jeudi 10 septembre 2026 - 18:46
Aider les plus démunis, un principe fondamental de l’islam

Hawzah/Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi, prédicateur de la prière du vendredi à New Delhi, a mis en garde contre le gaspillage et le goût excessif du luxe, soulignant que la modération dans la consommation, l’attention portée aux besoins de la famille et le soutien aux personnes démunies comptent parmi les enseignements et les principes fondamentaux de l’islam.

Inde (A.P.Hawzah)– Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi, directeur du séminaire islamique Jamiat al-Shuhada et imam de la prière du vendredi de la mosquée Jami Masjid Kashmiri de New Delhi, a insisté sur la nécessité d’observer la modération dans la vie quotidienne. Il a qualifié le gaspillage et la dilapidation des biens de maux importants, tant sur le plan individuel que social, et a souligné la nécessité de faire un usage juste et responsable des bienfaits et des richesses accordés par Dieu.

Évoquant les enseignements islamiques relatifs à l’utilisation des biens et des richesses, il a déclaré que chacun devait veiller à la manière dont il dépense ses ressources et ses moyens, et s’abstenir de consacrer son argent à des dépenses inutiles, inappropriées ou dépourvues de véritable objectif.

Ce religieux indien a expliqué que les biens et les richesses constituent à la fois un don divin et un dépôt confié à l’être humain. Il a ajouté que celui qui bénéficie de ces bienfaits et de cette richesse doit en prendre soin, investir son capital dans des voies utiles et appropriées et ne pas laisser ses biens se perdre inutilement et sans objectif.

La différence entre l’excès et la dilapidation selon les enseignements islamiques

Le directeur du séminaire islamique Jamiat al-Shuhada a ensuite expliqué la différence entre les notions d’« excès » (isrâf) et de « dilapidation » (tabdhîr). Il a déclaré que l’isrâf consiste à dépasser les limites de la modération dans la consommation et les dépenses, tandis que le tabdhîr désigne le fait de dépenser ses biens dans un domaine où il n’est fondamentalement ni juste ni convenable de les consacrer.

Il a ajouté qu’à titre d’exemple, une personne qui dépense, lors d’une cérémonie de mariage, bien davantage que ce qui est habituel peut tomber dans l’excès. En revanche, si elle consacre ses biens à des activités mauvaises, illicites ou contraires aux prescriptions de la loi islamique, son comportement relève de la dilapidation.

Le goût du luxe et les dépenses ostentatoires : un mal social

Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi a également critiqué la progression du goût du luxe et des dépenses ostentatoires dans la société. Il a déclaré que certaines personnes consacrent des sommes considérables à des dépenses inutiles afin d’attirer l’attention et de susciter l’admiration des autres, alors que cette attention et ces éloges sont généralement éphémères, tandis que les conséquences financières de telles dépenses peuvent peser longtemps sur la vie de la personne et de sa famille.

Il a poursuivi : l’organisation de cérémonies extrêmement coûteuses, le recours à des décorations luxueuses et la réalisation de dépenses superflues peuvent certes susciter, pendant un certain temps, la notoriété et les conversations au sein de la société, mais cette attention disparaît très rapidement. Il n’est donc pas convenable qu’une personne dépense son capital pour obtenir la satisfaction et l’admiration momentanées des autres.

Les conséquences économiques et spirituelles du gaspillage

L’imam de la mosquée Jami Masjid Kashmiri a souligné que les conséquences du gaspillage ne se limitaient pas aux pertes économiques. Lorsque quelqu’un consacre une part importante de ses biens à des dépenses inutiles et sans véritable bénéfice, il peut ensuite rencontrer des difficultés pour répondre aux besoins réels de la vie, assumer ses responsabilités familiales et venir en aide aux pauvres et aux personnes démunies.

Il a ajouté que la bénédiction attachée aux biens ne dépend pas uniquement de leur quantité, mais aussi, et dans une large mesure, de la manière dont ils sont utilisés et dépensés. Une personne qui fait preuve de modération dans ses dépenses et donne la priorité aux besoins réels plutôt qu’aux désirs superflus crée les conditions lui permettant de mieux tirer profit des bienfaits divins.

Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi a également considéré que le fait de négliger les droits des personnes démunies tout en consacrant d’importantes sommes à des dépenses luxueuses constituait un signe de mauvaise utilisation des biens. Il a déclaré qu’il n’était pas convenable qu’une personne engage de lourdes dépenses pour afficher sa richesse et obtenir l’admiration des autres, tout en négligeant les droits des pauvres, des personnes dans le besoin et même de ses propres proches.

Il n’est pas acceptable de choisir uniquement les prescriptions religieuses qui nous arrangent

Poursuivant son intervention, il a insisté sur la nécessité d’adhérer pleinement aux enseignements religieux. Il a déclaré qu’une personne ne devait pas se limiter aux prescriptions et aux enseignements religieux qui correspondent à ses intérêts et à ses aspirations personnels, mais qu’elle devait accepter l’ensemble des commandements divins et les mettre en pratique dans sa vie.

Il a ajouté qu’il ne fallait pas choisir les prescriptions divines en fonction de ses préférences personnelles ou de ses intérêts individuels. Le véritable croyant est, selon lui, celui qui se soumet aux commandements de Dieu et fait des enseignements de la religion le critère de ses comportements et de ses décisions.

La générosité doit elle aussi s’accompagner de mesure et de discernement

Le directeur du séminaire islamique Jamiat al-Shuhada, évoquant la nécessité d’associer même les bonnes actions au discernement et à la modération, a déclaré que la générosité ne signifiait pas qu’une personne devait remettre tous ses biens à autrui sans tenir compte de ses propres conditions de vie, puis oublier ses responsabilités envers elle-même et sa famille.

Il a souligné que chacun devait adapter ses dépenses à ses revenus, à ses capacités financières et à ses conditions de vie. Tout en venant en aide aux autres, il devait également tenir compte de ses besoins essentiels et de ceux de sa famille, car la bienfaisance ne peut être durable et véritablement féconde que lorsqu’elle s’accompagne de discernement et de modération.

La nécessité de hiérarchiser les dépenses de la vie quotidienne

Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi a également insisté sur la nécessité d’établir des priorités dans les dépenses de la vie quotidienne. Il a déclaré qu’une personne devait avant toute chose prendre en considération ses besoins fondamentaux et ceux de sa famille, et donner la priorité aux dépenses nécessaires plutôt qu’aux dépenses luxueuses et superflues.

Il a ajouté que les dépenses essentielles de la famille, l’éducation et la scolarité des enfants, la satisfaction des besoins réels du foyer et l’aide aux personnes démunies devaient figurer parmi les priorités. Il ne convient donc pas qu’une personne dépense des sommes importantes pour organiser une réception ou une cérémonie coûteuse tout en négligeant l’éducation de ses enfants, les besoins essentiels de sa famille ou l’aide aux personnes dans le besoin.

Le Coran met en garde contre la dilapidation

Poursuivant son intervention, l’imam de la mosquée Jami Masjid Kashmiri, citant le verset coranique : « إِنَّ الْمُبَذِّرِینَ کَانُوا إِخْوَانَ الشَّیَاطِینِ » (Les gaspilleurs sont les frères des démons), tiré de la sourate Al-Isra, a mis en garde contre les conséquences de la dilapidation et du gaspillage des biens. Il a déclaré que le Saint Coran qualifiait ceux qui dilapident leurs biens de « frères des démons ».

Il a souligné que cette expression coranique témoigne de l’importance accordée, dans la perspective islamique, à la question de la consommation et à la manière dont les biens sont utilisés. Le musulman doit se sentir responsable de ses biens et les employer dans une voie juste et conforme à ce qui plaît à Dieu.

L’islam n’encourage ni l’avarice ni le gaspillage

En conclusion de son intervention, Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi a rappelé que, de même que l’avarice et le refus de dépenser pour les besoins nécessaires et les œuvres de bienfaisance ne sont pas justes, le gaspillage et les dépenses excessives ne sont pas davantage approuvés par l’islam.

Il a insisté sur le fait que l’islam invite l’être humain à suivre une voie médiane et à observer la modération dans sa vie. Il ne faut donc pas consacrer ses ressources et ses biens à des dépenses inutiles dans le seul but d’obtenir la satisfaction et l’admiration éphémères des autres. La satisfaction de Dieu, les besoins de la famille, l’aide aux pauvres et aux personnes démunies, l’éducation ainsi que le développement scientifique et culturel et l’intérêt général de la société doivent, au contraire, être placés au premier rang des priorités.

Enfin, Hodjatoleslam Sayyed Mohsen Taqavi a prié Dieu Tout-Puissant de préserver tous les musulmans du gaspillage, de la dilapidation et de tout excès dans leur vie, de bénir leurs biens et de leur accorder à tous la grâce de mettre en pratique les enseignements du Saint Coran et de l’école des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux).

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