(A.P.Hawzah)– Hodjatoleslam Sayyed Sadr al-Din al-Qabanchi, imam du vendredi de Nadjaf, a déclaré dans son sermon prononcé à la Grande Husseiniyya Fatimiyya de Nadjaf que, concernant la crise de l’électricité, « nous faisons entendre la même voix que le peuple et demandons au gouvernement d’expliquer les véritables raisons de son incapacité à résoudre cette crise. Nous lui demandons soit de réduire les coupures de courant, soit d’utiliser une partie des millions détournés pour fournir gratuitement aux citoyens cinq ampères d’électricité. »
Une hausse alarmante du nombre de suicides
Dans une autre partie de son sermon, il a indiqué que les statistiques des services de sécurité sociale révèlent une augmentation inquiétante du nombre de suicides. Selon ces données, 617 suicides ont été enregistrés au cours du premier semestre de l’année, soit une moyenne de 103 cas par mois. Il a ajouté que, d’après un rapport des services de sécurité sociale de Bagdad, six suicides ont été recensés au cours des dernières vingt-quatre heures.
L’imam du vendredi de Nadjaf a souligné que les institutions de services publics et les ministères concernés doivent concentrer leurs efforts sur la création d’emplois, la facilitation du mariage, l’accès au logement, l’enseignement gratuit ainsi que l’aménagement d’espaces de loisirs, de terrains de jeux et d’espaces verts afin de lutter contre ce phénomène. Il a également insisté sur la nécessité d’en rechercher les causes profondes et d’y apporter des solutions, tout en appelant les parents, les établissements scolaires, les institutions éducatives et les médias à prendre part à cette responsabilité.
La visite du Premier ministre en République islamique constitue un pas dans la bonne direction
Évoquant les affaires intérieures irakiennes, Sayyed Sadr al-Din al-Qabanchi a estimé que la visite du Premier ministre irakien Ali Faleh al-Zaidi en République islamique d’Iran constitue « un pas dans la bonne direction » et qu’elle doit se traduire par des avancées concrètes dans le règlement des crises économiques et des difficultés liées aux services publics en Irak.
Abordant les questions internationales, il a déclaré que la Chambre des représentants des États-Unis avait voté en faveur d’une résolution visant à mettre fin à la guerre contre l’Iran. Il a également rappelé que Zohran Mamdani, maire de New York, avait affirmé : « Nous ne souhaitons pas la venue de Benyamin Netanyahou à New York. S’il s’y rend, nous chercherons à le faire arrêter, car il est responsable de terrorisme international et de crimes de masse. »
Il a ajouté : « Nous regrettons profondément que certains pays arabes et musulmans ouvrent leurs territoires à des bases militaires qui bombardent la République islamique d’Iran. »
Nous regrettons que certains pays arabes et musulmans ouvrent leurs territoires aux bases militaires des agresseurs
L’imam du vendredi de Nadjaf a poursuivi : « Nous appelons les présidents et les souverains de ces pays à tenir leurs États à l’écart de toute participation à la guerre contre la République islamique d’Iran. Si vous ne nous apportez pas votre soutien, ne prêtez au moins pas assistance à ceux qui nous combattent. Honte aux dirigeants des pays arabes qui transforment leurs territoires en plateformes d’agression contre l’islam et les musulmans. »
Il a également évoqué un projet d’accord nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, précisant que celui-ci serait conditionné par l’engagement de Riyad dans le processus de normalisation de ses relations avec le régime israélien.
« D’une part, nous mettons en garde contre ce projet nucléaire ; d’autre part, compte tenu de cette condition, l’Arabie saoudite doit se tenir à l’écart de toute normalisation. Alors que les États-Unis combattent le programme nucléaire iranien, ils cherchent parallèlement à conclure un accord nucléaire avec l’Arabie saoudite. Nous mettons donc Riyad en garde contre le risque de tomber dans ce piège sioniste », a-t-il déclaré.
Condamnation du bombardement de pèlerins au poste-frontière de Chalamtcheh : une dangereuse escalade
L’hodjatoleslam wal-muslimin Sayyed Sadr al-Din al-Qabanchi a également condamné le bombardement de pèlerins au poste-frontière de Chalamtcheh, qualifiant cet acte de « dangereuse escalade ».
Il a ajouté que l’entrée du Yémen dans cette confrontation constitue également un développement majeur. Selon lui, l’ensemble de ces événements démontre que cette guerre d’usure ne parviendra pas à briser la volonté des peuples. « Cette guerre doit prendre fin et toute ingérence dans les affaires des nations doit cesser », a-t-il affirmé, avant d’exprimer sa gratitude « au peuple yéménite, aux Houthis et à leurs dirigeants ».
Sermon religieux : les enseignements du pèlerinage auprès de l’Imam Hussein (as)
Dans la seconde partie de son sermon, consacrée aux questions religieuses, l’imam du vendredi de Nadjaf, après avoir exhorté les fidèles à la piété, a déclaré : « Alors que nous vivons les jours du pèlerinage auprès de l’Imam Hussein (as), rappelons un hadith de l’Imam al-Baqir (as) décrivant les caractéristiques des véritables chiites. S’adressant à Jabir ibn Abdallah al-Ansari, il déclare :
"Ô Jabir ! Suffit-il à celui qui se réclame du chiisme de dire simplement : ‘Nous aimons les Gens de la Demeure (Ahl al-Bayt)’ ? Par Dieu, nos véritables chiites ne sont que ceux qui craignent Dieu et Lui obéissent. On les reconnaissait à leur piété, à leur humilité, à leur abondant rappel de Dieu, à la prière, au jeûne, à la bonté envers leurs parents, à l’attention portée à leurs voisins, à leur sincérité, à la récitation du Coran et au fait de ne parler des autres qu’en bien."
Il a poursuivi : « Telles sont les qualités du véritable pèlerin. Aujourd’hui, nous devons faire de ce pèlerinage une véritable école de formation spirituelle et de réforme intérieure. La ziyâra de l’Imam Hussein (as) doit être un retour sincère vers Dieu, le Très-Haut, accompagné d’un profond repentir et d’abondantes demandes de pardon. »
Il a ensuite rappelé l’histoire du cheikh Mohamed Tijani et de sa conversion au chiisme :
« Ce savant d’origine tunisienne, né en 1943 et ancien adepte de l’école sunnite, raconte : « Je me rendis en pèlerinage auprès de l’Imam Hussein (paix sur lui). J’étais étonné par la manière dont les chiites accomplissaient cette ziyâra, car chez nous, nous nous contentions de réciter la sourate al-Fatiha. En quittant le sanctuaire, j’entendis un prédicateur, dans un coin de la cour, évoquer le repentir de Hurr ibn Yazid al-Riyahi. Il rapportait que Hurr avait demandé : "Ô fils du Messager de Dieu, existe-t-il pour moi une voie de repentir ?" L’Imam Hussein (paix sur lui) lui répondit : "Si tu te repens, Dieu accueillera ton repentir." »





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