(A.P.Hawzah) –L’Association nationale islamique Al-Wefaq de Bahreïn a souligné que les pratiques du régime ont porté un coup aux libertés religieuses dans le pays et ont fait des cérémonies de deuil du mois de Mouharram un dossier exclusivement placé sous contrôle sécuritaire. Une situation qui, selon l’association, a mis à nu les discours officiels et révélé la réalité d’une discrimination religieuse systématique ainsi que la grave dégradation de la situation des droits humains.
Dans un communiqué intitulé « L’Achoura de Bahreïn crie : l’injustice, l’injustice ! », l’association a déclaré que les cérémonies d’Achoura de cette année se sont déroulées dans un contexte marqué par les efforts du gouvernement visant à exercer son contrôle sur cette commémoration par différents moyens. Cette période a ainsi été marquée par une recrudescence des convocations aux interrogatoires, des arrestations, des interdictions et des atteintes visant les participants. Selon le communiqué, ces mesures avaient pour objectif d’imposer davantage de restrictions et de diktats dans une logique d’entrave, de sabotage et d’alimentation des tensions confessionnelles contre la communauté chiite.
Le communiqué précise que les autorités ont entamé le mois de Mouharram en adressant des menaces aux responsables des husseiniyyas et des lieux de deuil, avant d’imposer des directives sécuritaires jugées illégales, notamment en fixant des conditions concernant les manifestations de deuil et les décorations noires, en déterminant les horaires des cérémonies et des processions religieuses (mawakib), ainsi qu’en contactant des dizaines de récitants et d’orateurs religieux pour leur notifier l’interdiction de participer aux cérémonies religieuses.
L’Association Al-Wefaq a également indiqué que seize prédicateurs husséinistes issus du corps des oulémas ainsi que cinq récitants parmi les plus éminents des cérémonies de deuil avaient été arrêtés. Elle ajoute qu’un nombre plus important encore de prédicateurs, de récitants et de responsables de husseiniyyas ont été convoqués, soumis à des interrogatoires sécuritaires et placés en détention pendant plusieurs heures dans le cadre de mesures destinées à les restreindre et à les intimider.
L’association a en outre déclaré que les forces du régime Al Khalifa ont transformé plusieurs régions en véritables zones d’affrontements et de raids permanents afin de faire disparaître les manifestations liées à Achoura. Dans ce contexte, elles auraient eu recours à la violence ainsi qu’à des gaz lacrymogènes contre les habitants qui protestaient contre ces opérations, ce qui, selon le communiqué, a gravement perturbé le climat de sécurité entourant les cérémonies. Par ailleurs, les participants aux rassemblements de deuil organisés à Manama, la capitale de Bahreïn, auraient été pourchassés, tandis que les rues et ruelles de la capitale se seraient transformées en théâtre de poursuites, d’arrestations et d’intimidations, conduisant à l’arrestation de plus de quinze citoyens au cours de plusieurs nuits.
Enfin, l’Association Al-Wefaq a affirmé que les autorités ont ignoré les protestations de cinquante-cinq lieux de deuil et husseiniyyas issus de différentes régions de Bahreïn, lesquels avaient signé une déclaration rejetant les mesures et les décisions relatives aux cérémonies de Mouharram, sans fournir la moindre justification juridique ou administrative à leurs agissements. Elle a également indiqué que les forces de sécurité ont déployé un important dispositif à Manama afin d’empêcher la tenue de la prière de la nuit du dixième jour de Mouharram, traditionnellement organisée dans le cadre d’un rassemblement central annuel. Dans le même temps, les oulémas ont décidé de ne pas organiser leur cérémonie annuelle en raison de l’arrestation de cinquante-six religieux — parmi lesquels figurent d’éminents savants et enseignants des séminaires religieux —, mettant ainsi un terme à une tradition observée depuis plus de deux décennies.





Votre commentaire