Bahreïn (A.P.Hawzah) – Les Bahreïnis ont, une fois encore, affirmé leur fidélité à la ligne des Ahl al-Bayt. À la veille de la commémoration du martyre de l’Imam al-Javad (as), de nombreux observateurs hostiles s’attendaient à voir les partisans des Ahl al-Bayt céder aux pressions sécuritaires, notamment après la récente vague de mesures jugées confessionnelles visant plusieurs grands savants et figures religieuses chiites à travers le pays.
Les scènes observées dans les rues de Bahreïn durant cette nuit de deuil ont porté un message clair : l’identité islamique, les croyances religieuses, les rites de deuil et l’attachement aux Imams (paix sur eux) ne sauraient faire l’objet de négociations ou de restrictions. Ces processions et rassemblements ont incarné, une fois de plus, la sincérité et la fidélité profondes envers la voie des Ahl al-Bayt, malgré toutes les pressions et les défis.
La forte mobilisation populaire dans les villages et les quartiers a offert une réponse bien différente de celle qu’espéraient les autorités. Les places publiques se sont remplies, les rues ont accueilli de nombreux mawkibs, tandis que les drapeaux noirs ont de nouveau flotté dans plusieurs régions du pays. Une image forte qui souligne que la mémoire religieuse et populaire à Bahreïn ne peut être façonnée par de simples directives sécuritaires ni soumise à une logique de peur.
Ces derniers jours, les autorités ont tenté d’imposer une nouvelle équation : « soit des cérémonies strictement contrôlées, soit aucune manifestation religieuse dans l’espace public en dehors des hussainiyas ». Pourtant, les événements sur le terrain ont révélé les limites de cette stratégie. Dans différentes régions du Bahreïn, les cortèges de deuil sont descendus dans les rues avec une présence remarquable, notamment celle des jeunes, comme un référendum populaire silencieux affirmant le droit de la population à pratiquer librement ses rites religieux et à exprimer son identité collective.
Le gouvernement, qui cherchait à transformer les cérémonies de deuil en simple dossier sécuritaire dès les premières arrestations de religieux, s’est retrouvé confronté à une réalité différente : la présence populaire s’est montrée plus forte que le langage de l’intimidation et des menaces. Depuis le début de l’escalade, le climat était marqué par les convocations, la surveillance accrue et les avertissements officiels assimilant les mawkibs populaires à des « troubles à l’ordre public ». Mais pour de nombreux Bahreïnis, la question dépasse largement le cadre d’un événement saisonnier susceptible d’être annulé par une décision administrative : elle touche à une dimension existentielle et religieuse profondément enracinée.
Ces récents rassemblements n’étaient pas de simples cérémonies religieuses traditionnelles. Ils véhiculaient un message clair : malgré les tentatives d’intimidation et les efforts visant à façonner un modèle chiite aligné sur le pouvoir, la société demeure vivante et attachée à ses convictions. Les images et vidéos diffusées montrent de vastes foules de fidèles marchant avec assurance dans les rues, sans prêter attention à l’atmosphère de menace. Cette mobilisation massive rappelle une nouvelle fois que les assemblées husseinites à Bahreïn ne constituent pas un phénomène passager, mais un élément profondément enraciné dans la conscience populaire et la culture locale.
Un paradoxe évident se dessine aujourd’hui à Bahreïn : alors que les autorités mettent régulièrement en avant le dialogue des civilisations et l’ouverture, elles continuent sur le terrain à traiter les rassemblements religieux populaires sous un angle purement sécuritaire. Tandis que le ministère de l’Intérieur tente de se présenter comme garant de l’ordre et organisateur des cérémonies, de nombreux Bahreïnis estiment que l’objectif réel est de placer l’espace religieux populaire sous une surveillance politique étroite.




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