Irak (A.P.Hawzah) – L’ayatollah Sayyed Mohammad Taqi Modarresi, figure religieuse irakienne établie à Karbala, a rendu hommage à la coopération étroite et aux liens fraternels entre les peuples irakien et iranien. Il a souligné que ces liens, particulièrement visibles dans les moments de crise et face aux situations difficiles, avaient, à plusieurs reprises, atteint un niveau de solidarité comparable à celui qui unit les membres d’une même nation.
Lors de son cours hebdomadaire d’éthique, dispensé dans son bureau à Karbala, il a critiqué certaines décisions et mesures prises par les autorités irakiennes, qu’il juge éloignées des attentes de la population et des orientations de l’autorité religieuse. Il a notamment dénoncé les restrictions imposées aux déplacements des pèlerins se rendant auprès de l’imam Hussein (as) et dans les autres lieux saints d’Irak, ainsi que la fermeture de l’espace aérien ou de certains points de passage aux personnes venues accomplir leur pèlerinage, en réaction aux sanctions imposées à un pays voisin et à un peuple musulman.
Il a rappelé que les personnes qui se rendent en Irak via l’Iran ne sont pas toutes de nationalité iranienne. Parmi elles se trouvent également des pèlerins venus de différents pays et de diverses nationalités, tous animés par un même objectif religieux : visiter les sanctuaires sacrés et accomplir leurs rites religieux. Dès lors, a-t-il estimé, leurs déplacements doivent être considérés au regard de leur démarche religieuse, et non en fonction des différends ou des positions politiques opposant les États.
L’ayatollah Modarresi a expliqué que cette situation était comparable, à certains égards, aux déplacements des musulmans qui se rendent à La Mecque pour accomplir le Hajj. Même lorsque des conflits ou des différends politiques opposent des pays et leurs gouvernements, il n’a jamais été acceptable que ces tensions servent de prétexte pour empêcher les pèlerins d’atteindre la Maison sacrée de Dieu, ni pour bloquer les avions, les bus ou les autres moyens de transport qui les conduisent vers les lieux où ils doivent accomplir leurs rites.
Il a souligné que les rites religieux et les déplacements des pèlerins ne devaient pas être entraînés dans les conflits politiques. De même, empêcher les populations d’accéder aux lieux saints ou leur imposer des restrictions sur leur trajet ne doit pas devenir un instrument de pression entre les États. Une telle pratique porte atteinte au droit des populations à accomplir leurs rites religieux et peut, dans les faits, revenir à s’opposer à la religion et à ses pratiques.
Il a ajouté que les autorités irakiennes devraient, au lieu de restreindre les déplacements des pèlerins, s’employer à faciliter leur entrée par les différents points de passage aériens et terrestres. Elles devraient également développer les aéroports, les routes, les postes-frontières et les infrastructures afin de les adapter à l’afflux de dizaines de millions de pèlerins et de voyageurs qui se rendent chaque année en Irak et dans ses lieux saints.
Le religieux irakien a également déclaré que les ennemis de la communauté musulmane cherchaient constamment à trouver des moyens de diviser les peuples de la région et de rompre les ponts qui favorisent les échanges, la coopération et la solidarité entre eux. Il a mis en garde contre le fait de céder aux pressions et aux injonctions allant dans ce sens, estimant que de telles mesures risquent d’ouvrir la voie à la domination des territoires musulmans et à l’affaiblissement de leurs peuples.
En conclusion, il a insisté sur la nécessité de préserver les liens fraternels entre les peuples musulmans et de ne pas permettre que des différends ou des intérêts politiques conjoncturels viennent interrompre leurs voies de communication, ni empêcher les croyants d’accomplir leurs rites religieux et de se rendre dans les lieux saints.





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