dimanche 14 juin 2026 - 17:18
Tunisiens rejoignent le boycott des produits liés à Israël

Hawzah/Les campagnes de boycott visant les produits de multinationales accusées de soutenir le sionisme se sont imposées comme un outil de lutte majeur au sein de la société civile pour défendre les droits du peuple palestinien.

Tunisie (A.P.Hawzah) – Les campagnes de boycott des produits de sociétés internationales accusées de soutenir le sionisme se sont affirmées comme un instrument de mobilisation et de résistance au service de la cause palestinienne. Dans ce cadre, des militants tunisiens ont rejoint une « campagne mondiale » ciblant des entreprises et institutions accusées de soutenir ou de collaborer avec le régime sioniste, dans le cadre d’un vaste mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.

Le boycott comme outil de pression stratégique

Dans ce contexte, Sadeq Ammar, président de la « Coalition tunisienne pour le soutien au droit du peuple palestinien », a accordé un entretien au site d’information Al-Ahed, dans lequel il a analysé la nature du boycott ainsi que ses dimensions historiques et militantes, soulignant que ce mouvement se poursuit aujourd’hui à travers le monde.

Il a expliqué que cette arme n’est pas une invention moderne, mais un héritage de lutte utilisé depuis l’époque coloniale. Il a notamment évoqué l’expérience de Gandhi, qui avait réussi à imposer un rapport de force face au colonialisme britannique grâce au boycott des entreprises textiles, infligeant à celles-ci de lourdes pertes et contraignant nombre d’entre elles à retourner en Angleterre.

Ammar a affirmé qu’aujourd’hui, le boycott constitue l’un des multiples instruments de résistance — aux côtés de la politique, de la pensée et de la culture — qui convergent tous vers un objectif commun : la quête de liberté.

Il a également rappelé que la « Coalition tunisienne pour le soutien au droit du peuple palestinien » participe, depuis le début de la guerre d’octobre, à l’organisation de nombreux rassemblements et mobilisations sur le terrain afin de dénoncer les entreprises soutenant le régime sioniste. Il a appelé le peuple tunisien ainsi que les autres peuples arabes à adopter cette démarche comme une forme de défense des droits palestiniens, malgré les difficultés qu’elle implique.

Une arme entre les mains des peuples

En Tunisie, le boycott a dépassé le simple cadre du comportement de consommation pour devenir une composante essentielle de la conscience collective et une position à la fois morale et politique, profondément enracinée dans le soutien à la cause palestinienne. Ces dernières années, il s’est imposé comme un moyen de pression pacifique reflétant le rejet par les Tunisiens de toute normalisation avec Israël ou de tout soutien à l’occupation israélienne.

Les militants tunisiens considèrent que le boycott ne vise pas uniquement les produits eux-mêmes ; il cherche également à exercer une pression matérielle et symbolique sur l’adversaire, tout en sensibilisant les consommateurs au fait que chaque « dinar » dépensé peut contribuer au financement de politiques rejetées par la conscience collective.

Les entreprises visées en Tunisie

Les campagnes de boycott en Tunisie ciblent principalement des entreprises liées par des contrats de franchise avec des marques internationales accusées de soutenir l’occupation, ou entretenant avec elles des liens d’investissement directs.

Parmi les enseignes les plus fréquemment visées figure Carrefour, considéré comme l’une des chaînes de distribution les plus ciblées par les appels au boycott. Les campagnes l’accusent d’entretenir des relations avec des groupes soutenant l’occupation, tandis que ses filiales locales tentent de se dissocier des positions de la société mère en mettant en avant le caractère tunisien de leurs employés et de leur direction.

Les entreprises concernées cherchent souvent à apaiser la colère de l’opinion publique et à préserver leurs parts de marché en publiant des communiqués explicatifs ou en lançant des campagnes d’aide humanitaire en faveur de Gaza, ce qui témoigne de l’impact tangible des campagnes de boycott sur leur rentabilité.

Des rapports économiques consacrés au suivi du marché tunisien indiquent que ces campagnes ont produit des effets concrets, entraînant une baisse des ventes. Certaines marques internationales ont ainsi enregistré un recul notable de leurs chiffres d’affaires, atteignant parfois des proportions significatives, les poussant à adopter des mesures défensives.

Parallèlement, l’intérêt pour les produits locaux et les industries tunisiennes s’est renforcé. Les spécialistes de la consommation y voient une évolution positive susceptible de soutenir l’économie nationale.

Aujourd’hui, le boycott est devenu une véritable question d’« opinion publique ». Des militants documentent les liens existant entre certaines entreprises et les acteurs de l’occupation, tout en réclamant l’activation de lois criminalisant toute forme de normalisation avec le régime sioniste.

Tunisiens rejoignent le boycott des produits liés à Israël

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