(A.P Hawzah) L'humanité, tout au long de son histoire tumultueuse, n'a cessé de chercher ce que l'on peut appeler sa "grande chose perdue". Tantôt elle l'a cherchée dans le pouvoir politique, tantôt dans la richesse et la technologie, parfois dans les plaisirs matériels, et parfois dans les philosophies intellectuelles complexes. Mais hélas, rien de tout cela n'a pu étancher cette soif profonde intérieure. Les sociétés avancées d'aujourd'hui, avec toutes leurs inventions étonnantes, souffrent encore de la crise du sens ; le crime, l'anxiété, la guerre et le sentiment de vide les poursuivent comme leur ombre. Tout cela est le signe d'une vérité évidente : la chose perdue de l'homme n'est rien d'autre que "la raison pure" et "la sagesse véritable" – une raison capable de maîtriser les instincts déchaînés, d'équilibrer les émotions, de percer les ténèbres de l'ignorance et de conduire l'homme vers le but ultime de sa création.
Le saint Coran loue abondamment la rationalité et présente l'ignorance comme la racine de tous les malheurs. Mais l'expérience a montré que la raison humaine, à elle seule, est sujette à des fléaux tels que l'arrogance, l'erreur dans la perception des intérêts réels, et l'incapacité à briser les barrières de l'égoïsme. C'est ici que l'humanité a besoin d'une "raison universelle" et d'une "sagesse globale" – une raison qui prenne sa source dans la Révélation et l'Imamat, et non dans les données limitées des sens et les calculs intéressés.
D'autre part, l'histoire des religions et des écoles de pensée témoigne que l'homme, sans un guide divin qui connaisse à la fois les desseins de Dieu et soit compatissant envers les créatures, ne peut accéder à cette raison parfaite. Cette nécessité même a maintenu vivante l'attente du Sauveur dans le cœur de toutes les nations. Mais ce que le chiisme, en insistant sur l'Imam al-Mahdi (que Dieu hâte sa venue), met en avant, vise précisément ce point : l'avènement de l'Imam ouvre une nouvelle ère de souveraineté de la raison pure sur la vie individuelle et collective. En ce temps-là, ce n'est ni par la force ni par la contrainte, mais par une ouverture divine dans l'intellect et la conscience des hommes, que la société sera conduite vers la perfection.
Avec cette introduction, nous arrivons à un hadith étonnant de l'Imam Sadiq (que la paix soit sur Lui), qui dépeint cette vérité avec une expression belle et éloquente. L'Imam, en décrivant les bénédictions du soulèvement du Qa'im de la famille de Mohammad (qu'Allah hâte sa venue), dit :
إِذَا قَامَ قَائِمُنَا وَضَعَ اللَّهُ يَدَهُ عَلَى رُءُوسِ الْعِبَادِ فَجَمَعَ بِهَا عُقُولَهُمْ وَ كَمَلَتْ بِهِ أَحْلَامُهُمْ.
Lorsque notre Qaïm (s) [Al-Mahdi] sera dévoilé à nos regards, الله -Dieu mettra sa main sur les têtes des créatures, rassemblera leurs cœurs et par sa médiation, les promesses s'accompliront.
Ce hadith est rapporté dans le noble livre Al-Kafi, Vol. 1, p 25 qui est l'une des sources authentiques et fiables du chiisme dans le domaine du hadith.
Note : Al-Kafi (en arabe: الکافي) est l'une des sources de hadith les plus authentiques et les plus importantes parmi les Quatre livres de hadith chiite (Al-Kafi, Al-Tahdhîb, Al-Istibsâr, Al-Faqîh). Ce livre est à Mohammad b. Yaqûb b. Îshâq, surnommé Thîqât Al-Islam Al-Kulaynî. Les savants chiites le jugent parfaitement digne de confiance. Ce livre est une référence des érudits musulmans qui est écrit en trois parties : Al-Usûl, Al-Furû’, Al-Rawdha dont la première est la plus importante. L’auteur a essayé de recueillir des hadiths qui ne sont pas contre le Coran et qui sont selon l’unanimité des anciens savants chiites.




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