lundi 3 août 2026 - 04:32
Arbaïn sans les Bahreïnis : des cœurs présents à Karbala malgré les frontières fermées

Hawzah/Jusqu’à ce jour, le gouvernement bahreïni n’est pas revenu sur sa décision injuste d’interdire les vols vers l’Irak et n’a fourni aucune justification juridique ou sécuritaire convaincante à cette mesure collective, laissant des milliers de Bahreïnis dans une profonde tristesse et une grande déception.

(A.P.Hawzah)– Citant le site Mir’at al-Bahreïn, la question qui se pose aujourd’hui est la suivante : le pèlerinage d’Arbaïn se déroulera-t-il cette année sans la présence du peuple bahreïni ?

Quiconque suit les comptes des Bahreïnis attachés aux Ahl al-Bayt (as) sur les réseaux sociaux peut constater un nombre sans précédent de publications et de messages exprimant leur immense désir de se rendre sur la terre de l’Imam Hussein (as) et auprès des sanctuaires des Ahl al-Bayt (paix sur eux) en Irak. Une nostalgie qui s’est encore intensifiée sous l’effet de la privation imposée par les autorités, empêchant ces fidèles de se rendre dans les lieux saints.

Jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement n’a pas renoncé à sa décision injuste d’interdire les vols vers l’Irak et n’a présenté aucune raison juridique ou sécuritaire convaincante pour justifier cette mesure collective, laissant des milliers de Bahreïnis face à la douleur et à la frustration.

Pour ces fidèles, Arbaïn n’est pas un simple voyage touristique pouvant être reporté à une autre période. Il s’agit d’un rendez-vous spirituel renouvelé chaque année, profondément lié à la foi, à la conscience et à la fidélité envers l’Imam Hussein (as). C’est pourquoi cette interdiction de voyager ne se mesure pas seulement au nombre de vols annulés, mais plutôt au nombre de cœurs brisés, de rêves déçus et de larmes versées par ceux qui, restés derrière les frontières, regardent les images de la présence des pèlerins sur la route menant à Karbala et ressentent une profonde douleur.

Dans presque chaque foyer bahreïni, il y avait quelqu’un qui se préparait chaque année à accomplir cette visite spirituelle : quelqu’un qui avait économisé pendant des mois, quelqu’un qui avait fait le vœu de parcourir à pied le chemin vers Karbala, ou encore quelqu’un qui attendait, après une année remplie de préoccupations, de poser son front sur le sanctuaire de l’Imam Hussein (as).

Soudainement, tout cela s’est transformé en regret et en nostalgie. Les valises sont restées à leur place, les passeports ont perdu leur sens, et seuls les cœurs ont accompagné les millions de pèlerins. Des cœurs qui, par leurs prières et leurs larmes, suivent les pas des visiteurs sur le chemin d’Arbaïn et imaginent chacun de leurs pas vers Karbala.

Peut-être que l’aspect le plus douloureux de cette situation réside dans le fait que cette privation n’est pas le résultat d’une circonstance naturelle ou d’une catastrophe indépendante de toute volonté humaine, mais qu’elle découle d’une décision politique injuste visant une large partie des citoyens dans l’un de leurs droits religieux les plus personnels.

Lorsqu’une personne est empêchée d’atteindre des lieux intimement liés à sa conscience et à sa foi, cette interdiction dépasse le simple cadre d’une mesure administrative pour devenir une charge psychologique et spirituelle profonde, laissant une empreinte que ni les communiqués officiels du gouvernement ne peuvent effacer, ni les slogans ne peuvent justifier.

Malgré cette privation, les frontières n’ont pas réussi à séparer les Bahreïnis de l’Imam Hussein (as). Les processions de deuil organisées à Bahreïn, les assemblées de commémoration, les drapeaux noirs hissés sur les maisons et les publications empreintes de nostalgie sur les réseaux sociaux confirment tous une même réalité : les autorités peuvent empêcher les corps d’atteindre Karbala, mais elles ne peuvent pas empêcher les cœurs d’y être présents.

Les Bahreïnis continueront à reprendre avec les pèlerins le cri de « Labayka ya Hussein » (Nous voici, ô Hussein), et Karbala restera présente dans leur conscience, même si des décisions injustes ont dressé une distance entre eux et le chemin d’Arbaïn.

Arbaïn sans les Bahreïnis : des cœurs présents à Karbala malgré les frontières fermées

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