jeudi 10 septembre 2026 - 18:44
L’Irak a besoin d’un gouvernement qui sauve son peuple et préserve sa souveraineté

Hawzah/L’ayatollah Sayyed Yassine al-Moussavi, imam du vendredi de Bagdad, a critiqué les politiques économiques et les performances politiques de certains responsables, soulignant la nécessité de former un gouvernement populaire, juste et indépendant de toute ingérence étrangère.

Irak (A.P.Hawzah)– L’ayatollah Sayyed Yassine al-Moussavi, imam du vendredi de Bagdad et éminent enseignant du séminaire religieux de Najaf, a déclaré, dans son sermon politique prononcé le 4 septembre 2026, que l’Irak est aujourd’hui confronté à une crise de transparence et à une incertitude concernant le programme du prochain gouvernement. Il a souligné que la construction de l’État ne devait pas constituer une fin en soi, mais qu’elle devait nécessairement s’accompagner de la réalisation de la justice, car un gouvernement dépourvu de justice perd sa raison d’être et sa finalité.

Évoquant ensuite les répercussions des politiques gouvernementales, désormais clairement visibles dans le domaine économique, l’ayatollah al-Moussavi a critiqué la poursuite de certaines politiques et mesures, estimant que celles-ci exercent une pression supplémentaire sur les citoyens et les contraignent à supporter le coût des pertes subies par l’État au cours des dernières années.

L’ayatollah al-Moussavi a également mis en garde contre les conséquences de la crise économique sur la société. Il a déclaré que la baisse du pouvoir d’achat de la population avait entraîné une stagnation économique et la fermeture d’une large partie des commerces et des activités du marché. Des biens et des services qui, il y a quelques années encore, étaient considérés comme des besoins ordinaires, voire comme des produits de luxe, sont aujourd’hui devenus inaccessibles à une part importante de la population irakienne.

Il a ajouté que la persistance de la pauvreté et des difficultés économiques et sociales avait également des répercussions sur la vie familiale et sociale, entraînant une aggravation des problèmes et des maux sociaux au sein de la société.

Sur le plan politique, l’ayatollah al-Moussavi a critiqué le comportement de certains responsables politiques, affirmant que certains d’entre eux s’étaient habitués à une pratique consistant, face aux crises et aux pressions, à reculer et à se conformer aux circonstances, avant de renouer, une fois la crise passée, avec leurs anciennes pratiques et les mêmes orientations qu’auparavant.

Faisant référence aux appels antérieurs de la haute autorité religieuse en faveur d’un changement de ce modèle politique, il a insisté sur la nécessité de choisir de nouvelles figures et de nouvelles personnalités politiques dont le peuple n’aurait pas déjà fait l’expérience négative ou décevante en matière de gouvernance.

L’imam du vendredi de Bagdad a déclaré que le peuple conscient de ses responsabilités ne devait pas se contenter de garder le silence, mais qu’il devait prendre la parole, revendiquer ses droits et demander des comptes aux responsables. Il a appelé à un effort collectif, sous la direction de la haute autorité religieuse, afin de faire émerger une future direction politique dotée des connaissances, de la justice et des compétences nécessaires pour gouverner le pays et remédier à la situation actuelle.

L’ayatollah al-Moussavi a également vivement critiqué ce qu’il a qualifié de dépendance de certains responsables politiques à l’égard des États-Unis. Il a souligné que les décisions relatives aux questions touchant à la souveraineté de l’Irak, notamment celle du monopole des armes par l’État, devaient relever exclusivement d’une question interne et irakienne et ne devaient être soumises ni aux injonctions ni aux pressions étrangères.

Il a également mis en garde contre les conséquences de la remise des armes, s’interrogeant sur la personne ou l’autorité habilitée à définir « l’intérêt de l’Irak ». Il a exprimé la crainte qu’une telle mesure ne conduise, à terme, à l’exercice de pressions contre les commandants de la Résistance et les combattants engagés dans le jihad, et que cette démarche ne s’étende ensuite à une transformation de la nature, de la structure de commandement, de l’orientation et de la culture religieuse des Hachd al-Chaabi.

À la fin de son sermon, l’imam du vendredi de Bagdad a affirmé que le principal problème de l’Irak n’était ni les armes ni le pétrole, mais bien « la souveraineté et l’indépendance de la décision politique ». Il a appelé à la formation d’un gouvernement qui soit véritablement le gouvernement du peuple, qui œuvre à sauver les citoyens et à instaurer la justice, et qui se tienne à l’écart de toute dépendance à l’égard des puissances étrangères.

L’ayatollah Sayyed Yassine al-Moussavi a enfin souligné la nécessité de réformer la situation du pays, de ses dirigeants et de son peuple. Il a appelé à ce que le peuple irakien puisse jouir de l’ensemble de ses droits et à ce que l’Irak puisse retrouver sa capacité à prendre ses propres décisions et à exercer pleinement sa souveraineté, à l’écart de toute ingérence étrangère.

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