mardi 18 août 2026 - 14:11
Le contexte politique de l’époque du Prophète justifiait la désignation d’un successeur

Hawzah/Le grand Ayatollah Jaafar Sobhani a estimé que la question de l’imamat et de la succession du Prophète de l’islam devait également être examinée à la lumière du contexte politique et sécuritaire de l’époque, indépendamment de toute appartenance confessionnelle.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –S’exprimant devant les étudiants de l’école d’été « Dar al-Ilm », à Qom, il a expliqué que cette approche consistait à considérer la question de l’extérieur, à l’image d’un historien ou d’un chercheur indépendant, afin d’évaluer si les circonstances politiques de l’époque rendaient nécessaire la désignation d’un dirigeant pour assurer la continuité du nouvel État islamique.
Selon le grand Ayatollah Sobhani, le nouvel État était alors confronté à trois menaces majeures : l’Empire perse à l’est, l’Empire byzantin à l’ouest et la présence de groupes qualifiés d’« hypocrites » au sein de la société musulmane.
Il a notamment évoqué les tensions avec le pouvoir perse à la suite de l’envoi d’une lettre invitant son souverain à embrasser l’islam, ainsi que les affrontements avec l’Empire byzantin, en rappelant notamment la bataille de Mouta et la mobilisation de l’armée musulmane lors de l’expédition de Tabouk.
L’ayatollah Sobhani a également souligné l’existence de groupes considérés comme hostiles au sein même de la société musulmane. Il a évoqué les « hypocrites », présentés dans son exposé comme une menace intérieure susceptible d’affaiblir le nouvel État et d’alimenter les divisions au sein de la communauté.
À partir de ces éléments historiques, il s’est interrogé sur le caractère politiquement raisonnable, dans de telles circonstances, de laisser la société sans mécanisme clairement défini de succession. Selon lui, l’examen du contexte de l’époque conduit à considérer que la désignation d’un dirigeant répondait à l’intérêt général et à la nécessité de préserver l’unité de la communauté musulmane.
Le religieux iranien s’est également référé à une formulation attribuée au Prophète avant son installation à Médine, selon laquelle « l’affaire appartient à Dieu, qui la place où Il veut ». Il a estimé que cette formulation pouvait être considérée, dans son interprétation, comme un élément en faveur d’une conception de l’imamat fondée sur la désignation divine plutôt que sur le choix de la communauté.
L’ayatollah Sobhani a par ailleurs cité Avicenne, qui aurait considéré, dans son analyse de la question de l’imamat, que la désignation d’un imam permettait de prévenir les conflits et les divisions au sein de la communauté.
Il a précisé que son intervention ne visait pas, à ce stade, à trancher directement le débat entre la désignation divine et le choix populaire, mais à examiner la question à partir des circonstances politiques et historiques de l’époque.
Cette approche s’inscrit, selon lui, dans l’étude de la question de l’imamat abordée lors des différentes sessions de l’école d’été « Dar al-Ilm » à Qom.

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