samedi 25 avril 2026 - 22:50
Turquie : après les propos controversés de l’ambassadeur américain, des responsables politiques réclament son expulsion pour « personne non grata »

Hawzah/Les déclarations de Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis à Ankara, sur les modèles de gouvernance en Asie occidentale, ont suscité une vive indignation parmi les partis politiques et les figures publiques turques. Certains responsables appellent désormais à son expulsion et à sa déclaration en tant que « persona non grata ».

(A.P.Hawzah) –Les récentes déclarations de Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis à Ankara, concernant les structures de gouvernance en Asie occidentale ont largement résonné dans la sphère politique turque.

Dans ses propos, l’ambassadeur américain a remis en question l’efficacité des modèles fondés sur la démocratie et l’État de droit en Turquie et dans la région, affirmant que, dans de nombreux pays d’Asie occidentale, des systèmes reposant sur des leaderships forts et centralisés — voire des monarchies — ont réussi à instaurer davantage de stabilité.

Évoquant les évolutions consécutives au « Réveil islamique », il a soutenu que les tentatives d’instauration rapide de démocraties de type occidental dans certains pays ont conduit à l’instabilité, à des conflits internes et à l’émergence de structures autoritaires.

M. Barrack a ensuite présenté les monarchies de plusieurs pays du Golfe comme des exemples de « stabilité et d’efficacité », affirmant qu’elles auraient su garantir sécurité, croissance économique et amélioration des conditions de vie.

Il a également salué Israël comme « une démocratie dynamique » et évoqué la Turquie comme un exemple de « leadership centralisé », mettant en avant ces modèles en comparaison avec d’autres pays de la région — des propos que ses détracteurs interprètent comme l’application de standards doubles et une mise à l’écart des principes démocratiques.

Dans une autre partie de son intervention, il a affirmé que « des États-nations puissants dans la région constituent une menace pour Israël ».

En réaction, Gökçe Gökçen, vice-présidente du Parti républicain du peuple (CHP), a qualifié ces déclarations de « racistes » dans un message publié sur les réseaux sociaux. Elle a estimé que ces propos — notamment l’idée selon laquelle « des États-nations puissants représentent une menace pour Israël », ainsi que l’éloge du système national ottoman — doivent être analysés conjointement. Critiquant le silence des autorités gouvernementales, elle y a vu une forme d’approbation implicite.

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Murad Emir, vice-président du groupe parlementaire du CHP, a également dénoncé la poursuite de telles déclarations, affirmant que qualifier la Turquie de « système hybride aux tendances autoritaires » dépasse les limites diplomatiques. Il a par ailleurs critiqué l’inaction du gouvernement et insisté sur la nécessité d’orienter le pays vers une « démocratie pleine et entière ».

Özgür Özel, président du CHP, a exigé que Tom Barrack soit déclaré « persona non grata », tout en soulignant que le maintien de son poste ne saurait se faire sans des excuses officielles.

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Par ailleurs, Mahmut Arıkan, président du Parti de la félicité (Saadet Partisi), a lui aussi réagi en insistant sur la préservation de la dignité et de l’indépendance nationales, appelant à son tour à déclarer l’ambassadeur américain « persona non grata ». Affirmant que « la Turquie dépasse les clivages partisans », il a jugé indispensable d’adopter une position ferme face à de tels propos.

D’autres courants politiques turcs ont également qualifié les déclarations de Barrack d’ingérence, appelant à une réponse diplomatique ferme.


Dans l’ensemble, les propos de l’ambassadeur américain à Ankara se sont imposés comme l’un des principaux sujets du débat politique en Turquie, relançant les discussions sur les limites des relations diplomatiques, l’indépendance politique et la manière de répondre aux approches extérieures vis-à-vis de l’Asie occidentale.

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