(A. P. Hawzah) L’Imam Zayn al-Abidine, l'Imam Sadjad (que la paix soit sur lui) implore ainsi Dieu, le Très-Haut, dans la Sahifa al-Sadjadiyah :
لاَ تَبْتَلِیَنِّی بِالْکَسَلِ عَنْ عِبَادَتِکَ. [1]
Ne m’éprouve pas par la paresse dans Ton adoration.
Commentaire :
Le but de la création a été présenté comme étant « l’adoration », comme le dit Dieu, le Très-Haut :
وَمَا خَلَقْتُ الْجِنَّ وَالْإِنْسَ إِلَّا لِیَعْبُدُونِ. [2]
Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent.
Puisque toute chose est susceptible d’être frappée d’un fléau, l’une des affections de l’adoration est la paresse. La faiblesse et la négligence dans l’accomplissement de l’adoration comptent parmi les signes du manque de tawfîq accordé par Dieu, le Très-Haut ; car l’enthousiasme et la ferveur dans l’adoration constituent une immense grâce de la part de Celui qui est adoré envers Son serviteur, et ils sont à l’origine de son bonheur ici-bas et dans l’au-delà.
L’Imam al-Sadiq (que la paix soit sur lui) dit à l’un de ses fils :
إِیَّاکَ وَ اَلْکَسَلَ وَ اَلضَّجَرَ فَإِنَّهُمَا یَمْنَعَانِکَ مِنْ حَظِّکَ مِنَ اَلدُّنْیَا وَ اَلْآخِرَةِ. [3]
Garde-toi de la paresse et du manque d’entrain, car ces deux traits de caractère te privent de ta part de ce monde et de l’au-delà.
L’adoration, ainsi que tout ce qui porte en soi le parfum et la couleur divine, est durable. Aussi, l’homme croyant et raisonnable consacre-t-il toute sa préoccupation, tout son souci et tous ses efforts à ces choses, tandis qu’il réserve toute négligence et toute indolence aux affaires éphémères et passagères ; comme le dit à ce sujet l’Émir des croyants, ‘Alî (que la paix soit sur lui) :
اَلْمُؤْمِنُ یَرْغَبُ فِیمَا یَبْقَی وَ یَزْهَدُ فِیمَا یَفْنَی. [4]
Le croyant aspire à ce qui demeure et se détourne de ce qui périt.
Certes, parvenir à cette inclination et à cet élan est un tawfîq de la part de Dieu, le Très-Haut ; toutefois, on ne saurait négliger le rôle de l’effort et de la volonté humaine dans l’accès à ce tawfîq. De notre part : l’effort et la quête ; et de la part de Dieu : le tawfîq de goûter au plaisir de l’adoration. Ainsi est-il rapporté dans un hadith qudsî :
إِذَا عَلِمْتُ أَنَّ اَلْغَالِبَ عَلَی عَبْدِیَ اَلاِشْتِغَالَ بِی نَقَلْتُ شَهْوَتَهُ فِی مَسْأَلَتِی وَ مُنَاجَاتِی فَإِذَا کَانَ عَبْدِی کَذَلِکَ فَأَرَادَ أَنْ یَسْهُوَ حُلْتُ بَیْنَهُ وَ بَیْنَ أَنْ یَسْهُوَ أُولَئِکَ أَوْلِیَائِی حَقّاً أُولَئِکَ اَلْأَبْطَالُ حَقّاً أُولَئِکَ اَلَّذِینَ إِذَا أَرَدْتُ أَنْ أُهْلِکَ أَهْلَ اَلْأَرْضِ عُقُوبَةً زَوَیْتُهَا عَنْهُمْ مِنْ أَجْلِ أُولَئِکَ اَلْأَبْطَالِ. [5]
Lorsque Je sais que ce qui domine chez Mon serviteur est le fait d’être constamment occupé par Moi, Je détourne son désir vers la demande et la confidence avec Moi. Lorsque Mon serviteur en est ainsi, s’il veut être distrait, Je m’interpose entre lui et la distraction. Ceux-là sont véritablement Mes amis ; ceux-là sont véritablement les héros. Ce sont ceux-là qui, lorsque Je veux faire périr les habitants de la terre en guise de châtiment, font que Je détourne d’eux ce châtiment à cause de ces héros.
Notes :
[1] Al-Sahifah al-Sadjadiyah, Invocation n°20.
[2] Coran, sourate al-Dhâriyât (51), verset 56.
[3] Al-Kulaynî, Al-Kafi, tome 5, page 85.
[4] Allamah al-Majlisi, Bihar al-Anwar, tome 75, page 26.
[5] Idem, tome 90, page 162.




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