(A. P. Hawzah) À une époque où l’injustice et la tyrannie se sont répandues à travers le monde et où les invocations « أَیْنَ مُعِزُّ الْأَوْلِیَاءِ » (« Ô Toi qui rends puissance et honneur aux amis de Dieu ! ») s’élèvent des lèvres des croyants dans l’attente, le désir de voir se réaliser la promesse divine de l’instauration de la justice à travers le monde est plus vivant que jamais dans les cœurs. Au milieu de cette détresse et de cette attente, une question fondamentale n’a cessé de mettre à l’épreuve la réflexion des croyants : si Dieu est capable de toute chose, pourquoi ne fait-Il pas disparaître, par un miracle, les ennemis de l’Imam al-Mahdi (que la paix soit sur lui), afin que les conditions de sa réapparition soient réunies au plus vite ? Nous examinons ci-dessous la réponse théologique à cette objection.
Question :
Pourquoi Dieu Très-Haut ne fait-Il pas disparaître, par un miracle, les ennemis de l’Imam al-Mahdi (que Dieu Très-Haut hâte sa réapparition) afin que sa réapparition ait lieu plus rapidement ?
Réponse :
L'Imam Mohammad al-Baqir (que la paix soit sur lui) a dit :
إِنَّ لِلْقَائِمِ غَیْبَةً قَبْلَ أَنْ یَقُومَ وَ هُوَ الْمَطْلُوبُ تُرَاثُهُ قُلْتُ وَ لِمَ ذَلِکَ قَالَ یَخَافُ وَ أَوْمَأَ بِیَدِهِ إِلَی بَطْنِهِ یَعْنِی الْقَتْلَ. (1)
Certes, le Qâ’im connaîtra une période d’occultation avant son avènement. Il sera alors recherché afin de récupérer son héritage. Je demandai : “Pourquoi cela ?” Il répondit : “Parce qu’il craindra [pour sa vie.” En disant cela, il fit un geste de la main vers son ventre, faisant ainsi allusion au fait d’être tué.
Allâmah al-Majlisî dit : Le Shaykh [al-Tûsî] a dit :
Aucune cause ne fait obstacle à la réapparition de l’Imam (que la paix soit sur lui), si ce n’est la crainte qu’éprouve Sa Sainteté pour sa propre vie, par peur d’être tué. En effet, s’il existait une autre raison, il ne lui aurait pas été permis de se dissimuler et il aurait dû supporter les difficultés et les persécutions ; car le rang et la dignité des Imams, de même que ceux des Prophètes (que la paix soit sur eux), ne deviennent éminents qu’en raison des grandes difficultés qu’ils ont supportées dans la voie de Dieu Très-Haut.
Si l’on objecte alors : « Pourquoi Dieu n’empêche-t-Il pas qu’il soit tué, par exemple en établissant une barrière entre lui et ceux qui cherchent à le tuer ? »
Nous répondons : l’empêchement qui ne s’oppose pas à la responsabilité religieuse (taklîf) consiste à interdire aux hommes de lui désobéir, à leur ordonner de lui obéir, de le suivre et de lui porter secours, et à leur imposer de se soumettre à son autorité. Tout cela, Dieu Très-Haut l’a effectivement établi.
Quant au fait d’établir, par Sa puissance, une barrière entre lui et ses ennemis, cela serait contraire au taklîf et irait à l’encontre de sa finalité ; car la finalité du taklîf est que l’être humain mérite la récompense [divine], et une intervention qui supprimerait son libre choix est incompatible avec cette finalité.
Il se pourrait même que le fait d’empêcher par la contrainte la mise à mort de l’Imam entraîne d’autres préjudices pour les créatures ; par exemple, que l’homme en vienne également à attendre de Dieu qu’Il intervienne de la même manière dans les actes de désobéissance et les péchés. Une telle intervention, dans l’ordre de la création et du devenir (takwîn), ne serait donc pas conforme à la sagesse divine.
Source :
[1] Al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol. 52.




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