dimanche 20 septembre 2026 - 15:00
Chiites shirazis parmi les premiers artisans de la diffusion de l’islam en Tanzanie

Hawzah/Le cheikh Hassan Kabeke, cheikh principal de la région de Mwanza, a déclaré que les musulmans d’origine shirazie, venus de Perse, figuraient parmi les premiers à s’être installés dans les régions de Tanganyika. Ils ont joué un rôle dans la diffusion de l’islam, la construction de mosquées, l’enseignement aux populations locales et le développement des activités religieuses au sein des communautés où ils se sont établis.

Tanzanie (A.P.Hawzah)– Le cheikh Hassan Kabeke a tenu ces propos lors de la cérémonie commémorant la naissance du Prophète de l’islam (PSL), organisée par la Tanzania Islamic Community (TIC) dans la région de Mwanza. La cérémonie, organisée à l’initiative du cheikh Hashim Ramadan, a été l’occasion pour le cheikh Kabeke de revenir en détail sur l’histoire de l’expansion de l’islam dans différentes régions de Tanzanie et sur le rôle joué par les différents groupes dans ce processus historique.

Dans son discours, le cheikh Kabeke a expliqué que parmi les premiers groupes à avoir contribué à la diffusion de l’islam à cette époque, avant même que le Tanganyika ne se constitue en tant qu’entité politique reconnue, figuraient les Iraniens d’origine shirazie. Il a précisé qu’ils furent suivis par les Shihiris du Yémen, puis par les Omanais, chacun ayant apporté sa contribution à l’histoire de la diffusion de l’islam dans cette région.

Poursuivant son récit historique, le cheikh Kabeke a cité le nom de l’un des savants qui s’étaient rendus dans ces régions à cette époque, le cheikh Khalfani ben Muhammad Zindi. Il a indiqué que ce dernier était d’origine iranienne et originaire de Chiraz. Selon le cheikh Kabeke, le cheikh Khalfani est arrivé dans ces régions en 1871 et est décédé en 1925. Sa tombe se trouve dans la région de Kabendo, à Kigoma, où les habitants continuent de se rendre pour la visiter. Il a ajouté qu’une cérémonie commémorative marquant le centenaire de son décès avait été organisée l’année dernière.

Le cheikh Kabeke a également souligné l’importance du savoir et de la recherche historique pour permettre aux musulmans d’acquérir une connaissance juste de leur histoire. Il a déclaré que, lorsqu’il entend parfois quelqu’un insulter les chiites, cela peut être le signe que cette personne ne possède pas encore, sur le plan scientifique et intellectuel, une connaissance suffisamment approfondie de l’histoire et de la place occupée par les différents groupes dans l’histoire de l’islam.

Il a ajouté que les Iraniens shirazis étaient présents dans cette région bien avant que le Tanganyika ne soit connu sous ce nom. Ils y ont construit des mosquées, dirigé les musulmans dans la prière et enseigné les sciences religieuses. Les traces de leur présence sont également visibles jusque dans la région de Bagamoyo, dans la province côtière.

Évoquant les difficultés liées à la préservation de l’histoire, le cheikh Kabeke a déclaré que l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les musulmans réside dans le peu d’attention accordée à l’écriture et à la préservation de l’histoire de leurs savants et de leurs responsables religieux. Il a ajouté que la situation était différente dans certaines régions côtières, notamment à Tanga, où des efforts sont entrepris pour documenter et préserver l’histoire des savants ainsi que celle des événements religieux qui se sont déroulés dans ces régions.

Par ailleurs, le cheikh Hassan Kabeke a évoqué l’histoire de la célébration de la naissance du Prophète de l’islam (PSL) en Tanzanie, en se référant aux écrits du Dr David Livingstone. Selon lui, lorsque Livingstone arriva à Ujiji, à Kigoma, en 1871, il y trouva le cheikh Mwinyi Khayri ben Mwinyi Maku, qui avait fondé la zawiya de la confrérie Qadiriyya dans cette région environ quarante ans auparavant. D’après cette indication, la zawiya aurait donc été fondée vers 1831. Le cheikh Kabeke s’est appuyé sur cet élément pour souligner que les célébrations de la naissance du Prophète de l’islam étaient déjà organisées dans ces régions à cette époque.

À la fin de son intervention, le cheikh Kabeke a expliqué que sa présence à la cérémonie organisée par les chiites à l’occasion de la naissance du Prophète de l’islam répondait à deux objectifs : le premier était de se joindre à ses frères musulmans chiites et de partager ce moment avec eux ; le second était de faire comprendre à la population que les divergences religieuses ne doivent pas remettre en cause les fondements de l’unité islamique.

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