Liban (A.P.Hawzah) –Le cheikh Ahmad Qabalan, grand mufti jaafarite du Liban et figure religieuse éminente du pays, a adressé un message au président libanais, le général Joseph Aoun, dans lequel il affirme que quiconque exige le retrait de la Résistance au sud du fleuve sans réclamer simultanément le retrait de l’armée sioniste ne représente ni le Liban ni ses fronts souverains.
Selon le message diffusé par le cheikh Qabalan, celui-ci a déclaré : « Vous occupez une fonction qui doit rassembler et non diviser. À défaut, vous risquez de perdre votre légitimité nationale. Nous ne souhaitons pas que vous perdiez votre rôle de point de convergence des intérêts du Liban. C’est pourquoi nous vous conseillons de renoncer à de telles positions, qui ne sont pas à la hauteur de la fonction présidentielle. La présidence de la République a été instituée pour incarner ce qui unit la famille libanaise, et non pour contribuer à sa fragmentation. »
Il a ajouté : « Défendre des accords sécuritaires avec le régime sioniste ne saurait justifier des prises de position incompatibles avec la dignité de la magistrature suprême. Le président Nabih Berry constitue, à cet égard, un modèle et un symbole historique dont beaucoup pourraient s’inspirer. Monsieur le Président, éloignons-nous de la logique de la “représentation”. Lorsqu’il est question de représentation nationale et populaire, les noms du président Nabih Berry et du cheikh Naïm Qassem s’imposent d’eux-mêmes. Le soleil n’a pas besoin qu’on le désigne. Quant à l’histoire de ceux qui sont dépourvus de véritable représentativité, elle est bien connue et nous préférons ne pas nous y attarder. »
Poursuivant son propos, le cheikh Qabalan a déclaré : « Toute institution nationale qui ne représente pas le Sud, la Banlieue sud de Beyrouth et la Békaa ne représente pas le Liban. Les institutions qui ne reflètent ni leur peuple, ni leurs fronts, ni leur souveraineté, ni leurs combats nationaux sont privées de toute véritable légitimité populaire et nationale. Celui qui est engagé dans une bataille difficile contre l’“Israël” terroriste ne doit pas proposer des arrangements sécuritaires en sa faveur au détriment de la souveraineté du Liban. Il ne doit pas non plus s’engager dans le démantèlement de la structure de la Résistance, cette même Résistance qui a libéré ce pays, son État et l’ensemble de ses institutions, y compris le palais de Baabda. »
Le dignitaire religieux chiite a souligné : « Sans la Résistance légendaire qui, au cours de cette guerre, a écrasé l’arsenal israélien tout au long de la frontière sud, l’ennemi israélien serait arrivé jusqu’au palais de Baabda. Par conséquent, Monsieur le Président, celui qui représente véritablement son peuple ne peut accepter le déplacement forcé des habitants du sud du Liban. Quiconque empêche l’armée libanaise d’assurer la défense nationale et réclame ensuite le retrait de la Résistance au sud du fleuve, sans exiger simultanément celui de l’armée sioniste, ne représente ni le Liban ni les fronts qui défendent sa souveraineté. »
L’Iran n’utilise pas ses alliés contre les intérêts de leurs pays, contrairement à Washington
Cherchant à répondre aux accusations et aux campagnes de propagande qu’il qualifie de vides de sens, le cheikh Qabalan a déclaré : « L’Iran n’utilise pas ses alliés contre les intérêts de leurs propres pays, contrairement à ce que fait Washington. Il vous est demandé de préserver la paix civile et le Pacte national, non d’attiser les tensions. Je tiens à rappeler que c’est l’Iran qui avait averti l’Israël terroriste qu’il entrerait en guerre si Beyrouth était attaquée. À l’inverse, celui qui a donné le feu vert à une attaque contre Beyrouth était le secrétaire d’État américain, et non l’Iran. »
Il a conclu en affirmant : « C’est également l’Iran qui, en l’an 2000, a apporté l’un des plus importants soutiens historiques à la libération nationale du Liban. Il demeure aujourd’hui fidèle à cet engagement afin que les projets américains et les grandes guerres israéliennes ne finissent pas par engloutir le Liban. »





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