Tunisie (A.P.Hawzah) –La Représentation culturelle de la République islamique d’Iran en Tunisie a organisé une rencontre intellectuelle de haut niveau sous le thème « Karbala : mémoire et justice dans la conscience humaine », à l’occasion de la présentation de l’ouvrage « Al-Hussein (as) : Karbala, le martyre du petit-fils du Prophète (PSL) », écrit par l’auteur tunisien Hichem Kacem. Cette rencontre a réuni des universitaires et des intellectuels afin d’examiner les valeurs humaines incarnées par l’événement de Karbala dans la conscience collective.
Karbala et la question de la conscience humaine
Ouvrant les travaux de la rencontre, Jafar Morvarid, conseiller culturel de la République islamique d’Iran en Tunisie, a souligné que cet ouvrage ne se limite ni à relater les événements de Karbala ni à présenter une simple biographie historique. Il cherche avant tout à répondre à une interrogation fondamentale : « Comment Karbala est-elle passée du statut d’événement historique à celui de symbole universel de l’humanité ? Et comment l’Imam Hussein (as), quatorze siècles plus tard, demeure-t-il plus présent dans la conscience humaine que tant de rois, de conquérants et de détenteurs du pouvoir ? »
Il a insisté sur le fait que l’importance de cet ouvrage réside également dans son contexte de publication, au sein d’un environnement culturel peu habitué aux études approfondies consacrées à l’Imam Hussein (as) dans le Machrek arabe. Il a également rappelé que le Maghreb arabe, et plus particulièrement la Tunisie, ne dispose que de très rares ouvrages indépendants consacrés à cette figure majeure.
Le conseiller culturel iranien a expliqué que le livre revient notamment sur la vision du grand poète et penseur Mohammad Iqbal, selon laquelle l’Imam Hussein (as) a redonné à la communauté musulmane l’esprit de liberté et de dignité. Selon cette approche, Achoura n’a pas seulement préservé le souvenir de l’Imam Hussein, mais aussi l’âme morale de l’islam. Il a également établi un parallèle entre cette réflexion et la pensée du philosophe algérien Malek Bennabi, qui soutenait que les civilisations se construisent avant tout sur une pensée éthique plutôt que sur la seule puissance matérielle.
M. Morvarid a affirmé que Karbala constitue, selon cette perspective, le moment où la conscience morale de la civilisation islamique a été préservée. Il a ajouté que l’ouvrage soulève des interrogations essentielles sur la relation de l’être humain à lui-même, partagé entre la vérité et l’intérêt.
Un cri permanent pour la liberté et la justice
De son côté, Mir Massoud Husseinian, ambassadeur d’Iran en Tunisie, a déclaré que « le symbole est plus puissant que l’événement lui-même ».
Dans un entretien exclusif accordé au site d’information Al-Ahed en marge de cette rencontre, il a indiqué avoir été invité en qualité d’auditeur, tout en partageant son expérience en tant que consul général d’Iran à Karbala pendant cinq années (2014-2018). Il est revenu sur ses responsabilités dans la coordination de la présence des pèlerins iraniens ainsi que des mawakib (processions et structures d’accueil) durant les cérémonies de l’Arbaïn.
Il a évoqué l’ampleur des préparatifs nécessaires pour accueillir des millions de pèlerins, ainsi que la lourde responsabilité liée à l’organisation des mawakib iraniens à Karbala.
Concluant son intervention, il a affirmé que la cérémonie de l’Arbaïn constitue l’une des manifestations des grâces exceptionnelles accordées par l’Imam Hussein (as). Il a également souligné que l’Imam Hussein n’est pas une figure appartenant uniquement au passé, mais qu’il demeure un cri permanent en faveur de la liberté et de la justice.
Le regard de l’auteur Hichem Kacem : Karbala, un symbole universel de l’humanité
Prenant la parole, l’auteur Hichem Kacem a insisté sur le fait que son ouvrage dépasse le simple récit historique. Selon lui, il s’attache à explorer en profondeur la manière dont l’événement de Karbala est devenu « un symbole humain et universel ».
Les intervenants ont unanimement estimé que la commémoration de Karbala dépasse désormais sa seule dimension rituelle pour atteindre une portée profondément humaine, où Karbala devient la référence morale de la communauté.
La rencontre s’est achevée sur un appel à poursuivre ces échanges culturels entre l’Iran et la Tunisie, dans le but de renforcer une conscience commune autour des hautes valeurs incarnées par l’Imam Hussein (as).





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