jeudi 18 juin 2026 - 17:00
Bahreïn : 88 semaines sans prière du vendredi, la contestation populaire persiste

Hawzah/Malgré un important dispositif sécuritaire et un siège renforcé dans plusieurs régions de Bahreïn, des manifestations populaires ont eu lieu. Les protestataires ont réclamé la libération immédiate de tous les dignitaires religieux chiites ainsi que des prisonniers politiques.

Bahreïn (A.P.Hawzah) –Des éléments mercenaires et des milices civiles affiliées au ministère bahreïni de l’Intérieur ont imposé un strict blocus sécuritaire au village d’Al-Diraz, situé à l’ouest de Manama, la capitale de Bahreïn. Cette mesure a empêché les chiites d’accomplir la prière centrale du vendredi pour la quatre-vingt-huitième semaine consécutive.

Accompagnés de véhicules militaires et de forces armées lourdement équipées, ces éléments ont renforcé leur présence autour de la mosquée Imam Al-Sadiq (as). Cette mobilisation visait à empêcher d’éventuelles manifestations populaires dénonçant le siège sécuritaire et religieux imposé aux rites de la communauté chiite, exprimant leur solidarité avec les prisonniers politiques, ainsi que leur opposition à la normalisation des relations avec le régime sioniste et à la présence militaire américaine dans le pays.

Dans de nombreuses régions de Bahreïn, des rassemblements populaires ont également eu lieu malgré les mesures sécuritaires renforcées. Les manifestants ont réclamé « la libération des prisons » et la remise en liberté immédiate de tous les savants religieux chiites ainsi que des détenus politiques. Ils ont également condamné l’interdiction faite aux chiites d’organiser la prière du vendredi par le régime au pouvoir, l’ingérence officielle dans les affaires religieuses et la poursuite des restrictions aux libertés religieuses à l’approche de la commémoration de l’Achoura (mois de Mouharram). Les manifestants ont appelé à mettre fin aux politiques de persécution confessionnelle et de discrimination sectaire visant les chiites, ainsi qu’aux atteintes portées aux autorités religieuses, aux personnalités, aux institutions et aux principes de l’école ja'farite.

Ils ont également réaffirmé leur soutien à la République islamique d’Iran dans ce qu’ils ont qualifié de lutte de dissuasion face aux agressions américaines et sionistes, tout en exprimant leur fidélité au « guide de la Révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei », ainsi qu’au secrétaire général martyr du Hezbollah libanais, « Seyyed Hassan Nasrallah ». Les manifestants ont en outre appelé à la fin de la présence américaine et au retrait des bases militaires étrangères, estimant qu’une telle mesure est nécessaire pour assurer une souveraineté pleine et entière ainsi que la sécurité intérieure du pays. Ils ont également insisté sur la nécessité d’annuler l’accord de normalisation avec l’ennemi sioniste, d’expulser l’ambassadeur israélien et de fermer l’ambassade à Manama.

Les autorités bahreïnies ont interdit la tenue de la prière du vendredi depuis le 4 octobre 2024. Cette décision est intervenue à la suite de l’insistance populaire à organiser des cérémonies commémoratives en hommage à « Sayyed Hassan Nasrallah », secrétaire général martyr du Hezbollah libanais, ainsi que des manifestations de soutien aux fronts de la résistance islamique au Liban, en Palestine et au Yémen, et pour protester contre les accords de normalisation conclus avec le régime sioniste.

Bahreïn : 88 semaines sans prière du vendredi, la contestation populaire persiste

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