les restrictions, les arrestations et les interdictions deviennent une pratique banalisée. Le peuple, affirme le comité, fera entendre sa voix dans un esprit pacifique, avec conscience, unité et sens des responsabilités. Les divergences d’opinion ne sauraient, selon lui, justifier une atteinte à la dignité humaine ou la confiscation des droits des citoyens.

Le comité a ajouté que cette étape ne marquait pas la fin de la mobilisation, mais le début d’un mouvement populaire, conscient et pacifique. « Ce n’est pas le cri d’un individu, mais la voix d’un peuple qui revendique son droit à la dignité, à la justice et à la liberté », précise la déclaration.

L’un des membres du comité organisateur de ce mouvement a déclaré au site d’information « Manama Post » que les autorités bahreïnies étaient allées trop loin dans le ciblage des citoyens chiites et avaient ouvert des canaux semi-officiels pour les inciter à leur encontre, notamment par la délation et les insultes.

Il a également affirmé qu’après l’arrestation de plusieurs hauts dignitaires religieux et les campagnes de dénigrement menées contre eux dans les médias d’État, les autorités avaient lancé des campagnes d’arrestations arbitraires visant des citoyens chiites. Il a aussi accusé les autorités de chercher à prendre le contrôle des biens de mainmorte jaafarites (awqaf jaafarites) et à exercer une emprise sur le discours religieux, les chaires husseinites et les processions de deuil.

Il a enfin déclaré que les rites religieux, les convictions et les religions constituaient des lignes rouges qu’aucune autorité ne devrait franchir. Selon lui, les pays développés accordent une grande importance au respect de ces principes, alors qu’à Bahreïn et dans la région du Golfe, de telles lignes rouges ne seraient pas respectées par les régimes au pouvoir, qu’il qualifie de réactionnaires.

« Notre sens des responsabilités nous impose d’agir sans attendre pour mettre fin à cette mascarade gouvernementale, préserver l’identité des générations futures et faire face à tout projet suspect et dangereux visant notre religion, nos convictions et notre identité religieuse », a-t-il conclu.

Bahreïn : « Soulèvement populaire » contre les restrictions visant les chiites

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