mardi 24 février 2026 - 14:36
Distinguer l’insensé du sage selon l’Imam Ali (as)

Hawzah/La maîtrise du langage constitue le premier pas vers l’auto-perfectionnement et l’élévation humaine. La sagesse n°40 du Nahj al-Balagha enseigne que le sage réfléchit avant de parler, plaçant sa langue derrière son cœur, tandis que l’insensé laisse échapper ses paroles sans réflexion et ne pense aux conséquences qu’ensuite.

(A.P.Hawzah) -Le mois sacré de Ramadan offre une occasion unique de découvrir un trésor inestimable de sagesse et de clairvoyance Alawite. Dans le dossier spécial « Nahj au Ramadan », nous vous proposons, chers lecteurs et lectrices, des extraits des enseignements de Nahj al-Balagha, commentés par le Hojjat-ol-Islam Jawad Mohaddesi, expert renommé.

Dans la sagesse n°40 du Nahj al-Balagha, il est écrit :

«لِسَانُ الْعَاقِلِ وَرَاءَ قَلْبِهِ، وَ قَلْبُ الْأَحْمَقِ وَرَاءَ لِسَانِهِ»

« La langue du sage est derrière son cœur, et le cœur de l’insensé est derrière sa langue. »

Dieu Tout-Puissant nous a offert le langage, un don permettant de parler, d’exprimer nos intentions et de créer compréhension et communication entre les êtres humains. Cette langue peut apporter des récompenses et du bien, mais elle peut également causer des torts : ternir notre réputation, blesser autrui par des paroles infondées, ou engendrer des conséquences néfastes à travers nos propos.

L’expression « la langue du sage est derrière son cœur » ne désigne pas ici l’organe physique qui pompe le sang dans le corps, mais fait référence au « cœur » dans le langage coranique et hadithique – c’est-à-dire la capacité de compréhension, de perception et de discernement de l’être humain.

Autrement dit, la personne sage réfléchit dans son cœur avant de parler. Elle pèse les paroles, évalue les conséquences, puis ouvre la bouche pour s’exprimer.

À l’inverse, l’ignorant agit autrement : son cœur, sa capacité de discernement, se trouve derrière sa langue. Il parle d’abord, puis seulement réfléchit : ce qu’il a dit était-il vrai ou faux ? Utile ou nuisible ? A-t-il offensé quelqu’un ? Ses paroles ont-elles des conséquences négatives dans la société ?

C’est exactement ce qui amène parfois au regret après avoir parlé, en se demandant : « Pourquoi ai-je dit cela ? »

Beaucoup de personnes, après avoir exprimé un avis, donné une interview ou prononcé un discours, constatent les effets négatifs de leurs paroles : combien de problèmes cela a-t-il causé pour elles ou pour autrui ? Ont-elles affaibli l’ordre social, nui à la réputation de quelqu’un, ou dit des choses sans preuves, basées sur des mensonges ou des rumeurs ? Alors, elles regrettent leurs propos.

Ainsi, le sage est celui qui « réfléchit d’abord, parle ensuite ».

Dans le cheminement spirituel et les étapes de la perfection, les maîtres mystiques recommandent souvent de contrôler la langue. Maîtriser ses paroles, pratiquer le silence et la retenue verbale sont des exercices essentiels. Il s’agit d’évaluer le pouvoir de ce simple organe qui tourne dans notre bouche : ses effets peuvent être bénéfiques ou nuisibles, unir ou diviser. À quel point y réfléchissons-nous ?

Avant de parler, réfléchissons donc à la justesse et aux conséquences de nos paroles, à leur bienfait ou leur mal, à leur vérité ou leur fausseté, puis exprimons-nous.

Quiconque ne maîtrise pas sa langue, même en se proclamant vertueux ou en vantant sa propre perfection morale, doit comprendre que le premier pas vers l’auto-perfection et la noblesse de l’âme est la maîtrise du langage.

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