jeudi 13 août 2026 - 04:02
Liban : le vice-président du Conseil supérieur chiite appelle à ouvrir le dialogue avec la Résistance face à l’impasse politique

Hawzah/Le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite du Liban a appelé les autorités libanaises, face à l’impasse des négociations et à l’échec de leurs options, à ouvrir les portes du dialogue avec les différentes composantes libanaises, en particulier avec la Résistance.

Liban (A.P.Hawzah)–Cheikh Ali Al-Khatib, vice-président du Conseil supérieur islamique chiite du Liban, a appelé les autorités libanaises, face à l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations et à l’échec de leurs options, à ouvrir le dialogue avec les différentes composantes et formations politiques libanaises, et notamment avec la Résistance, afin de parvenir à un accord permettant de faire face à la prochaine étape.

Il a appelé tous les Libanais, à ce stade, à faire preuve de sagesse et de discernement afin de conjurer la discorde, que nous redoutons désormais davantage que l’ennemi israélien. Il a également mis en garde contre toute attaque visant la Syrie, affirmant : « La Syrie nous préoccupe et nous la soutenons, nous ne la considérons pas comme une source d’inquiétude. De même que nous sommes attachés au Liban et soucieux de son avenir, nous sommes attachés à la Syrie et soucieux de son avenir. » Il a par ailleurs apporté son soutien aux appels en faveur de l’ouverture d’une nouvelle page avec Damas.

L’Arbaïn, une occasion de raviver le soulèvement de l’Imam Hussein pour réformer la communauté et combattre la corruption qui ronge son corps

Le cheikh Al-Khatib a évoqué l’Arbaïn marquant le martyre de l’Imam Hussein (as) à Karbala, ainsi que le rassemblement de plusieurs millions de personnes auquel l’Irak assiste chaque année à cette occasion. Il a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un simple événement religieux chiite, mais d’une occasion de raviver le soulèvement de l’Imam Hussein (as) en faveur de la réforme de la communauté et de la lutte contre la corruption qui a rongé son corps.

Il a expliqué : « Le soulèvement de l’Imam Hussein (paix sur lui) n’avait pas pour objectif de contester aux Omeyyades le pouvoir ; il visait la réforme. C’est précisément pour cette raison que les Imams (as) ont perpétué la commémoration de l’événement de l’Achoura, afin que ses objectifs demeurent profondément ancrés dans la conscience de la communauté. C’est donc dans ce cadre que cet événement est ravivé à Karbala. »

Il estime que ce qui se déroule aujourd’hui consiste, de la part de l’Occident, à neutraliser le rôle de la communauté afin de parvenir à ses objectifs malveillants.

Échec des négociations avec le régime sioniste

Le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite du Liban s’est également exprimé sur la situation politique au Liban et dans la région. Il a déclaré : « Hier, la session de négociations entre les autorités libanaises et le régime sioniste s’est achevée, comme on pouvait s’y attendre, sans parvenir à aucun résultat. L’ennemi israélien est en effet resté attaché à ses positions, notamment à son refus de tout retrait des territoires libanais, et s’est appuyé sur le prétexte de la vérification d’une zone d’essai située dans un secteur dont il avait auparavant affirmé s’être retiré. »

« Alors que les autorités libanaises comptaient sur le gouvernement américain pour faire pression sur le régime sioniste, les États-Unis ne se sont même pas donné la peine d’exercer cette pression. Le Liban est donc malheureusement sorti de cette session les mains vides, car les États-Unis eux-mêmes lient le chemin du Liban à la crise régionale et utilisent le Liban comme un moyen de pression contre la République islamique d’Iran. »

Mise en garde contre les développements à venir

Il a ajouté : « Mes frères, nul n’ignore à quel point la situation du Liban est liée à ce qui se passe dans la région, au point que le lien entre ces deux dynamiques est devenu évident, notamment à l’approche des échéances électorales aux États-Unis et en Israël, où les intérêts personnels prennent le pas sur l’intérêt général. Nous devons donc attendre les prochains mois afin de voir les choses se préciser. »

« Toutefois, la période qui s’annonce est délicate et sensible, et l’ennemi pourrait être tenté de prendre des mesures irréfléchies. Nous devons donc être préparés à toutes les éventualités. Les échecs des États-Unis dans leur confrontation avec la République islamique d’Iran pourraient pousser l’administration américaine à prendre des mesures insensées, tandis que le gouvernement du régime israélien déploie tous ses efforts pour aggraver la situation afin d’échapper à ce que les sondages annoncent concernant les résultats des élections en Israël. »

Le cheikh Al-Khatib a poursuivi : « C’est pourquoi nous renouvelons notre appel à tous les Libanais à faire preuve de sagesse et de discernement durant cette période et à éviter les tensions et les provocations, afin de prévenir une discorde interne que nous redoutons davantage encore que l’ennemi. »

Il a ajouté : « À cet égard, la première et la plus lourde responsabilité incombe aux autorités libanaises. Nous leur avons demandé et continuons de leur demander, après l’échec de leur option, de revoir leur position et d’ouvrir les portes du dialogue entre les Libanais, en particulier avec la Résistance. Il incombe spécifiquement au président de la République de parvenir à des accords permettant de faire face à la prochaine étape, car l’unité entre les Libanais constitue le seul rempart infranchissable capable de faire face aux défis et aux lourdes responsabilités de la période à venir. »

Appel à la mise en place d’un parapluie sécuritaire régional

Le cheikh Al-Khatib a également déclaré : « Au niveau régional, que personne ne pense être à l’abri des attaques dans un contexte marqué par l’arrogance des États-Unis et d’Israël. Nous avons donc appelé les pays arabes et islamiques influents de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie et la Syrie, à mettre en place un parapluie politique et sécuritaire dissuasif afin de faire face aux objectifs d’Israël et à coordonner leurs efforts avec la République islamique d’Iran dans ce domaine. »

Il a précisé : « À cet égard, nous mettons en garde contre les tentatives visant à s’en prendre à l’un ou l’autre de ces pays, de la même manière que l’Iran a été pris pour cible, sous prétexte que certains pourraient croire qu’une telle démarche servirait leurs intérêts. »

« Sur cette question, nous ne cachons pas notre inquiétude pour la Syrie, compte tenu de la réalité dans laquelle elle vit, au premier rang de laquelle figure l’occupation israélienne dans le sud de la Syrie. Nous condamnons dans les termes les plus fermes les explosions qui se produisent en Syrie. »

Le cheikh Al-Khatib a déclaré : « De même que nous sommes profondément attachés au Liban, nous accordons la même importance à la Syrie et sommes préoccupés par son sort ; nous ne sommes pas préoccupés par la Syrie elle-même, contrairement à ce que certains cherchent à faire croire. C’est pourquoi nous soutenons et saluons l’appel du président de la Chambre des députés libanaise, Nabih Berri, et du secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, en faveur de l’ouverture, au moment opportun, d’une nouvelle page avec le gouvernement syrien. »

Une position de principe en faveur de l’unité

Il a souligné : « Notre position demeure fondée sur notre attachement et notre souci de préserver l’unité de la communauté, car nous ne nous considérons pas comme une minorité et nous rejetons cette appellation. Nous avons rejeté par le passé toute pensée séparatiste et isolationniste, et nous continuerons de la rejeter aujourd’hui comme à l’avenir. »

« Cette approche est la nôtre depuis l’aube de l’histoire. Nous nous sommes inspirés de la voie de l’Émir des croyants, Ali ibn Abi Talib (as), et des Imams de la famille du Prophète (as). Pour eux, la communauté constituait à la fois un principe et une voie, et ils ont consenti, pour cette approche, les sacrifices les plus précieux, de leur vie comme de leurs biens. »

« La parole de l’Imam Ali (as), demeure présente dans notre esprit : “لَأُسَالِمَنَّ مَا سَلِمَتْ أُمُورُ الْمُسْلِمِینَ” — “Tant que les affaires des musulmans seront préservées, je privilégierai la paix avec eux.” Il en va de même pour la voie de l’Imam Hussein (as), qui a été martyrisé pour la réforme de la communauté du Messager de Dieu. »

Critique de l’action du gouvernement libanais

Le cheikh Al-Khatib s’est dit surpris et indigné par ce silence international qu’il juge suspect face aux destructions systématiques que l’ennemi sioniste a menées et continue de mener dans nos villes et localités du sud du Liban.

Il a ajouté : « Nous condamnons la position des autorités libanaises face à ce crime qui se poursuit sans relâche, des autorités qui ne mobilisent pas leur diplomatie, pourtant paralysée, au sein des instances internationales afin de mettre un terme à ce génocide. »

Il a conclu : « C’est pourquoi nous avons soulevé cette question hier auprès de l’ambassadeur de Chine au Liban et nous continuerons à œuvrer dans ce sens auprès des ambassadeurs des pays étrangers. Nous implorons Dieu Tout-Puissant de nous accorder la réussite dans nos efforts, afin que nous puissions peut-être contraindre cet ennemi agresseur et ceux qui le soutiennent à mettre un terme à cet acte ignoble. »

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