samedi 13 juin 2026 - 13:00
L’Iran est entré dans une nouvelle phase stratégique

Hawzah/L’Ayatollah Alireza Arafi, imam de la prière du vendredi de Qom et directeur des séminaires religieux d’Iran, a déclaré que la République islamique était entrée dans « une nouvelle phase stratégique ». Lors de son sermon du vendredi, il a présenté plusieurs évolutions majeures dans les politiques iraniennes, notamment concernant les États-Unis, la sécurité régionale, les pays du Golfe et les mouvements de résistance alliés à Téhéran.

Qom, IRAN (A.P.Hawzah) –L’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires religieux d’Iran et imam de la prière du vendredi de Qom, a déclaré que la République islamique était entrée dans une « nouvelle phase » de son évolution stratégique, marquée selon lui par une redéfinition des politiques de sécurité, de défense et de politique étrangère du pays.
S’exprimant lors de la prière du vendredi organisée à la mosquée de Qods à Qom, le haut dignitaire religieux a affirmé que la Révolution islamique avait traversé plusieurs étapes depuis sa création et que les événements récents avaient conduit à des changements importants dans les orientations stratégiques de l’État iranien.
Selon lui, l’un des principaux changements concerne la nature des relations entre l’Iran et les États-Unis. L’Ayatollah Arafi a estimé que Téhéran était désormais engagé dans une confrontation plus directe avec Washington. Il a déclaré que les responsables iraniens avaient démontré leur capacité à faire face à ce qu’il a qualifié de « principale puissance hostile » sans céder à la pression.
Le responsable religieux a également évoqué un élargissement du cadre géographique des confrontations régionales. Il a cité plusieurs zones stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et la mer d’Oman, affirmant que ces espaces occupaient désormais une place centrale dans les calculs stratégiques liés à la sécurité régionale et aux intérêts américains au Moyen-Orient.
Abordant les relations avec certains États du Golfe, l’Ayatollah Arafi a déclaré que l’Iran réévaluait son approche à l’égard des gouvernements qu’il accuse de coopérer avec les États-Unis et Israël. Il a averti que toute collaboration visant à porter atteinte aux intérêts iraniens pourrait entraîner des réponses ciblées contre les infrastructures militaires étrangères présentes dans la région.
Le directeur des séminaires religieux a par ailleurs insisté sur le rôle des mouvements alliés de l’Iran au sein de ce qu’il a appelé « l’axe de la résistance ». Il a affirmé que la coordination entre les différentes composantes de cet ensemble se poursuivrait aussi bien en période de crise qu’en période d’accalmie.
Dans son discours, l’Ayatollah Arafi a également évoqué plusieurs leviers stratégiques que l’Iran pourrait utiliser face à ses adversaires. Il a notamment mentionné les questions liées aux marchés énergétiques, aux exportations pétrolières et à la navigation dans le détroit d’Ormuz, qu’il a présenté comme des éléments importants de l’équilibre régional.
Le dignitaire religieux a affirmé que les forces armées iraniennes poursuivaient le développement de leurs capacités militaires conventionnelles et asymétriques. Selon lui, l’Iran demeure préparé à différents scénarios sécuritaires et dispose de plans adaptés à diverses formes de confrontation.
Concernant les négociations avec les adversaires de la République islamique, l’Ayatollah Arafi a exprimé une profonde méfiance à l’égard du dialogue avec les puissances qu’il accuse d’avoir à plusieurs reprises trahies leurs engagements. Il a déclaré que les autorités iraniennes devaient maintenir une position de vigilance et de fermeté dans leurs relations internationales.
Une autre partie importante de son intervention a porté sur la mobilisation populaire. Il a salué la participation de la population iranienne aux manifestations et rassemblements organisés au cours des derniers mois et a estimé que le soutien populaire constituait l’un des fondements essentiels de la stratégie nationale.
L’Ayatollah Arafi a également défini plusieurs responsabilités pour les institutions du pays. Il a appelé les responsables gouvernementaux à renforcer l’économie nationale, à améliorer les conditions de vie de la population et à poursuivre ce qu’il a décrit comme une politique de « résistance économique ».
Il a également invité les universitaires, les commerçants, les élites intellectuelles et les organisations civiles à soutenir les orientations nationales.
À l’approche du mois de Mouharram, il a accordé une place importante aux références religieuses liées à l’Achoura et à l’imam Hussein. Selon lui, les notions de dignité, de résistance et de refus de la soumission constituent des principes fondamentaux de la pensée islamique et continuent d’inspirer la société iranienne contemporaine.
Dans son premier sermon, consacré à des thèmes religieux et éthiques, l’Ayatollah Arafi a développé une réflexion sur la notion de dignité dans l’islam. Il a soutenu que la véritable dignité ne dépendait ni du pouvoir politique ni de la richesse matérielle, mais d’une force intérieure fondée sur la foi et la relation avec Dieu.
Il a ajouté que cette conception de la dignité pouvait s’appliquer non seulement aux individus, mais également aux sociétés. Citant l’exemple des débuts de l’islam, il a affirmé que la cohésion spirituelle et les valeurs morales avaient permis à une communauté autrefois divisée de devenir une puissance influente dans son environnement régional.
Les déclarations de l’Ayatollah Arafi interviennent dans un contexte de fortes tensions régionales et internationales, alors que l’Iran continue de faire face à des différends avec les États-Unis et leurs alliés concernant les questions de sécurité régionale, les programmes militaires et l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient.

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