Bahreïn (A.P.Hawzah)– Les oulémas de Bahreïn ont publié une déclaration dans laquelle ils mettent en garde le régime des Al-Khalifa contre la voie hostile à la religion qu’il a engagée, soulignant que cette menace existentielle grave vise clairement la confession, les croyances et les rites religieux.
Le texte de la déclaration est le suivant :
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
« إِنِ الْحُکْمُ إِلاَّ لِلَّـهِ أَمَرَ أَلاَّ تَعْبُدُوا إِلاَّ إِیَّاهُ ذلِکَ الدِّینُ الْقَیِّمُ وَلکِنَّ أَکْثَرَ النَّاسِ لا یَعْلَمُونَ »
(Le jugement n’appartient qu’à Dieu. Il a ordonné que vous n’adoriez que Lui. Telle est la religion droite, mais la plupart des gens ne savent pas.)
Les affaires de l’être humain et de la vie ne peuvent être correctement organisées, pas plus que la situation d’une société ne peut être réformée, lorsque sa trajectoire est déviante ou contraire à la religion droite de Dieu, à plus forte raison lorsqu’elle manifeste une hostilité à l’égard de l’une de ses croyances, de ses principes, de ses prescriptions, de ses lois ou de ses rites.
Cette conviction islamique est une question sur laquelle deux musulmans ne sauraient diverger, et le Saint Coran ainsi que la noble Sunna, unanimement reconnue, l’établissent explicitement.
C’est avec une profonde sollicitude pour notre chère patrie, Bahreïn, qui, tout au long de son histoire, n’a connu d’autre religion que l’islam, que nous lançons, avec le plus grand sérieux et le sens plein de nos responsabilités, une mise en garde contre la voie hostile à la religion que le régime a empruntée avec une audace inquiétante et une menace existentielle d’une extrême gravité. Nous ressentons clairement cette menace comme visant la confession, les croyances, les rites religieux et tout ce qui, sur le plan religieux, nous concerne.
Cette situation résulte d’une série de projets et de décisions systématiques du régime qui, à un rythme croissant, ont atteint un niveau de menace tel que la religion et la foi se trouvent désormais placées dans une situation critique, dont les conséquences seront désastreuses pour l’ensemble du pays.
Parmi les épisodes de cette série [de mesures], figure le fait que le régime a porté la main sur les biens de mainmorte jaafarites (waqfs jaafarites), les husseiniyas, les lieux de commémoration funèbre, les mosquées et leurs cimetières, en plaçant leur gestion sous l’autorité d’un unique conseil gouvernemental présidé par l’un des ministres de l’État. Cette mesure constitue une violation d’une pratique établie depuis des décennies, selon laquelle l’indépendance des affaires des biens de mainmorte à l’égard de la domination des politiques séculières avait été reconnue et respectée.
La situation est allée jusqu’à rendre les décisions de ce conseil contraignantes pour les superviseurs et les administrateurs des biens religieux, le droit de les nommer et de les révoquer étant désormais confié à l’appareil politique officiel et à des décisions contraires à la noble charia. Une telle démarche dépasse les conditions fixées par les donateurs pieux (waqif) et les dispositions de leurs actes constitutifs, lesquels revêtent à nos yeux la valeur d’un texte religieux juridiquement contraignant. Nul n’a le droit de les enfreindre ou de les contourner, sauf en vertu d’un droit religieux explicite.
Il s’agit d’une mesure ouvertement agressive contre la « tutelle religieuse légitime », dont la légitimité procède uniquement du donateur et de la condition qu’il a fixée, ou de l’autorité du jurisconsulte religieux compétent, et non d’une décision administrative ou d’une prééminence de l’appareil exécutif.
Cette démarche revient à donner à une institution politique le pouvoir de disposer du destin de la religion, de ses rites et de ses biens de mainmorte. Elle ouvre une voie dangereuse vers la transformation des maisons de Dieu et des lieux de commémoration funèbre en institutions dépendantes de l’État, soumises à ses calculs et à ses intérêts, et éloignées des objectifs fixés par les donateurs ainsi que des prescriptions de la brillante charia.
Dans le même contexte, leur dernière décision injuste a consisté à enchaîner et à restreindre la parole religieuse ainsi que la voix libre de la religion dans tous les domaines de la vie, de l’enseignement, de l’apprentissage, de la prédication, de l’exhortation, de l’appel à la foi et de toutes les activités qui s’y rattachent, en les soumettant désormais à l’autorisation et à l’agrément de l’État.
Il s’agit là d’une véritable hostilité à la religion et d’une étatisation de celle-ci, au lieu de se soumettre à ses prescriptions, comme Dieu Tout-Puissant l’a ordonné. C’est Lui auprès duquel il n’existe de bien, de réforme véritable ni de guidée que dans l’obéissance à Ses commandements et dans l’organisation de la vie conformément à Ses prescriptions et à Ses lois.
Cette décision est également contraire aux dispositions de la Constitution relatives à la liberté religieuse, ainsi qu’aux usages et traditions du pays, dont les racines plongent profondément dans l’histoire et qui se sont transmis de génération en génération, notamment l’indépendance des mosquées, des husseiniyas et des activités religieuses à l’égard des décisions, ingérences et volontés des politiques séculières.
Plus encore, cette décision détruit et confisque l’ensemble de la réalité existante et de l’héritage transmis dans le pays en ce qui concerne l’islam, ainsi que la préservation de sa pérennité et de sa pureté.
Nous appelons à la raison et à l’annulation de cette série de décisions qui mettent des chaînes aux mains et aux pieds de la religion, car leur aboutissement sera immanquablement catastrophique et destructeur.
La situation du pays ne pourra être rétablie qu’en s’attachant à la religion, en faisant revivre ses prescriptions et ce que Dieu Tout-Puissant y a prescrit en matière de justice et d’octroi au peuple de ses droits politiques et économiques légitimes qui ne sauraient lui être retirés, ainsi qu’en garantissant la dignité et la liberté du peuple — des valeurs indissociables de la dignité de la religion et de sa liberté religieuse.
Elle ne pourra certainement pas être rétablie en privant davantage le peuple de ses droits, en piétinant sa dignité et en confisquant ce qui subsiste de l’espace limité dont dispose la religion dans le pays !





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