samedi 24 octobre 2026 - 18:30
Subsistance divine et la vérité de la vie
Subsistance divine et la vérité de la vie

Hawzah / Selon la sermon des pieux de l'Imam Ali (que la paix soit sur lui) la subsistance relève de la sagesse divine et que la vie terrestre doit être consacrée à préparer la vie éternelle par la piété.

(A. P. Hawzah) L’Imam Ali (que la paix soit sur lui) nous invite à méditer sur la sagesse divine dans la répartition des moyens de subsistance et sur la véritable place de l’homme dans ce monde.

L’Imam Ali, Amīr al-Moʾminin (que la paix soit sur lui) déclare :

أَمَّا بَعْدُ، فَإِنَّ اللَّهَ – سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى – خَلَقَ الْخَلْقَ حِينَ خَلَقَهُمْ غَنِيًّا عَنْ طَاعَتِهِمْ، آمِنًا مِنْ مَعْصِيَتِهِمْ؛ لِأَنَّهُ لَا تَضُرُّهُ مَعْصِيَةُ مَنْ عَصَاهُ، وَلَا تَنْفَعُهُ طَاعَةُ مَنْ أَطَاعَهُ؛ فَقَسَمَ بَيْنَهُمْ مَعَايِشَهُمْ، وَوَضَعَهُمْ مِنَ الدُّنْيَا مَوَاضِعَهُمْ.

Cela étant dit, Allah — Gloire à Lui et qu’Il soit exalté — a créé les créatures alors qu’Il n’avait nul besoin de leur obéissance et qu’Il était à l’abri de tout préjudice provenant de leur désobéissance. En effet, la désobéissance de celui qui Lui désobéit ne Lui nuit en rien, et l’obéissance de celui qui Lui obéit ne Lui apporte aucun bénéfice. Il a réparti entre eux leurs moyens de subsistance et leur a assigné, dans ce bas monde, la place qui leur revient.

Explication:

Premier passage

أَمَّا بَعْدُ، فَإِنَّ اللَّهَ – سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى – خَلَقَ الْخَلْقَ حِينَ خَلَقَهُمْ غَنِيًّا عَنْ طَاعَتِهِمْ، آمِنًا مِنْ مَعْصِيَتِهِمْ

L’Imam Amir al-Moʾminin Ali (que la paix soit sur lui) commence son discours par la louange du Seigneur des mondes et la glorification de Sa grandeur.

Cette démarche répond, d’une part, à une exigence de bienséance propre au tawḥīd, la doctrine de l’unicité divine. D’autre part, elle est susceptible de renforcer l’impact du discours et sa portée éducative. En effet, le dhikr Allah, c’est-à-dire le rappel d’Allah, contribue à purifier l’âme et à la préparer à recevoir la parole de manière bénéfique.

Deuxième passage

لِأَنَّهُ لَا تَضُرُّهُ مَعْصِيَةُ مَنْ عَصَاهُ، وَلَا تَنْفَعُهُ طَاعَةُ مَنْ أَطَاعَهُ

L’Imam (que la paix soit sur lui) indique implicitement que les conséquences des actes — qu’il s’agisse de l’adoration d’Allah, de l’obéissance à Allah et à Son Messager, ou de la désobéissance à Leurs commandements — retombent sur les hommes eux-mêmes, qu’ils en soient les auteurs ou qu’ils en subissent les effets.

L’obéissance à Allah conduit chacun à se placer sous une protection solide et à entrer dans la lumière du tawḥīd. Le croyant bénéficie ainsi continuellement des bienfaits et des grâces de son Seigneur.

À l’inverse, s’abstenir de pécher ou, au contraire, commettre des fautes, tout comme accomplir des actes d’adoration, ne procure à Allah ni bénéfice ni préjudice. Exalté soit-Il, Il est absolument indépendant de Ses créatures. Ce sont les hommes qui tirent profit de leurs bonnes actions ou subissent les conséquences de leurs fautes, directement ou à travers leurs effets sur autrui.

Troisième passage

فَقَسَمَ بَيْنَهُمْ مَعَايِشَهُمْ، وَوَضَعَهُمْ مِنَ الدُّنْيَا مَوَاضِعَهُمْ

Par cette parole, l’Imam Ali (que la paix soit sur lui) attire notre attention sur deux questions fondamentales de l’existence :

  1. Les moyens de subsistance.
  2. La place de l’homme dans la vie terrestre.

1. Les moyens de subsistance

L’Imam souligne que c’est Allah qui détermine et répartit les moyens de subsistance ainsi que les ressources nécessaires à la vie.

Autrement dit, Allah a créé les ressources nécessaires à la subsistance de l’ensemble de Ses créatures. Chacun peut donc, en principe, vivre dans la tranquillité et le bien-être grâce aux ressources destinées à pourvoir à ses besoins.

Pourtant, tout au long de l’histoire et dans les différentes sociétés, certains, par ignorance de la subsistance qu’Allah leur a destinée, mais aussi pour d’autres raisons, se lancent dans une quête pénible pour satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Ils s’infligent alors, ainsi qu’à leurs semblables, des difficultés, des souffrances et des épreuves considérables.

Certains vont même jusqu’à piller les biens d’autrui pour accumuler des richesses terrestres ou satisfaire d’autres aspirations. Ce faisant, ils troublent leur propre existence et celle de leur entourage, provoquant des conflits dont les conséquences peuvent aller jusqu’à la perte de vies humaines.

Si chacun adhérait fermement à la conviction que sa subsistance est déterminée et décrétée par Allah, il pourrait, en accomplissant les efforts nécessaires, obtenir sa part avec davantage de facilité et de sérénité. Il n’aurait alors nul besoin de subir de telles épreuves, de s’emparer injustement des biens d’autrui ou de semer le désordre dans sa propre vie et celle de ses semblables.

L’avidité qui pousse certains à rechercher toujours davantage de richesses et de biens terrestres, au point de provoquer des conflits, des désaccords, des inimitiés et des violations des droits d’autrui, constitue ainsi une conduite ignorante, nuisible et vaine.

En effet, il est possible de vivre dans la paix, la tranquillité et le bien-être sans se livrer à de tels affrontements, sans se nuire mutuellement ni entretenir de relations marquées par l’hostilité. Chacun peut satisfaire ses besoins légitimes et ses aspirations naturelles avec davantage de facilité et de sérénité.

D’un autre côté, la privation des ressources indispensables à la vie ne provient pas nécessairement d’une insuffisance de la subsistance déterminée par Allah. Les pénuries dont souffrent certains découlent plutôt de leur position dans l’organisation sociale, ainsi que de l’accaparement et du pillage des ressources par d’autres.

Autrement dit, nombre de difficultés qui affectent l’existence résultent des modes de vie adoptés par les individus et leurs semblables. Il serait contraire à la sagesse divine de concevoir qu’Allah crée des êtres, puis les abandonne dans le monde sans tenir compte de leurs besoins. Nous savons également qu’Il n’est assurément pas incapable de pourvoir aux moyens de subsistance de Ses serviteurs.

2. La place de l’homme dans la vie terrestre

Dans la seconde partie de ce troisième passage, l’Imam (que la paix soit sur lui) déclare :

وَوَضَعَهُمْ مِنَ الدُّنْيَا مَوَاضِعَهُمْ

Et Il leur a assigné, dans ce bas monde, la place qui leur revient.

Il convient de comprendre que l’homme, dans ce monde, ressemble à un voyageur qui avance sur une route vers sa destination. Il doit parcourir ce chemin et constituer des provisions pour parvenir au terme de son voyage et poursuivre son existence dans l’au-delà.

Il lui faut donc prendre conscience de la place qu’Allah lui a assignée ici-bas. Cela implique notamment de comprendre que le monde terrestre ne constitue pas la destination finale de son existence. Il ne représente même pas la totalité de sa vie véritable : il est avant tout le lieu où il se prépare à la vie authentique dans l’autre monde.

Les pieux (al-muttaqūn) sont précisément ceux qui se préparent à cette vie future et se dirigent vers leur destination munis de provisions abondantes et bénies. À ce propos, Allah, exalté soit-Il, dit dans le Noble Coran :

وَتَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيرَ الزَّادِ التَّقْوَى وَاتَّقُونِ يا أُولِي الْأَلْبَابِ

Et prenez vos provisions ; mais vraiment la meilleure provision est la piété. Et craignez-Moi, ô doués d’intelligence ! (Coran, al-Baqara, 2:197)

Si chacun prenait conscience de la place qui lui revient dans ce monde et agissait conformément à la finalité de son existence — c’est-à-dire à la position qu’Allah lui a assignée —, il n’aurait pas à endurer une vie aussi pénible ni à affronter tant de difficultés.

Comme l’ignorance concernant les moyens de subsistance évoquée précédemment, la méconnaissance de la véritable place de l’homme dans ce monde peut entraîner de grandes épreuves et de profondes souffrances.

À l’inverse, garder constamment à l’esprit la destination ultime de l’existence et comprendre que la vie terrestre est semblable à une route qui y conduit constituent des sources d’espérance durable et de satisfaction intérieure. Cette conscience permet également de développer la force morale et les dispositions spirituelles nécessaires pour surmonter les difficultés de la vie.

Le rappel constant de cette finalité aide ainsi à prévenir les sentiments de vide, de perte de sens, d’absence de but et de lassitude. Il favorise au contraire le dynamisme, l’élan, l’espérance et la sérénité tout au long de l’existence.

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