mardi 6 janvier 2026 - 15:45
Liberté Religieuse en Italie : Nouvelle Tension à Rovigo sur le Droit d’Inhumation

Hawzah/ La communauté musulmane de Rovigo a demandé la création d’un cimetière islamique indépendant, proposant de couvrir l’intégralité des coûts, mais la municipalité a rejeté cette requête malgré l’absence de toute charge financière. Cette décision soulève de sérieuses questions concernant le respect de la liberté religieuse, la dignité humaine et l’égalité réelle en Italie.

Italie (A.P.Hawzah)- Selon le journal Corriere del Veneto, dans la ville de Rovigo, située dans le nord de l’Italie, la demande claire, légale et entièrement financée par la communauté musulmane pour l’établissement d’un cimetière islamique indépendant a rencontré une opposition catégorique de la part de la municipalité. Les représentants musulmans ont souligné que ce projet n’entraîne aucune charge financière pour la commune, toutes les dépenses — de l’achat du terrain à la conception, la construction et la gestion — devant être entièrement assumées par la communauté elle-même.

Abdelkabir Louzna, président de l’association « Solidale Senza Frontiere » à Rovigo et Padoue, insiste sur le fait que cette demande n’est pas seulement une revendication religieuse, mais qu’elle est directement liée à la dignité humaine, au respect des libertés religieuses et à la reconnaissance de la diversité culturelle dans la société italienne contemporaine. Pour lui, « l’établissement d’un cimetière islamique ne résout pas seulement un problème pratique, mais constitue une réponse essentielle à notre besoin profond de respect de nos traditions et de nos croyances ».

Dans la tradition islamique, l’inhumation directe du corps et l’orientation de la tombe vers la Kaaba sont des principes religieux fondamentaux, et l’enterrement dans les cimetières publics existants ne permet pas toujours de respecter pleinement ces exigences. De plus, le rapatriement des défunts vers leurs pays d’origine est difficile ou impossible pour de nombreuses familles en raison des coûts élevés, d’autant plus qu’un grand nombre de musulmans vivent en Italie depuis des années et souhaitent que leurs proches soient enterrés sur le lieu de leur vie.

Dans la province de Vénétie, certaines villes disposent de sections spéciales pour l’inhumation selon le rite islamique, mais dans la zone de Rovigo, le seul cimetière islamique existant se trouve dans la ville d’Adria et, selon le maire de cette ville, son utilisation est strictement réservée aux résidents d’Adria. Par conséquent, malgré l’activité de plusieurs centres islamiques et la présence d’une population musulmane significative dans la région de Polesine, aucun espace dédié à l’inhumation selon le rite islamique n’est prévu dans la ville de Rovigo même.

Cet événement ne peut être considéré comme isolé ou purement administratif, mais doit être analysé dans le cadre des discriminations structurelles visant les musulmans en Italie. Ces discriminations, aux racines idéologiques, sont répétées depuis des années dans le discours politique des courants de droite. L’accent mis sur les « racines prétendument judéo-chrétiennes » de l’Italie et la présentation de l’Islam comme une religion étrangère et incompatible avec la culture italienne est une approche poursuivie par des personnalités telles que Matteo Salvini et Giorgia Meloni, ignorant délibérément la réalité de la vie de millions de musulmans résidant dans le pays.

Cette perspective s’est accentuée au cours des dernières années, parallèlement au renforcement des courants extrémistes au niveau international et notamment des politiques de Donald Trump, une voie que le gouvernement italien actuel poursuit de fait, menant à une restriction des droits légitimes des musulmans au lieu d’accepter la diversité religieuse et la coexistence sociale.

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