Irak (A.P.Hawzah)– L’ayatollah Sayyed Yassine Moussavi, imam de la prière du vendredi à Bagdad et éminent professeur du séminaire religieux de Nadjaf al-Achraf, a évoqué, au début de son sermon du vendredi 28 août 2026, la visite en Irak, mardi dernier, d’une délégation dépêchée par le Guide des musulmans, l’ayatollah Sayyed Mojtaba Khamenei. Il a indiqué que cette délégation s’était rendue en Irak afin d’établir un lien avec le peuple irakien, en particulier avec les participants aux cérémonies funéraires en l’honneur de l’Imam martyr.
Il a ajouté que la délégation lui avait transmis les salutations ainsi qu’un message de gratitude de l’ayatollah Sayyed Mojtaba Khamenei, et qu’elle avait exprimé sa reconnaissance pour les positions courageuses adoptées par le peuple irakien lors des cérémonies funéraires organisées à Nadjaf al-Achraf et à Karbala al-Moualla.
Soulignant que la religiosité est profondément enracinée parmi le peuple irakien, en particulier au sein de la communauté chiite, l’imam de la prière du vendredi à Bagdad a déclaré que les régions du centre et du sud de l’Irak ont, tout au long de l’histoire, été le berceau de nombreux mouvements et soulèvements. Leurs habitants, a-t-il affirmé, se sont toujours opposés à l’injustice et à l’oppression et ont répondu à l’appel des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux).
Évoquant la présence, sur le sol irakien, des mausolées de plusieurs Imams des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), notamment ceux de l’Imam Ali (as), de l’Imam Hussein (as), de l’Imam Moussa al-Kazim (as), de l’Imam Mohammad al-Jawad (as) et des deux Imams Askari, il a déclaré que l’amour des Ahl al-Bayt est profondément ancré dans la conscience du peuple irakien. Le nom et le souvenir de l’Imam Ali, a-t-il ajouté, comptent parmi les premières notions auxquelles l’enfant irakien est familiarisé.
Il a poursuivi : les ennemis de l’Irak, depuis les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans jusqu’au colonialisme britannique, en passant par diverses puissances et différents gouvernements, ont toujours cherché à couper ce pays de sa foi, du chiisme et de son leadership religieux. Mais ils ont échoué dans cette entreprise.
L’imam de la prière du vendredi à Bagdad a précisé que la mobilisation de millions de personnes lors des cérémonies funéraires était le fruit de leur amour et de leur attachement aux savants religieux, aux autorités de référence (marjaʿiyya) et à l’école du chiisme, et qu’elle ne pouvait être considérée comme le résultat d’un ordre ou d’une organisation officielle.
Évoquant l’attachement du peuple irakien à la marjaʿiyya, à la République islamique d’Iran, à la wilayat al-faqih ainsi qu’à la voie du martyre jusqu’à l’avènement de l’Imam al-Mahdi, le Maître du Temps (que Dieu hâte sa réapparition), l’ayatollah Moussaoui a déclaré que le peuple irakien avait, tout au long de son histoire, démontré sa conscience, sa foi et sa fidélité à ces principes.
Rappelant également l’atmosphère qui prévalait à l’époque de la victoire de la Révolution islamique en Iran, il a indiqué que le peuple irakien suivait, par le biais de la radio, les informations relatives à la victoire de la Révolution islamique. Après son triomphe, a-t-il ajouté, des habitants de Bagdad, de Nadjaf et de différentes régions d’Irak sont descendus dans les rues pour exprimer leur joie, ce qui avait conduit le régime baasiste à intensifier ses pressions et sa répression contre le chiisme.
Insistant sur le fait que les frontières tracées par le colonialisme ne peuvent séparer les peuples musulmans, l’imam de la prière du vendredi à Bagdad a évoqué les positions du martyr, l’ayatollah Sayyed Mohammad Baqer al-Sadr, en soutien à la Révolution islamique et à l’Imam Khomeini. Il a déclaré que le martyr al-Sadr ne reconnaissait pas les frontières issues des accords Sykes-Picot et considérait le monde musulman comme une seule et même communauté.
L’ayatollah Moussavi a mis en garde contre les tentatives visant à fragmenter l’Irak et à reproduire les frontières et le projet de Sykes-Picot. Il a ajouté que l’identité et la place de la marjaʿiyya ne sauraient être limitées dans le cadre de la citoyenneté ou de la nationalité. Il a également salué le rôle de la plus haute autorité religieuse, l’ayatollah Seyyed Ali al-Sistani, dans la préservation de l’Irak et la défense des intérêts de ce pays ainsi que d’autres pays musulmans.
L’ayatollah Moussavi a par ailleurs qualifié d’injustice envers les catégories défavorisées la destruction des habitations de citoyens sans qu’une solution de relogement adéquate leur soit proposée. « Certains responsables traitent les pauvres comme s’ils étaient leurs ennemis, alors que la plupart des habitants des quartiers informels et des constructions non autorisées sont des personnes démunies qui n’ont aucune autre possibilité de logement », a-t-il déclaré, soulignant que, dans le même temps, certains responsables vivent dans des palais et des résidences luxueuses.
Il a également critiqué l’augmentation de certaines infractions et amendes routières ainsi que certaines directives gouvernementales, ajoutant que faire peser davantage de pressions sur les catégories à faibles revenus sous prétexte d’assurer des recettes à l’État constitue une forme d’injustice et de corruption.
En conclusion de son intervention, l’imam de la prière du vendredi à Bagdad a insisté sur la nécessité de confier des responsabilités de gestion à des personnes issues de milieux défavorisés et connaissant les difficultés économiques de la population. Évoquant la vie modeste du martyr Mohammad Ali Radjaï, ancien président de la République islamique d’Iran, il a déclaré que ce dernier avait conservé un mode de vie simple jusqu’à son martyre et connaissait de près les difficultés et les souffrances du peuple.
« Celui qui a lui-même connu et ressenti de près la pauvreté et les difficultés de la population est mieux à même de la servir », a-t-il souligné.
À l’issue de son intervention, l’ayatollah Sayyed Yassine Moussavi a appelé les responsables à se tenir à l’écart de toute injustice et de toute iniquité, et à faire du service aux pauvres et aux personnes dans le besoin l’axe central et le fondement de leur gouvernance et de l’exercice de leurs responsabilités.




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