Irak (A.P.Hawzah) – L’ayatollah Sayyed Yassine al-Moussavi, imam de la prière du vendredi de Bagdad et éminent enseignant du séminaire religieux de Najaf, a dénoncé, lors de la prière du vendredi du 16 octobre 2026, la décision des autorités de la République d’Azerbaïdjan d’interdire le port du hijab dans les écoles, les prises de position de l’Irak en faveur de l’Arabie saoudite face au peuple yéménite, ainsi que les logiques de favoritisme familial et tribal dans la formation du gouvernement. Il a appelé à préserver les libertés religieuses et à mettre en place un gouvernement stable en Irak, fondé sur la volonté du peuple, le mérite et l’indépendance politique.
Dans son sermon politique, l’ayatollah al-Moussavi a déclaré que l’interdiction faite aux élèves et aux enseignantes de porter le hijab constituait une atteinte à la liberté religieuse. Il a notamment souligné que la majorité de la population de la République d’Azerbaïdjan demeurait attachée à son identité islamique, malgré des décennies de régime communiste marqué par la lutte contre la religion et les pratiques religieuses.
Évoquant la position du bureau du grand ayatollah Sayyed Ali al-Sistani, qui a souligné la nécessité de traiter cette question, il a insisté sur le fait que le hijab devait être considéré comme une question touchant à la culture et à l’identité de la société, et non comme un simple problème limité à quelques situations individuelles. L’ayatollah al-Moussavi a également exprimé sa solidarité avec le peuple azerbaïdjanais et appelé les oulémas, les séminaires religieux, ainsi que les musulmans et les non-musulmans, à condamner de telles mesures.
L’imam du vendredi de Bagdad a ensuite mis en garde contre le risque d’une extension des restrictions aux libertés religieuses en Irak. Évoquant les restrictions imposées aux déplacements des pèlerins irakiens et étrangers souhaitant se rendre dans les lieux saints d’Iran et d’Irak, il a déploré l’absence de réaction populaire d’ampleur face à ces mesures.
Il a insisté sur la nécessité de protéger la religion, la confession et le patrimoine religieux, mettant en garde contre le risque de voir se répéter les violations des droits des oulémas et des jeunes pratiquants, telles que celles qui avaient eu lieu sous l’ancien régime irakien.
L’ayatollah al-Moussavi dénonce la position de l’Irak contre le peuple yéménite
Dans une autre partie de son discours, l’ayatollah al-Moussavi a présenté le conflit au Yémen comme une question de droit et de justice. Rappelant les années de guerre et de blocus qu’a connues le pays, il a affirmé que les déclarations de responsables irakiens soutenant les positions de l’Arabie saoudite revenaient à prendre part au conflit, et non à observer une neutralité diplomatique.
Critiquant le positionnement de l’Irak contre le peuple yéménite, il a souligné que Bagdad n’était pas tenue d’intervenir dans la guerre, mais qu’elle ne devait pas pour autant prendre parti contre une population confrontée aux massacres et au blocus.
L’imam du vendredi de Bagdad a également critiqué le recours à des rapports de force changeants pour déterminer les orientations politiques. Évoquant les avancées militaires du mouvement Ansar Allah, il a fait état du mécontentement de certains secteurs de la société irakienne à l’égard de la position officielle du pays sur le Yémen. Il a par ailleurs mis en garde contre les conséquences de politiques fondées sur l’injustice et sur des calculs à court terme.
L’ayatollah al-Moussavi critique le partage des postes gouvernementaux sur des bases familiales et tribales
Dans une autre partie de son sermon politique, l’ayatollah al-Moussavi a critiqué la composition du gouvernement irakien et l’augmentation du nombre de postes alors que les autorités évoquent une crise financière. Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles les dépenses de l’État continuaient d’augmenter, au lieu de faire l’objet de réductions et d’une meilleure gestion.
Il a également dénoncé les revendications de postes fondées sur les liens familiaux et tribaux, ainsi que l’attribution de fonctions à des proches. Il a mis en garde contre le retour d’un modèle qu’il a désigné par l’expression « gouvernement de village », déjà employée pour critiquer les gouvernements irakiens précédents.
Se référant à la position de l’imam Khomeini, qui s’opposait à ce que des membres de sa propre famille occupent des fonctions gouvernementales, l’ayatollah al-Moussavi a appelé à faire prévaloir les compétences et l’intérêt général sur les intérêts personnels.
L’ayatollah al-Moussavi souligne le rôle du peuple dans la stabilité et l’indépendance politique de l’Irak
Poursuivant son discours, l’imam du vendredi de Bagdad a rappelé que près de 23 ans s’étaient écoulés depuis le début de la nouvelle expérience politique irakienne. Il s’est demandé pourquoi le pays continuait de connaître l’instabilité malgré ses relations avec l’étranger.
Il a cité les crises économiques, sécuritaires, politiques et militaires, ainsi que les difficultés liées à la souveraineté nationale, parmi les principaux problèmes auxquels l’Irak est confronté. Comparant la situation irakienne à l’expérience de la République islamique d’Iran, il a estimé que le soutien d’une large partie de la population au gouvernement contribuait à consolider la stabilité et à renforcer sa capacité à résister aux pressions extérieures.
L’ayatollah al-Moussavi a souligné qu’un responsable dépourvu de la confiance du peuple était contraint de se tourner vers les puissances étrangères pour assurer sa sécurité et obtenir leur soutien. À l’inverse, a-t-il affirmé, la confiance populaire renforce la puissance et l’indépendance d’un pays.
En conclusion, il a appelé à revoir le processus politique irakien, à préserver les libertés religieuses, à rejeter toute prise de position contre les peuples opprimés, à mettre fin aux pratiques de répartition des postes à des fins politiques et à mettre en place des institutions efficaces fondées sur la volonté populaire. Il a enfin souligné que la puissance et la stabilité de l’Irak ne pouvaient être garanties par la dépendance à l’égard de l’étranger, mais devaient reposer sur le soutien du peuple et la primauté de l’intérêt général sur les intérêts personnels.




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